Chants populaires de la Grèce
l’ infortune, la hache est la main de V homicide , l’herbe est la chevelure de la terre, la terre est le vaisseau qui flotte sur les âges , la mer est le champ des pirates , un vaisseau est leur patin ou le coursier des flots.
Les Scandinaves avoient de plus quelques poésies mythologiques. <( Les déesses qui président aux combats, les belles Walkyries, étoient à cheval , couvertes de leur casque et de leur bouclier. Allons, disentelles, poussons nos chevaux au travers de ces mondes tapissés de verdure qui sont la demeure des dieux. »
Les premiers préceptes moraux étoient aussi confiés en vers à la mémoire : « L’hôte qui vient chez vous a les genoux froids, donnez-lui du feu. Il n’y a rien de plus inutile que de trop boire de bière : l’oiseau de l’oubli chante devant ceux qui s’enivrent, et leur dérobe leur âme. Le gourmand mange sa mort. Quand un homme allume du feu, la mort entre chez lui avant que ce feu soit éteint. Louez la beauté du jour quand il sera fini. Ne vous fiez ni à la glace d’une nuit, ni au serpent qui dort, ni au tronçon de l’épée, ni au champ nouvellement semé. )>
Enfin les barbares connoissoient aussi les chants d’amour : « Je me battis dans ma jeunesse avec les peuples de Devonstheim, je tuai leur jeune roi ; cependant une fille de Russie me méprise. »
« Je sais faire huit exercices : je me tiens ferme à cheval, je nage, je glisse sur des patins, je lance le javelot, je manie la rame; cependant une fille de Russie me méprise1. »
Plusieurs siècles après la conquête de l’Empire Romain, l’usage des hymnes guerriers continua : les défaites amenoient des complaintes latines dont l’air est quelquefois noté dans les vieux manuscrits : Angelbert gémit sur la bataille de Fontenay et sur la mort de Hugues, bâtard de Charlemagne. La fureur de la poésie étoit telle, qu’on trouve des vers de toutes mesures jusque dans les diplômes du vme, du ixe et du xe siècle2. Un chant teutonique conserve le souvenir d’une victoire remportée sur les Normands, l’an 881, par Louis, fils de Louis le Bègue. « J’ai connu un roi appelé le seigneur Louis, qui servoit Dieu de bon cœur, parce que Dieu le récompensoit... Il saisit la lance et le bouclier , monta promptement à cheval , et vola pour tirer vengeance de ses ennemis3. » Personne n’ignore que Charlemagne avoit fait recueillir les anciennes chansons des Germains.
La chronique saxonne donne en vers le récit d’une victoire rempor-
1. Les deux Edda , les Sagha ; Worm., Lift, runicg Mallet, Hist. de Danem.