Cod. Theodos., lib. xi, xm, xv
3. Antiquarum ædium dissipatur speciosa constructio , et ut aliquid reparetur magna diruuntur, etc. (Nov. Majorian., tit. vi, p. 35.;
4. ...Omnique direpta, magna Romanorum cæde édita, pergunt alio. ( Procop., Hist. Vand . ) La chronique de Marcellin ajoute : Partem urbis Romœ cremovit : et Philostorge va bien au delà.
5. Brottier et Gibbon ne portent cette population qu’à douze cent mille, évaluation visiblement trop foible, comme celle de Juste-Lipse et de Vossius est trop forte ; il s’agiroit, d’après ces derniers auteurs, de quatre, de huit et de quatorze millions. Un critique moderne italien a rassemblé avec beaucoup de sagacité les divers recensements de l’ancienne Rome.
terres fertiles en Numidie et en Gétulie1. Ce même prince dépouilla Rome et le Capitole, dans la guerre que Sidoine appelle la quatrième guerre punique2 : il composa d’une masse de cuivre, d’airain, d’or et d’argent, une somme qui s’élevoit à plusieurs millions de talents3.
Le trésor des Goths étoit célèbre : il consistoit dans les cent bassins remplis d’or, de perles et de diamants offerts par Ataulphe à Placidie ; dans soixante calices, quinze patènes et vingt coffres précieux pour renfermer l’Évangile 4. Le missorium, partie de ces richesses, étoit un plat d’or de cinq cents livres de poids, élégamment ciselé. Un roi goth, Sisenand, l’engagea à Dagobert pour un secours de troupes; le Goth le fit voler sur la route, puis il apaisa le Frank par une somme de deux cent mille sous d’or, prix jugé fort inférieur à la valeur du plat5. Mais la plus grande merveille de ce trésor étoit une table formée d’une seule émeraude : trois rangs de perles l’entouroient ; elle se soutenoit sur soixante-cinq pieds d’or massif incrustés de pierreries ; on l’estimoit cinq cent mille pièces d’or ; elle passa des Visigoths aux Arabes6 : conquête digne de leur imagination.
L’histoire, en nous faisant la peinture générale des désastres de l’espèce humaine à cette époque, a laissé dans l’oubli les calamités particulières, insuffisante qu’elle étoit à redire tant de malheurs. Nous apprenons seulement par les apôtres chrétiens quelque chose des larmes qu’ils essuyoient en secret. La société, bouleversée dans ses fondements, ôta même à la chaumière l’inviolabilité de son indi-
1. Procop., De Bell. Vand., lib. i, cap. v; Victor. Vitens., De Persecut. Vandal.,
lib. i, cap. iv.