Il er on [aa., lib. vii, Hist. Aug
2. Tanta fide Âquileienses contra Maximinum pro senatu fuerunt, ut fîmes do capilïis mulierum facerent, cum dcessent nervi ad sagittas emittendas : quod aliquando Romæ dicitur factum. Unde in lionorem matronarum templum Veneri 'Calvæ senatus dicavit. ( Id . ibid, p. 398.)
Lactance raconte la même chose des femmes romaines.
Urbe a Gallis occupata, obsessi in Capitolio Romani cum ex mulierum capilïis tormienta fedisseot, ædom Veneri Calvæ consecrarunt. (Lact., Div. Inst., p. 88, in-4°.j)
de l’armure de fer de son père, il portoit une cuirasse d’or, un bouclier d’or, une lance dorée, un casque enrichi de pierreries1. Après sa mort son visage, meurtri, souillé de sang et de poussière, offroit encore des traits admirables. On avoit jadis appliqué au jeune césar les vers où Virgile compare la beauté du fils d’Évandre à l’étoile du matin sortant tout humide du sein de l’Océan 2. Son sort attendrit un moment la populace, qui brûla dans le Champ de Mars, avec mille outrages, la tête charmante sur laquelle elle venoit de pleurer. Ainsi finirent ces deux Goths souverains à Rome avant Alaric, mais par la pourpre et non par l’épée.
Il faut fixerai! règne de Maximin le commencement de cette succession d’empereurs militaires nés des circonstances, qui, demi-barbares, soutinrent l’empire contre les efforts des barbares. C’est aussi à cette époque qu’éclata la rivalité du sénat et de l’armée pour l’élection du prince : nouvelle cause de destruction ajoutée à toutes celles qui fermentoient dans l’État.
Ce sénat, d’ailleurs si abject, avoit jusque là conservé, par ses traditions de gloire, par son nom, par la richesse de ses membres et les dignités dont ils étoient revêtus, une sorte de puissance inexplicable : c’étoit au sénat que les empereurs rendoient compte de leurs victoires; c’étoit le sénat qui gouvernoit dans les interrègnes. Les années se marquoient par consulats; la religion et l’histoire se rattachoient à l’existence sénatoriale. On lisoit partout S. P. Q. R., lorsqu’il n’y avoit plus ni sénat ni peuple : Rome parloit encore de liberté, comme ces rois modernes qui inscrivent au protocole de leurs titres les souverainetés qu’ils ont perdues.
Jusqu’au règne de Maximin il y avoit eu sinon intelligence, du moins accord forcé entre les légions et le sénat ; mais pendant les
1. Usus est autem idem adolescens (Maximin. junior) et aurea lorica, exemplo Ptolemæorum; usus est argentea, usus et clypeo gemmato inaurato, et hasta inaurata. Fecit et spatlias argenteas, fecit etiam aureas... fecit et galeas gennnatas, fecit et bucculas. Quædam parens sua libros liomericos onmes purpureos dédit, aureis litteris scriptos. (Hist. Aug., p. 306.)
‘2. Usus est magistro græco littérature Fabilio, cujus epigrammata multa exstant, maxime in imaginibus illius pueri, qui versus græcos fecit ex illis latinis Virgilii, cum ipsum puerum describeret :
Qualis ubi Oceani perfusus Lucifer unda
Extulit os sacrum cœlo tenebrasque resolvit,
Talis erat juvenis primo sub nomine clarus ¥.
(/ci., p. 392.)
* Dans ce passage du huitième livre de YÊnéide, il y a un vers retranché et un vers interpolé.
troubles de ce règne les sénateurs ayant élu seuls trois maîtres furent si satisfaits cle ce retour d’autorité qu’ils ne se purent empêcher de témoigner l’envie de la garder. Les légions s’en aperçurent, et ne se laissèrent pas dominer. Les empereurs proclamés dans les provinces par les armées s’habituèrent à considérer le sénat comme un ennemi de leur pouvoir et dont le suffrage ne leur étoit pas nécessaire ; ils s’éloignèrent de Rome, où ils ne résidèrent plus que rarement et malgré eux. La ville éternelle s’isola peu à peu au milieu de l’empire ; et tandis qu’on se battoit autour d’elle, elle s'assit à l’ombre de son nom, en attendant sa ruine.
Maximin persécuta la religion. On trouve dans cette persécution la première mention certaine de basiliques chrétiennes; toutefois, il est question d’un lieu consacré au culte du Christ sous le règne d’Alexandre Sévère.
Quelques auteurs ont cru que la persécution avoit eu pour but principal en Orient d’atteindre Origène : le peuple et les philosophes auroient regardé comme un grand triomphe l’apostasie de ce défenseur de l’Église \ qui, par l’ascendant de son génie avoit opéré une multitude de conversions.
D'autres écrivains ont pensé que la persécution prit naissance à l’occasion du soldat en faveur duquel Tertulien écrivit le livre De la Couronne. Je vous ai souvent dit qu’à l’élection d’un empereur l’usage étoit de faire des largesses aux soldats : ceux-ci pour les recevoir se couronnoient de laurier. Lors de l’avénement de Maximin, un légionnaire s’avança, tenant sa couronne à la main ; le tribun lui demanda pourquoi il ne la portoit pas sur la tête comme ses compagnons : « Je ne le puis, répondit-il, je suis chrétien. »
Tertullien approuve le légionnaire2, le couronnement de laurier lui paraissant entaché d’idolâtrie.
Auprès des élections par le glaive se continuoient les élections paisibles de ces autres souverains qui régnoient par le roseau. Le pape Urbain étant mort avoit eu pour successeur Pontien, lequel, exilé dans l’île de Sardaigne, abdiqua. Autéros, qui le remplaça, ne vécut qu’un mois, et Fabien fut proclamé évêque de Rome.
La science, au milieu des guerres civiles et étrangères, brilloit dans n janvier 236. les hautes intelligences chrétiennes. Théodose ou Grégoire de Pons, surnommé le Thaumaturge, paroissoit ; Africain écrivoit son Histoire universelle , qui, commençant à la création du monde, s’arrêtoit à l’an 221 de notre ère3. L’histoire y étoit traitée d’une manière jus-