CHAPITRE PREMIER
Mgr LE DUC DE BERRY EST BLESSÉ A L’OPÉRA.
Ce n’est pas la première fois que le sang chrétien a coulé dans ces spectacles que l’Église appelle le petit paganisme, clans ces jours gras consacrés au vieillard portant la faux L C’est pour les fidèles une tradition des jeux de l’amphithéâtre, un héritage du martyre.
Le dimanche 15 février, M^r le duc et Mme la duchesse de Berry allèrent à l’Opéra, où les danses et les jeux étoient appropriés aux folies de ce temps de l’année. Ils profitèrent d’un entr’acte pour visiter, dans leur loge, MF le duc et Mme la duchesse d’Orléans. MF le duc de Berry caressa les enfants et joua avec le petit duc de Chartres. Témoin de cette union des princes, le public applaudit à diverses reprises.
Mme la duchesse de Berry, en retournant à sa loge, fut heurtée par la porte d’une autre loge qui vint à s’ouvrir. Bientôt elle se trouva fatiguée, et voulut se retirer : il étoit onze heures moins quelques minutes. Msr le duc de Berry la reconduisit à sa voiture, comptant rentrer ensuite au spectacle.
Le carrosse de Mme la duchesse de Berry s’étoit approché de la porte. Les hommes de garde étoient restés dans l’intérieur ; depuis longtemps le prince ne souffroit pas qu’ils sortissent : un seul , en faction, présentoit les armes et tournoit le dos à la rue de Richelieu. M. le comte de Choiseul, aide de camp de Monseigneur, étoit à la droite du factionnaire, au coin de la porte d’entrée, tournant le dos à larue de Richelieu.