Mer le duc de Berry
PIÈCES JUSTIFICATIVES
cher cousin, pour que vous employiez toute votre autorité de général, et toute celle que mon amitié a remise entre vos mains, à exiger qu’il occupe tout son hiver à travailler bien sérieusement au métier de la guerre, à se rendre digne de commencer l’année prochaine à conduire des troupes. Je ne vous indiquerai aucuns moyens à cet égard; personne ne saura mieux que vous exciter son émulation et lui inspirer le désir de l’instruction; mais vous jugerez facilement combien je serai sensible à cette nouvelle preuve de votre amitié.
Adieu, mon cher cousin : je ne veux rien changer au rendez-vous que je vous ai donné; c’est vers ce but que tendent tous mes efforts. Je vous renouvelle, du fond du cœur, l’assurance de l’amitié bien tendre et bien constante qui m’attache à vous pour la vie.
Signé Charles-Philippe.
P. S. Je dois vous dire que vous trouverez mon fils tout prévenu sur ce que je vous demande pour lui.
page 500.
« On apprit au cantonnement de Steinstaclt la mort de Louis XVII. »
Lettre du roi Louis XVIII à Msr le prince de Condé.
Mon cousin, je suis touché, comme je dois l’ètre, des sentiments que vous m’exprimez au sujet de la perte irréparable que je viens de faire en la personne du roi, mon seigneur et neveu. Si quelque chose peut adoucir ma juste douleur, c’est de la voir partagée par ceux qui me sont chers à tant de titres. La France perd un roi dont les heureuses qualités, que j’avois vues se développer dès sa plus tendre enfance, annonçoient qu’il seroit le digne successeur du meilleur des rois : il ne me reste plus qu’à implorer le secours de la divine Providence pour qu’elle me rende digne de dédommager mes sujets d’un si grand malheur. Leur amour est le premier objet de mes désirs, et j’espère qu’un jour viendra où après avoir, comme Henri IV, reconquis mon royaume je pourrai, comme Louis XII , mériter le titre de père de mon peuple. Dites aux braves gentilshommes et aux fidèles troupes dont je vous ai confié le commandement que l’attachement qu’ils m’expriment par votre organe est déjà pour moi l’aurore de ce beau jour, et que je compte principalement sur vous et sur eux pour achever de le faire éclore. Je vous renouvelle avec plaisir l’assurance de tous les sentiments avec lesquels je suis,, mon cousin,
Votre très-affectionné cousin.
Louis.
PIÈGES JUSTIFICATIVES
a Ce monarque (Louis XVIII) étoit attendu à l’armée;' il y vint en effet, ri ayant plus d’asile (comme il le dit lui-même dans son ordre du jour), hors celui de l’honneur... »