Zosim., lib. i, p. G65. 4. Id., ibid
5. Boll., 20 jan., p. 278, in Ad. S. Sebast., ann. 287. 6. Nibbi.
perles, qu’elle pouvoit à peine marcher; les grands de sa cour, captifs comme elle, la soulageoient du poids de ses chaînes d’or. Aurélien étoit monté sur un char traîné par quatre cerfs, autre espèce de dépouilles et de richesses d’un roi goth. Ce char alloit attendre Alaric au Capitole U
Aurélien donna à Tetricus le gouvernement de la Lucanie en échange de l’empire : Tetricus n’avoit pas le génie de Victoria : il se contenta d’être heureux.
Quant à Zénobie, vous savez qu’elle étoit peut-être Juive de naissance; Longin fut son maître de lettres grecques et de philosophie : elle avoit composé à son usage une histoire abrégée de l’Orient. Elle inclinoit aux sentiments des Hébreux touchant la nature de Jésus- Christ. On l’accuse d’avoir fait mourir le fds qu’Odénat avoit eu d’une autre femme, et peut-être Odénat lui-même. Elle eut trois filles et trois fils, dont l’un, Vaballath, devint roi d’un canton inconnu en Asie2. Ses trois filles, captives avec elle, se marièrent, et saint Zénobe, évêque de Florence, du temps de saint Ambroise, descendoit de la reine de Palmyre. Le courage de Zénobie se démentit avec la fortune ; elle demanda la vie en pleurant. La belle élève du magnanime Longin ne fut plus à Rome que la délatrice de quelques sénateurs entrés dans une conjuration vraie ou supposée contre Aurélien. Elle habitoit une maison de campagne à Tibur, non loin des jardins d’Adrien et de la retraite d’Horace, laissant, avec un nom célèbre, des ruines qu’on va voir au désert.
Aurélien étoit naturellement sévère; la prospérité le rendit cruel. 11 ne vouloit pas que le soldat prît une seule poule au laboureur; il disoit que les guerriers doivent faire couler le sang des ennemis et non les pleurs des citoyens 3 : beau sentiment et noble maxime ! il eut à soutenir une singulière guerre au sein même de Rome, la guerre des monnoyeurs, qui lui tuèrent sept mille soldats dans un combat sur le montCœlius4. Les châtiments que l’empereur faisoit infliger étoient affreux. Il méditoit une persécution générale contre les chrétiens5; et lorsqu’il se rendit en Orient, dans le dessein de porter la guerre chez les Perses, il lut tué par les officiers de son armée, entre Héraclée et Byzance6.
Le monde demeura sept mois sans maître : le sénat et l’armée se renvoyèrent le choix d’un empereur. L’un refusoit d’user de son droit,
1. Aur. Vopisc. in Hist. Aug., p. 220; Tri g. Tyran., c. xxm, xxix.