Greg. Nyss., p. 1006. D
4. Milita et accipe signaculum. — Non accipio signaculum. Jam habeo signum Christi Dci mei. {Acta sincera Ruinartii , p. 310.)
Dioclétien associa Maximien au pouvoir suprême, et nomma deux Dioclétien césars, Galère et Constance : l’Orient et l’Italie tomboient dans le et
Maximien
departement des augustes; les césars eurent la garde du Danube et empereurs, du Rhin, en deçà desquels se plaçoient les provinces de l’Occident. La c^tus possession romaine se trouva divisée entre quatre despotats, ce qui Marcelin prépara la séparation finale des deux empires d’Orient et d’Occident. Ande T.'-c
L’armée, obéissant à quatre chefs, n’eut plus assez de force pour 281-305., les créer; il n’y eut plus assez de trésors dans l’une des quatre divisions territoriales pour fournir à un usurpateur le moyen d’acheter l’élection. Dioclétien diminua le nombre des prétoriens, et leur opposa deux nouvelles cohortes, les joviens et les herculiens.
Mais ce qui fit la sûreté du prince causa la ruine de l’État : ces légions, qui choisissoient les empereurs, repoussoient en même temps les barbares ; c’étoit une république militaire qui se donnoit des maîtres nationaux et n’en vouloit point d’étrangers. Lorsque Dioclétien eut opéré ses changements ; lorsque Constantin , continuant la même politique, eut cassé les prétoriens; lorsque, au lieu de deux préfets du prétoire, il en eut nommé quatre ; lorsqu’il eut rappelé les légions qui gardoient les frontières pour les mettre en garnison dans le cœur de l’empire, le règne des légions expira, le pouvoir domestique prit naissance. Le droit d’élection fut partagé entre les soldats et les eunuques 1 : la liberté romaine, qui avoit commencé dans le sénat, passé au forum, traversé l’armée, alla s’enfermer dans le palais avec des esclaves à part de la race humaine ; geôliers de la liberté qui n’avoient pas même la puissance de perpétuer dans leur famille la servitude héréditaire.
Le sénat partagea Rabaissement des légions. Rome ne vit presque plus ses empereurs ; ils résidèrent à Trêves, à Milan, à Nicomédie, et bientôt à Constantinople. Dioclétien modela sa cour sur celle du grand roi ; il se donna le surnom de Jupiter ; au lieu de la couronne de laurier, il ceignit le diadème , et ajouta au manteau de pourpre la robe d’or et de soie. Des officiers du palais de diverses sortes, et partagés en diverses écoles, furent constitués : les eunuques avoient la garde
1. Adrien de Valois remarque qu’autre chose étoit milites chez les Romains et autre chose exercitus ; à l’appui de sa remarque il cite ce passage cl’Idace : Apud Constantinopolis Marc.ianus a militibus et ab exercitu , instante etiam sonore Theodosis , Pulcheria regina, efflcitur imperator. Le savant historien entend par exercitu la cour et les officiers du palais : il a raison. Grégoire de Tours et d’autres auteurs emploient la môme distinction : la suite des faits démontre que l’élection étoit devenue double, c’est-à-dire qu’elle s’opéroit par le concours des officiers du palais et de ceux de l’armée. Valesiana, p. 79.
intérieure des appartements. Quiconque étoit introduit devant l’empereur se prosternoit et adoroit. Les successeurs de Dioclétien, et peut-
être lui-même, se firent appeler Votre Eternité, et ils vécurent un jour Sachez néanmoins que les empereurs s’arrogèrent ce titre par une espèce de droit d’héritage. Rome se surnommoit la ville éternelle ; le peuple romain avoit vu dans l’immutabilité du dieu Terme le présage de la durée de sa puissance : en usurpant les pouvoirs politiques, les despotes usurpèrent aussi les forces religieuses. Toutefois cette transmission du sort de l’espèce au destin de l’individu n’étoit qu’une fausseté impie : les nations qui changent de mœurs, de lois, de nom, de sang, ne meurent point, il est vrai : mais est-il rien de plus vite et déplus mortel que l’homme?
Ce ne fut guère que six ans après l’association de Maximien à l’empire que Dioclétien s’adjoignit les deux césars Galerius et Constance. On vit dans les Gaules, sous le nom de Bagaudes 1 2, une insurrection de paysans assez semblable à celles qui éclatèrent en France dans le moyen âge. OElianus et Amandus, chefs de ces paysans, prirent la pourpre. Leurs médailles nous sont parvenues 3, moins comme une preuve historique du pouvoir d’un maître que comme un monument de la liberté : on a cru qu’OElianus et Amandus étoient chrétiens4. Maximien soumit ces hommes rustiques, dont le nom reparut au ve siècle. Salvien, à cette dernière époque, excuse leur révolte par leurs souffrances : la faction de la misère est enracinée.
Carausius dans la Grande-Bretagne, Aquilée en Égypte, furent vaincus, l’un par Constance, l’autre par Dioclétien, après une usurpation plus ou moins longue. Galerius, d’abord défait par les Perses, les défit à son tour.
Dioclétien, grand administrateur, homme fin et habile5, répara et
1. Aur. Vict., p. 323; Et; trop. , p. 586; Grec. Naz., or. 3; Ath., Apolog. cont. Arian.j Ammian. Marcel., lib. xv.