Philostorg., Hist. eccles., lib. n, cap. ix
5. Constantinopolis dedicatuv pene omnium urbium nuditate. Cliron., p. 181. Nuditas, qui n’est pas de la bonne latinité, ne peut être employé ici que dans le sens de la Bible. Les principaux objets d’art transportés à Constantinople furent les trois serpents qui soutenoient, à Delphes, le trépied d’or consacré en mémoire de la défaite de Xerxès, le Pan également consacré par toutes les villes de la Grèce et les Muses d’Hélicon. La statue de Rhée fut enlevée au mont de Dyndème; mais, par une barbarie digne de ce siècle, on changea la position des mains de la déesse, pour lui donner une attitude suppliante, et on la sépara des lions dont elle étoit accompagnée;
modernes l’existence romaine. Rome demeurée seule métropole n’en eût pas été mieux défendue; l’empire se seroit écroulé avec elle, lorsqu’elle succomba sous Alaric, si la nouvelle capitale n’eût formé une seconde tête à cet empire ; tête qui n’a été abattue que plus de mille ans 1 après la première, par le glaive de Mahomet II.
Mais ce qui fut favorable à la durée du pouvoir temporel tel que le créa Constantin devint contraire au pouvoir spirituel dont il se déclara le protecteur. Fixés dans l’Occident, sous l’influence de la gravité latine et du bon sens des races germaniques, les empereurs ne seroient point entrés dans les subtilités de l’esprit grec : moins d’hérésies auroient ensanglanté le monde et l’Église. Constantinople naquit chrétienne ; elle n’eut point, comme Rome, à renier un ancien culte, mais elle défigura l’autel que Constantin lui avoit donné.