‹ Œuvres complètes de Chateaubriand (volume 3)Chapitre 63 sur 358 · Aurel. Vict., p. 526. 4. Cod. Just., lib. ni, De Fer · texte numérisé non relu

Aurel. Vict., p. 526. 4. Cod. Just., lib. ni, De Fer

5. Euseb., Vit. Const., lib. iv, cap. xvm ; Sozom., lib. i, cap. xvm.

tumières. L’idolâtrie fut condamnée, et toutefois la liberté du culte laissée aux idolâtrés ; nonobstant quoi divers temples furent dépouillés et quelques-uns démolis1. Hélène renversa, à Jérusalem, le simulacre de Vénus, découvrit le Saint-Sépulcre et la vraie croix, bâtit l’église de la Résurrection , celle de l’Ascension, sur le mont des Olives, celle de la Crèche à Bethléem. Eutropia, mère de l’impératrice Fausta, remplaça par un oratoire chrétien , au chêne de Mambré , un autel profane. Constantine, Maïum, échelle ou port de Gaza, d’autres villes ou d’autres villages embrassèrent la religion du Christ2. Ne semble-t-on pas entrer dans le monde moderne, en reconnaissant les lieux et les noms familiers à nos yeux et à notre mémoire?

Des lois de Constantin rerdent la liberté à ceux qui étoient retenus contre leurdroit en esclavage3, permettent l’affranchissement dans les églises devant le peuple, sur la simple attestation d’un évêque 4; les clercs même avoient le pouvoir de donner la liberté à leurs esclaves par testament ou par concession verbale, ce qui , sans les désordres des temps, auroit affranchi tout d’un coup une nombreuse partie de l’espèce humaine. D’autres lois défendent les concubines aux personnes mariées 5, ordonnent la salubrité des prisons, interdisent les cachots6, exceptent de la confiscation ce qui a été donné aux femmes et aux enfants avant le délit des maris et des pères , proscrivent des choses infâmes et les combats de gladiateurs 7. Ces divers règlements n’eurent. pas d’abord leur plein effet, mais ils signalent les premiers moments de l’établissement légal du christianisme par la condamnation de l’idolâtrie, de l’esclavage, de la prostitution et du meurtre.

Constantin eut à s’occuper des hérésies : dans l’Occident, celle des donatistes fut anathématisée à Arles; dans l’Orient, la doctrine d’Arius exigea la convocation du premier concile œcuménique. La question théologique intéresse peu aujourd’hui 8, mais le concile de Nicée est resté un événement considérable dans l’histoire de l’espèce humaine. On eut alors la première idée et l’on vit le premier exemple d’une

1. En particulier, les temples d’Aphaque sur le mont Liban, d’Héliopolis en Phénicie, et les temples d’Esculape et d’Apollon en Cilicie.

2. Socrat., lib. i, cap. xvii; So/.om., lib. n, cap. i, iv ; Euseb., Vit. Const., lib. iv, cap. xxxvii.

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