J’y reviendrai dans le tableau des hérésies
société existant en divers climats, parmi les lois locales et privées, et néanmoins indépendante des princes et des sociétés sous lesquels et dans lesquelles elle étoit placée ; peuple formant partie des autres peuples, et cependant isolé d’eux, mandant ses députés de tous les coins de l’univers à traiter des affaires qui ne concernoient que sa vie morale et ses relations avec Dieu. Que de droits tacitement reconnus par ce bris des scellés du pouvoir sur la volonté et sur la pensée!
Pour la première fois encore depuis les jours de Moïse, émancipateur de l’homme au milieu des nations esclaves de l’ignorance et de la force, se renouvela la manifestation divine du Sinaï; comme autour du camp des Hébreux, les idoles étoient debout autour du concile de Nicée, lorsque les interprètes de la nouvelle loi proclamèrent la suprême vérité du monde, l’existence et l’unité de Dieu. Les fables des prêtres , qui avoient caché le principe vivant , les mystères dans lesquels les philosophes l’avoient enveloppé s’évanouirent; le voile du sanctuaire fut déchiré avec la croix du Christ : l’homme vit Dieu face à face. Alors fut composé ce symbole que les chrétiens répètent, après quinze siècles, sur toute la surface du globe; symbole qui expliquoit celui dont les apôtres et leurs disciples se servoient comme de mot d’ordre pour se reconnoître : en les comparant, on remarque les progrès du temps et l’introduction de la haute métaphysique religieuse dans la simplicité de la foi.
« Nous croyons en un seul Dieu, père tout-puissant, créateur de toutes choses, visibles et invisibles, et en un seul Seigneur Jésus-Christ, fils unique de Dieu, engendré du Père, c’est-à-dire de la substance du Père, Dieu de Dieu, lumière de lumière, vrai Dieu de vrai Dieu, engendré et non fait, consubstantiel au Père, par qui toutes choses ont été faites au ciel et sur la terre... Nous croyons au Saint-Esprit'. »
Le concile de Nicée a fait ces choses immenses ; il a proclamé l’unité de Dieu et fixé ce qu’il y avoit de probable dans la doctrine de Platon. Constantin, dans une harangue aux Pères du concile, déclare et approuve ce que ce philosophe admet: un premier Dieu suprême, source d’un second ; deux essences égales en perfections, mais l’une tirant son existence de l’autre, et la seconde exécutant les ordres de la première. Les deux essences n’en font qu’une; l’une est la raison de l’autre, et cette raison étant Dieu est aussi fils de Dieu 1 2.
Et quels étoient les membres de cett'e convention universelle réunie pour reconnoître le monarque éternel et son éternelle cité ? Des héros