Julian., Ad Ath., or. m
4. Amm., lib. xvii, xx, xxi, xxii; Zosim., lib. m ; Liban., or. xn; Julian., Ad Ath.
5. Tune anus quædam orba luminibus, cum, percontando quinam esset ingressus, Julianum Cæsarem comperisset, exclamavit hune deorum templa reparaturum.
Julien passa au moins à Lutèce les deux hivers de 358 et de 359. Il aimoit cette bourgade, qu’il appeloit sa cliere Lutèce \ et où il avoit rassemblé, autant qu’il avoit pu au milieu de ses entreprises militaires, des savants et des philosophes. Oribase le médecin, dont il nous reste quelques travaux, y rédigea son Abrège de Galien : c’est le premier ouvrage publié dans une ville qui devoit enrichir les lettres de tant de chefs-d’œuvre.
On se plaît à rechercher l’origine des grandes cités, comme à remonter à la source des grands fleuves : vous serez bien aise de relire le propre texte de Julien :
(( Je me trouvois pendant un hiver à ma chère Lutèce 1 2 (c’est ainsi qu’on appelle dans les Gaules la ville des Parisii). Elle occupe une île au milieu d’une rivière; des ponts de bois la joignent aux deux bords. Rarement la rivière croît ou diminue ; telle elle est en été, telle elle demeure en hiver : on en boit volontiers l’eau, très-pure et très-riante à la vue3. Comme les Parisii habitent une île, il leur seroit difficile de se procurer d’autre eau. La température de l’hiver est peu rigoureuse, à cause, disent les gens du pays, de la chaleur de l’Océan, qui, n’étant éloigné que de neuf cents stades, envoie un air tiède jusqu’à Lutèce: l’eau de mer est en effet moins froide que l’eau douce. Par cette raison, ou par une autre que j’ignore, les choses sont ainsi 4. L’hiver est donc fort doux aux habitants de cette terre; le sol porte de bonnes vignes; les Parisii ont même l’art d’élever des figuiers5 en les enve-