‹ Œuvres complètes de Chateaubriand (volume 3)Chapitre 75 sur 358 · Amm. Marcell., lib. xxi, cap. xvi. 2. Id., ibid · texte numérisé non relu

Amm. Marcell., lib. xxi, cap. xvi. 2. Id., ibid

3. Imperator Liberio dixit : Quota pars es orbis terrarum, ut tu solus homini

impio suffragari velis?... Liberius dixit : Etiamsi solus sim, fidei causa non idcirco minuitur. (Parisiis, 1683; Theodor., Hist. eccles ., lib. n, cap. xvi, pag. 94.)

4. Ecclesias orbis terrarum vacuas ac désertas fecisti, et mihi tanquam noxio eleemosynam adfcrs! (Zd., pag. 95.)

mation : Un Dieu! un Christ ! un évêque 1 ! Naguère cette même foule s’écrioit : Les chrétiens aux bêtes !

Au milieu de cette confusion, Constance, retourné en Orient2 et devenu jaloux des triomphes de Julien, songea à Taffoiblir en lui demandant la plus grande partie de son armée, sous le prétexte de continuer la guerre contre Sapor. Julien pressa ses troupes ou feignit de les presser de partir. C’est la première grande scène militaire dont Paris ait été témoin.

Assis sur un tribunal élevé aux portes de Lutèce, Julien invite les soldats à obéir aux ordres d’Auguste : les soldats gardent un silence morne , et se retirent à leur camp. Julien caresse les officiers, leur témoigne le regret de se séparer de ses compagnons d’armes sans les pouvoir récompenser dignement. A minuit les légions se soulèvent, sortent en tumulte du banquet donné pour leur départ, environnent le palais, et, tirant leurs épées à la lueur des flambeaux, s’écrient : Julien auguste 3 !

Il avoit ordonné de barricader les portes ; elles furent forcées au point du jour. Les soldats se saisissent du césar, le portent à son tribunal aux cris mille fois répétés de Julien auguste ! Julien prioit, conjuroit, menaçoit ses violents amis, qui à leur tour lui déclarèrent qu’il s’agissoit de la mort ou de l’empire : il céda. Une acclamation le salua maître ou compétiteur du monde. 11 fut élevé sur un bouclier 4 comme un roi frank , et couronné comme un despote asiatique : le collier militaire d’un hastaire5 lui servit de diadème, car il refusa d’user à cette fin (étant chose de mauvais augure) d’un collier de femme 6 ou d’un ornement de cheval que lui présentoient les soldats.

Afin qu’il ne manquât rien d’extraordinaire à l’avénement du restaurateur de l’idolâtrie, Julien écrivit au peuple et au sénat athénien (Ad S. P. Q. Ath.) la relation de ce qui s’étoit passé à Lutèce. Il adressa des lettres explicatives à Constance, lui demanda la confirmation du titre d’auguste. Pour trouver un second exemple d’un empereur proclamé à

1. Unus Deus, unus Christus, unus Episcopus. (Theodoret, lib. ii, pag. 9G.)

2. Je ne parle point de l’autel de la Victoire, que Constance fit ôter du sénat et qui y fut replacé vraisemblablement par Julien. Il en sera question sous Théodose Ier.

3. Augustum Julianum horrendis clamoribus concrepabant. (Amm. , lib. xx, chap. iv. )

4. Impositusque scuto pedestri. ( Id ibûl .) Libanius s’écrie : O fehx scutum, in quo solemnis inaugurationis mos peractus est, omm tibi tnbunah convementius !

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