Socrat., lib iii, cap. xxi. 3. Naz., pag
vestale, il est probable, s’il n’est certain, qu’il eut des enfants naturels'. Telle est la puissance d’un mot : le nom d’Apostat, donné à Julien, suffît pour flétrir sa mémoire, même aujourd’hui que nous sommes séparés de ce prince par quatorze siècles, et que tombent les institutions qu’il proscrivoit.
L’antipathie de Julien pour le culte des chrétiens se fortifia de la haine que lui inspira le prince qui massacra son père, livra son frère au bourreau et menaça longtemps sa vie : les anciens autels étant devenus les autels persécutés, Julien s’y attacha comme un caractère généreux s’attache à la patrie, à la foihlesse et au malheur; il voulut croire à des absurdités que sa raison condamnoit; il employa son génie, comme les philosophes de son temps, à expliquer par des allégories le culte de ces divinités , personnifications des objets de la nature ou passions matérialisées. La beauté des cérémonies du paganisme enchantoit son imagination poétique , nourrie des songes de la Grèce : à la renaissance des lettres, au xvie siècle, quelques écrivains de la France et de l’Italie , ravis des belles fables , devinrent de véritables païens, et firent abjuration entre les mains d’Homère et de Virgile. Julien attribuoit son salut à sa piété envers les dieux , qui Tavoient excepté seul de la juste condamnation prononcée contre la maison impie de Constantin.
Son aversion pour le christianisme se put augmenter encore du spectacle qu’offroit la société lorsqu’il parvint à l’empire. L’hérésie d’Ariusavoittout divisé et subdivisé; cen’étoient qu’anatbèmes lancés et reçus; les catholiques mêmes ne s’entendoient plus; les évêques se disputoient des sièges, et le schisme ajoutoit ses désordres à ceux de l’hérésie. Julien avoit remarqué que les chrétiens sont plus cruels entre eux que les bêtes ne le sont aux hommes1 2 (c’est un auteur païen qui l’affirme). Athanase fait la même remarque sur les ariens3. Ces querelles dans toutes les villes, dans tous les villages, dans tous les hameaux, affoiblissoient l’empire au dehors, paralysoient le pouvoir au dedans, rendoient l’administration périlleuse et difficile. Les juges et les gouverneurs n’étoient occupés qu’à réprimer les délits et les séditions des chrétiens. Le fameux Georges, évêque arien d’Alexandrie, persécuteur des païens et des catholiques, avoit désolé l’Égypte par ses rapines et ses cruautés. Diodore , un de ses adhérents, coupoit de sa propre autorité la chevelure des enfants, chevelure que l’idolâtrie