Ariani Scytbis ipsis crudeliores. (Ath., Hist. Arian
maternelle laissoit croître en l’honneur de quelque divinité protectrice. Le peuple, lassé, se souleva, massacra Georges, pilla sa bibliothèque, dont Julien recommanda au préfet d’Égypte de rassembler soigneusement les débris. La folie des Galiléens, dit le même prince dans sa lettre à Artabius, a presque tout perdu L
Julien, qui n’auroit pu reconnoître la vérité chrétienne parmi des hommes qui ne s’entendoient pas sur la nature du Christ, put donc croire qu’il supprimeroit à la fois tous les maux en étouffant toutes les sectes sous l’ancien culte : erreur d’un juge préoccupé, qui prit les effets pour la cause; qui ne vit que l’extérieur des troubles, qui ne fut frappé que du mouvement à la surface, et n’aperçut pas l’idée immobile reposant au fond de ces troubles. Une révolution étoit accomplie, un changement opéré dans l’espèce humaine.
Cependant l’éducation d’enfance du grand ennemi de la croix avoit été toute chrétienne; il avoit disputé de dévotion à Macellum avec son frère Gallus; il paroît même qu’après avoir été lecteur dans l’église de Nicomédie, il s’étoit fait tondre pour se faire moine2; intention qu’on a voulu attribuer à l’hypocrisie, et qu’il est plus équitable de regarder comme le mouvement d’une âme exaltée. Julien ne ponvoit être ni chrétien ni philosophe à demi; la nature ne lui avoit laissé que le choix du fanatisme.
Quoi qu’il en soit, aussitôt que ce prince fut séparé de Gallus, il s’abandonna à la passion de l’étude, que lui avoit inspirée Mardonius, son premier maître. Il visita à Pergame Edesius, dont l’école jetoit un grand éclat.
Chef du néoplatonisme, dont Plotin étoit le fondateur, Edesius, disciple et successeur de Jamblique, étoit un vieillard dont l’esprit vigoureux s’élevoit vers le ciel à mesure que son corps se penchoit vers la terre. Julien vouloit en tirer toute la science, mais le vieillard lui dit : a Aimable poursuivant de la sagesse, mon corps est un édifice en ruine prêt à tomber : interrogez mes enfants3. »
Ces enfants d’Edesius étoient ses disciples : Maxime, Priscus, Eusèbe et Chrysanthe. Julien s’adressa d’abord aux deux derniers. Eusèbe ne croyoit point à la théurgie, etparloit à Julien contre les opérateurs de prodiges; il lui raconta que Maxime avoit fait sourire devant lui, au moyen d’un grain d’encens purifié et d’un hymne chanté à voix basse, la statue de la déesse au temple d’Hécate : qu’ensuite les flambeaux
1. Etenim Galilœorum ciment ta propemodum omnia afflixit ac perdidit. (Julian., opist. vu.)
2. Et adcutem usque tonsus monasticam vitam simulavit. ( Soctsat.)