‹ Œuvres complètes de Chateaubriand (volume 3)Chapitre 85 sur 358 · Liban., Paneg · texte numérisé non relu

Liban., Paneg

mourut, un dragon sortit de dessous son lit et traversa une muraille. Jamblique s’élevoit en l’air, et tout son corps paroissoit resplendissant : au son d’une parole il lit un jour sortir les génies de l’amour, Éros et Antéros, du fond d’un bain. Edesius forçoit les dieux à descendre, et il en recevoit des oracles en vers hexamètres1. Vous venez de voir les jongleries de Maxime et Chrysanthe. Simon le magicien, Apollonius de Tyane avoient eu les mêmes prétentions aux vertus théurgiques. Celse avoit opposé aux miracles de Jésus-Christ les prestiges d’Esculape, d’Apollon, d’Aristes et d’Abaris. Les philosophes affectoient un tel air de ressemblance avec les ascètes, que Julien, dans un moment d’humeur contre les cyniques, les compare aux moines galiléens2. Vous allez bientôt voir ce prince essayant de régler la police des temples d’après la discipline des églises. Enfin , les idolâtres réformés avoient placé une Trinité à la tête de leurs dieux : vaincu de toutes parts, le paganisme étoit , pour ainsi dire , obligé de se faire chrétien.

Toutefois, dans cette transfusion du sang social, dans l’accomplissement de la plus grande révolution de l’intelligence, on doit aussi remarquer, afin d’être juste et sincère, ce que le christianisme pouvoit avoir admis de la philosophie et du paganisme.

Le christianisme a-t-il reçu de la philosophie les dogmes de la Trinité, du Logos ou du Verbe?

J’ai déjà eu l’occasion de traiter ailleurs cette matière : j’ai fait observer3 que la Trinité pouvoit avoir été connue des Égyptiens, comme leprouvoit l’inscription grecque du grand obélisque du Cirque Majeur, à Rome; j’ai cité un oracle de Sérapis, rapporté par Héraclides de Pont et Porphyre4, lequel oracle exprime nettement le dogme de le Trinité 5.

Les mages avoient une espèce de Trinité dans leur Metris, Oromasis

1. Eunap., Vit. Soph.; Bruker., Hist. Plrilosoph. ; Julian., apud S. Cyril., lib. vi.

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