SUR LE QUATRIÈME LIVRE
te récit qui commence dans ce livre n'a presque point éprouvé de critiques. Je crois avoir prouvé que jamais récit, dans aucune épopée, ne se rattacha plus intimement à l'action.
PREMIÈRE REMARQUE
PAGE 66. Eudore et Cymodocée... ignoraient qu'en ce moment les saints et les anges avaient les regards attachés sur eux.
Seconde transition de l'ouvrage : elle ramène la scène sur la terre.
II*
PAGE 66. Ainsi les pasteurs de Chanaan.
« Telendit tibi (Abraham) tabernaculum suum, ab occidente habens B«- Ihel... » (Genèse, xii, 8.)
iir.
PAGE 66. Aussitôt que le gazouillement des hirondelles, etc., etc.
Hsec pntcriEoliisproperat dum Lemnius cris, Evandiiim ex humili tecto lux suscitât aima, Et matutini volucrum siib culmine cantiis. CoDsurgit senior, tunicaque inducitur artus... Nec non etgemini custodes limine ab alto Prxceduut, gressumque canes comitantur berilem.
(/Eneid., Tlll, 4d4.)
Ce passage est imité ou plutôt traduit d'Homère, Je crois qu'on doit être
SUR LE LIVRE IV. 30 i
détrompé à présent sur mes prétendues imitations directes. On peut voir comme je m'écarle encore ici de l'original.
Oùx oioçj K[iK Twyî Sûw xOvcf àpyoi errovro.
{Odyss., Il, 11.)
IV*
PAGE 67. Tel l'Acradien Evandre conduisit Anchise...
Nam raeraini Hesionae visentem régna sororis Laouiedontiadem Priamum, Salamina petentem, Protenus Arcadiae gelidos invisere fines... Cunctis altior ibat Anchises. Mihii mens juvenali ardcbat aniore Compellare virum, et dexti se coujungere dextiani . Âccessi, et cupidus Pbenei sub mœiiia duxi.
{jEntid., VIII, 157, 165.)
PAGE 67. Ou tel le même L sandre, exilé aux bords du Tibre, reçut l'illustre fils de son ancien hôte.
Quum rauros, arceraque procul ae ""ara domorum Tecta vident, qusenunc Romana potentia cœlo .£quavit : tum res inopes Ëvandrus habebat
[^neid., nil, 98.)
Ut te, forlissirae Teiicrum, Àccipio agnoscoque libens ! ut verba parentis, Et voceni Anchlsae magni \ultumque recordor!
'.jEneid., nu, 154.)
VI*
PAGE 67. Il attache à ses pieds des brodequins gaulois formés de la peau d'une chèvre sauvage ; il cache son cilice sous la tunique d'un chasseur ; il ielle sur ses épaules et ramène sur sa poitrine la dépouille d'une biche blanche.
C'est encore ici Evandre et Télémaque ; mais tout est différent dans la peinture.
Et Tyrrhena pedum circumdat viocula plantis ; Tum latcri atque humeris Tageaiuni subligat easem, Deniissa ab laeva pantherae lerga rétorquons.
(^Mid., rui, 458.) iLpvJ7 (xp sÇ sxjvijifiv oSuffffnoff yîXoç utôf, El^ara Sffffâpsvoç' nipi â's Çtyof ô|ù Ost' wum' Iloffat 3 ÙTTO "kinapoîatv sSàtk-o Jta^à TriSt^a.
{OdiJSS., 11,2.)
vir
PAGE 68. Il suspend à sa main droite une de ces couronnes de grains de corail dont les vierges martyres ornaient leurs cheveux en allant à la mort.
La plupart des Grecs portent encore aujourd'hui un chapelet à la main. 11 était assez difficile dexprimer un chapelet dans le style noble ; je ne sais si j'ai réussi. L'origine des chapelets, comme on voit, est touchante : c'était, ainsi que ie le dis dans le texte, une espèce de couronne que les chrétiens portèrent en allant au martyre. On en fit dans la suite un ornement pour les images de la Vierge, ou un ex-voto sur lequel on prononça des prières. De là le nom que le chapelet porte encore eu italien, corona : le latin le rend par beatœ Virginis corona. Au reste, l'usage des chapelets est bien postérieur au quatrième siècle; mais il m'était très permis d'en placer ici l'origine.
viir
PAGE 68. Comme un soldat chrétien de la légion thébaine.
La légion thébaine, qui était toute composée de chrétiens , fut mise à mort par Maximin, frère d'Agaume, dans les Alpes. 11 en sera question ailleurs.
lx^
PAGE 68. Eudore, dit-il, vous êtes l'objet de la curiosité de la Grèce chrétienne.
On voit toutes les précautions que je prends pour motiver et amener le récit, déjà pleinement motivé dans le ciel.
PAGE 68 Sage vieillard, dont l'habit annonce un pasteur des hommes.
Je n'ose avouer ma faiblesse pour Démodocus. ai l'on a comparé sa douleur à celle de Priam, sa joie est-elle tout à fait dénuée de cette simplicité antique qui a tant de charmes dans Ilomère? et ce qu'il dit ici, par exemple, passeraitil dans la bouche de Nestor pour un bavardage insipide?
Xl\
FACE 69 Contemple avec un charme secret son gouvernail.
Les aocieus, dont les vaisseaux n'étaient guère que de grandes barques, res-
SUR LE LIVRE IV. 30 j
taienl dans le port pendant l'hiver, et emportaient dans leurs maisons le gou- ^rnail et les rames de leurs galères.
OttAk s ènxpuîvoi, ttxvto. tîw èvr/.uTOso oizo), EOxôirpwf (7To)>£'(r«? vvoç Txipi. no-noirôpoto'
(HÉsiOD.jOperoef rftes, V. 623.)
Invitât genialis hiems, curasque resolvit . Ceu, pressas quunijam portuin tetigere carina, Fuppibus et Isti nautse imposuere coronas.
(Georff., I, T 302.)
xir.
PAGE 69. De ces vieux arbres que les peuples de l'Arcadie regardaient coname leurs aïeux.
Les ArcaJiens prétendaient qu'ils étaient enfants de la terre, ou nés des < hênes de leur pays.
xiir.
PAGE 69. C'était là qu'Alcymédon coupait autrefois le bois de hèlre, etc.
Pocula ponam Pagina, cœlatuni diviiii opus Alciniecioutis ; Lenta qiiibus lorno facili superaddita vitis, Diffuses hedcra vestit pallente coryrabos.
(ViRO,, fiucol., III. 56.}
XIV®
PAGE 69. C'était là qu'on montrait aussi la fontaine Arétbuse, et le laurier qui retenait Daphné sous son écorce.
Tout le monde connaît l'histoire d'Aréthuse et d'.\lphée, et les beaux vers de la Henriade :
Belle Arétbuse, ainsi, etc.
L'histoire de Daphné n'est pas moins connue ; mais cette histoire , dont on place la scène sur les bords du Péncc, est racontée aulremont par Pausanias , et placée en Arcadie. (Voyez Pausanias, vui, '20; et Bartuslkuy, Voyage d'Anacharsi<, cbap. lu )
PAGE 69. Une longue nacejle, formée du seul tronc d'un pin.
Ces espèces de pirogues sont encore en usage sur les cotes de la Grèce : on les appelle d'un nom qui exprime leur espèce, monoxylon.
xvr
PAGE 69. Arcadiens ! qu'est devenu le temps où les Atrides étaient obligés de TOUS prêter des vaisseaux pour aller à Troie, et où vous preniez la rame d'Ulysse pour le van de la blonde Cérès.
Homère, en faisant le dénombrement de l'armée des Grecs, dit qu'Agamemnon avait fourni des vaisseaux aux Arcadiens pour les transporter à Troie, parce que ce peuple ignorait l'art de la navigation (Iliade, ii.) Uly«?e, de retour dans sa patrie, raconte à Pénélope que ses travaux ne sont point encore finis; que, l'aviron à la main, il doit parcourir la terre jusqu à ce qu'il arrive chez un peuple auquel la mer soit inconnue. Ce peuple, en voyant la rame qu'Ulysse portera sur son épaule, doit s'écrier : Voilà le van de Cérès! Ulysse terminera ses courses dans cet endroit, plantera son aviron en terre, et fera un sacrifice à Neptune. (Odyss., xxiii.)
Cette histoire du van de Cérès a exercé tous les commentateurs. Quel lieu de la terre Homère a-t il voulu indiquer par cette circonstance? j'ai osé le fixer en Arcadie, et voici pounjuoi :
Homère a déjà dit, comme on l'a vu, que les Arcadiens étaient si étrangers à la marine, qu'Agamemnon fut obligé de leur prêter des vaisseaux On lit ensuite dans Pausanias ce passage remarquable : « Sur la cime du mont Borée « (en Arcadie), on aperçoit quelques restes d'un vieux temple qu Ulysse bâtit « à Minerve et à Neptune lorsqu'il fut enfin revenu de Troie. » (Pausanias, vm, 44.) Que l'on rapproche ce passage de ceux de ['Iliade et de l'Odyssée cités plus haut, et l'on trouvera peut-être ma conjecture assez probable; du moins elle pourra servir à expliquer un point d'antiquité très curieux, jusqu'à ce qu'on ait rencontré plus juste.
XVII*
PAGE 70. Je descends, par ma mère, de cette pieuse femme de Mégare qui enterra les os de Pbocion sous son foyer.
« Ses ennemis (de Phocion) firent ordonner par le peuple que le corps de Phocion serait exilé et porté hors du territoire de l'Alli(|ue, et qu'aucun des « AIhéniens ne donnerait du feu pour honorer d'un hîiclier ses fonéraiîle'* : « c'est pourquoi aucun de ses amis n'osa seulenu ,it loucher à son corps. Mais « un certain Cnopion, accoulumi' à gagner sa vie à ces sortes de fondions « funèbres, prit le corps pour (|uel(iups pièces d'argent qu'on lui donna', le « porta au delà des terres d'Éleiisin. et, ayant pris du feu sur celles de Mé- « gare, il lui dressa un bûcher et le brûla. Une dame de Mégare, qui assista
par hasard à ses funérailles avec ses servantes , lui éleva daus le môme endroit un tombeau vide, sur lequel elle fit les effusions accoutumées; et meltan^ dans sa robe les os qu'elle recueillit avec grand soin, elle les porta la nuit dans sa maison, et les enterra sous son foyer, en lui adressant ces paroles : Mon cher foyer, je te confie et je mets en dépôt dans ton sein ces précieux restes d'un homme de bien: conserve-les fidèlement, pour ie,s rendre un jour au tombeau de ses ancêtres, quand les Athéniens seront devenus plus sages. » (Plut. Vie de Phocion.)
xviir
PAGE 70. Notre patrie expirante, pour ne point démentir son ingratitude, fit boire le poison au dernier de ses grands hommes. Le jeune Polybe, au milieu d'une pompe attendrissante, transporta de Messène à Mégalopolis la dépouille de Philopœmen.
« Quand l'exécuteur descendit dans le caveau, Philopœmen était couché sur « son manteau, sans dormir, et tout occupé de sa douleur et de sa tristesse. « Dès qu'il vit de la lumière, et cet homme près de lui, tenant sa lampe d'une « main et la coupe de poison de l'autre , il se releva avec peine, à cause de « sa grande faiblesse, se mit en son séant, et, prenant la coupe, il demanda à « l'exécuteur s'd n'avait rien entendu dire de ses cavaliers, et surtout de Ly- » cortas. L'exécuteur lui dit qu'il avait ouï dire qu'ils s'étaient presque tous « sauvés. Philopœmen le remeicia d'un signe de lêle; et le regardant avec « douleur : Tu me donnes là une bonne nonrelle, lui dit-il; nous ne sommes « donc pas malheureux en tout. Et sans dire une seule parole de plus, sans « jeter le moindre soupir, il but le poison , et se recoucha sur son man- « teau... »
Les Arcadiens vengèrent la mort de Philopœmen , et transportèrent les cendres de ce grand homme à Mé^alopolis. « Après qu'on eut brûlé le corps de Philopœmen , qu'on eut ramassé .ses cendres et qu'on les eut mises dans uae urne, on se mil en marche pour Mégalopolis. Cette marche ne se fit point turbulemmenl, ni pèle-mèle, mai* avec une belle ordonnance et en mêlant à ce convoi funèbre une sorte de pompe triomphale. On voyait d'abord les i:;ens de pied, la tèie ccintr de couronnes, et tous fondant en larmes. Après celte infanterie suivaient les ennemis chargés de chaînes. Le fils du général , le jeune Polybe . marcliait ensuite, portant dans ses mains l'urne qui renfermait les cendres, mais nm était si couverte de bandelettes et de couronnes, qu'elle ne paraissait prestjue point. Autour de Polybe marchaient les plus nobles et les plus considérables des Achéoiis. L'urne était suivie de toute la cavalerie, magnifiquement armée et montée superbement, qui fermait la marche, sans donner ni de grandes marques d'aballomonl pour un si grand deuil, ni de grands situes de joie pour une telle victoire. Tous le* |)euples des villes et des village? des environs venaient au-devant de ce convoi, comme autrefois ils venaient au-devant de lui-môme pour le rocevou" et lui faire honneur, quand il ro\e- « nait de ses expéditions couvert de gloire; et après avoir salué et loir ' « respectueusement son urne, ils la suivaient et l'accompagnaient. »
(PnJTAnQtE, Vie de( Philopceu^m.
306 REMABQUES
XIX
PAGE 70. Elle ressemble à cette stalqe de Thémistocle, dont les Athéniens de nos jours ont coupé la tête pour la remplacer par la tête d'un esclave.
Pausanias parle de quelques statues des grands hommes d'Athènes , qu'on avait mutilées de son temps pour mettre sur leurs bustes la tête d'un affranchi, d'un athlète. C'est d'après cela que j'ai imaginé ma comparaison.
XX
PAGE 70. Le chef des Achéens ne reposa pas tranquille au fond de sa tombe.
« Plusieurs années après, dans les temps les plus calamiteux de la Grèce , « lorsque Corinthe fut brûlée et détruite par le proconsul Mummius, un ca- « lomnialeur romain flt tous ses eflorts pour les faire abattre (les statues de « Pliilopœmen), et le poursuivit lui-même criminellement, comme s'il eût été « en vie, laccusant d'avoir été l'ennemi des Romains, et de s'être montré « toujours malintentionné pour eux dans toutes leurs affaires. La chose ïut ■ iiorlce au conseil devant Muraaiius. Le calomniateur étala tous les chefs « d'accusation, et explicjua tous ses moyens; mais après que Polybe lui eut « ri'poaiiu pour le refuler, ni Mummius ni ses lieutenants ne voulurent point « oniouner ni souffrir que l'on détruisît les monuments de la gloire de ce « grand homme, quoiqu'il eût opposé une digue aux prospérités de Fiaminius « et d'Acilius. » (Plutarque, Vie de Philopœmen.)
xxr
PAGE 70. Ils exigèrent qu'à l'avenir le ûls aîné de ma famille fût envoyé à Rome.
Voilà le fondement de tout le récit, et ce qui fait oatlre toutes les aventures d'Eudore.
XXIl*.
PAGE 71 . Tantôt dans un autre héritage que nous possédons au pied du Taygètc, le long du golfe de Messénie.
Dans celle circonstance, en appnrencc frivole, on voit le soin que j'ai mi« à parder la viaisciii!)lance. Par là, la rencontre de Cymodocée et d'Iùidore est jusldiée : liudoie revenait de visilîT seschaniiis de la Messénie lorsqu'il liouva la (111c (i'Iliin)ère. On verra pins bas i|u lùidure, on s'eloiiuianl descOtes de la Grive, roulemiilait de loin les ail» (-• de I lieiilaKc pilernel; ce qu'il n'aurait pu faire encore s'il n'eût possédé des biens au bord do la mer.
xxiir.
'page 71 . La religion tenant mon âme à l'ombre de ses ailes, l'empêchait, comme une fleur délicate, de s'épanouir trop tôt ; et prolongeant l'ignorance de mes jeunes années, elle semblait ajouter de l'innocence à l'innocence même.
Un critique, d'ailleurs plein d'indulgence et de politesse, a cité cette phrase comme répréhensible. J'avoue que je n'ai jamais été plus étonné. J'ai consulté de bons juges, et des juges très sévères : ils m'ont tous unanimement conseillé de laisser ce passage tel qu'il est.
XXIV®
PAGE 71 . Au port de Phères.
J'ai déjà parlé de Phères à propos de l'arc d'Ulysse. Ce fut aussi à Phères que Télémaque reçut l'hospilalité chez Dioclès , lorsque le fils d'Ulysse alla demander des nouvelles de son père à Ménélas. {Odyss., m. )
XXV*
PAGE 72. L'île de Thégnause.
A la pointe de la Messénie, l'une des îles Œtinssœ, qui forment aujourd'hui les grou, es de Sajjienza et de Cabrera, depuis Modon jusqu'à la pointe du (ïolfe do Coron. J'ai touché à Sapienza. (Voyez d'A.nville.)
xxvr
PAGE 72. Vers l'embouchure du Simo'is, à l'abri du tombeau d'Achille.
La vue de ce tombeau m'a guéri de la fièvre, comme je l'ai raconté dans un extrait de mon voyage inséré au Mercure. On peut consulter sur ce tombeau le voyage de M. Lcclievalier. Voici de bien beaux vers; aussi soul-ils du maître :
A^y «ÙTOtfft S' é'ntiTa ^iyav xat àpuptova TÛjiÇov Xeyafy-ev Apyiiav hpoç arpuvoç at^^prjTawv AzTrj ènï npo-j'^o-J'7-/i, ini 7r).aTîî E).)iQ(77rôvTM* Ù.Ç ;t£v rTn\efa.vriç ex novTOfiv àv^pxTiv un Toiç oî vûv yîyocaffti xat oî u.îTiTCKTO:^ icovrou-
(Oïliiss. liv. XXIV, V. 80.)
IJ faut coMvenir que les pyramides des rois égyptiens sont bien peu de chose, tHMni'.uées à la gloire de cciti' tombe de gazou chaulée par llumère , et auirour de laquelle courut Alexandre.
xxvir.
PAGE 72. Mais le constant zéphir.
Zéphir est pris ici, comme dans l'antiquité, pour le vent d'ouest. Ce venl • règne au piialemps sur la Méditerranée.
xxviir
PAGE 72. Nous fûnoes jetés tantôt sur les côtes de l'Éolide.
L'Eolide, aujourd'hui toute la côte qui s'étend depuis Smyrne jusqu'à Adramiti J'ai traversé par terre ce beau pays, en me rendant de Smyrne à Conslantinople. Le second volume du voyage de M. de Clioiseul , qui vient de paraître , ne laisse plus rieo à désirer pour la description de ces lieux à jamais célèbres.
XXIX^
PAGE 72. Cette montagne... avait dû servir de statue à Alexandre; cette autre montagne est l'Olympe, etc.; jusqu'à l'alinéa.
On sait qu'un sculpteur proposa de faire du mont Athos une statue d'Alexandre. — Olympe , Dempé, Déios , Naxos, trop connus pour en parler. — Cécrops, Égyptien, premier législateur d'Athènes. — Platon donnait quelquefois des leçons à ses disciples sur le cap Sunium. — Démosthènes , pour ^accoutumer à parler devant le peuple, haranguait les vagues de la mer. — Phrynée, se baignant un jour sur le rivage près d'Eleusis, les Athéniens la prirent pour Vénus.
xxx".
PAGE 73 Devant nous était Égyne, etc.
On peut lire la lettre de Sulpitius à Cicéron (lib. iv, episl. v, ad familiarei), dont ce passage est une imitation.
XXXI*
PAGE 73. Babylone m'enseignait Corinthe.
Le même critique qui a blâmé la phrase rapportée sous la note xxui* trouve celle-ci répréheiisil)le. On m'a encore conseillé de ne la point changer. En effet, la hardiesse du tour est sauvée parce qui précède : Je m'étais assis avec le prophèie, etc. Je n'ai point cherché à imiter Bossuet; je crois qu'on ne doit
imiter ni ce grand écrivain, ni aucun auteur moderne. Il n'y a que les anciens qui soient modèles ; eux seuls doivent être constamment l'objet de nos études et de nos eûorts. Au reste , il y avait une faute de mémoire ou d'impression dans la manière dont on avait cité ma phrase; on lisait; Corynthe m'enseignait Babylone, ce qui est très différent.
XXXII*
PAGE 73. Nous vîmes tout à coup sortir une théorie.
Grâce au Voyage d'Anacharsis, tout le monde sait aujourd'hui qu'une théorie veut dire une procession ou une pompe religieuse.
XXXIII*
PAGE 74. De nouvelles émotions m'attendaient à Brindes, etc.; jusqu'au second alinéa, page 75.
Brindes, autrefois Brundusium, célèbre par la mort de Virgile. Horace y 6t un voyage, ce qui n'est |)as ce qu'il a fait de mieux. — La voie Appienne, chemin qui conduisait de Rome à la pointe de l'Italie; on en voit encore des restes entre Naples et Rome. — Ajjulie, aujourd'hui la Fouille. — Auxur, aujourd'hui Terracine. — Le Forum et le Capitule sont bien connus. — Le quartier des Carènes :
Passimque arnienta videbant Romanoque Foro, et lautii rnugirc Carinis.
(jEntid. liT. TllI, T. 360.'
— Le théâtre de Germanicus, près du Tibre; on en voit encore les ruines. — Le Môle Adrien, aujourd'hui le château Saint- Ange. — Le cirque de Néron, à la droite du Forum, lorsqu'on vient du Capitule. —Le Panthéon d'Agrippa; il existe encore : c'est le monument le plus élégant de Rome ancienne et dç Rome moderne. Je l'admirais beaucoup plus avant d'avoir vu les ruines d'Athènes.
XXXIV®
PAGE 75. Les grands bœufs du Clytumne traînaient au Forum l'anlique
chariot du Volsquc.
On dit que ce Volsque avait sans doute acheté ces bœufs du Clytumne à la foire. Je le veux bien, et cela est très possible.
XXXV®
PAGE 76. J'ai vu la carte de la ville élernclle, tracée sur des rochers de marbre au Capitole.
Elle y est encore. Après avoir vu la ville entière , on sera peut-être bi'^n
aise d'en voir les ruines. On en trouvera la peinture dans ma lettre à M. de Fûiitanes.
XXXVl^
PAGE 76. Le rhéteur Eumènes.
Un des savants hommes de cette époque. II était d'Autun. quoiqu'il fût Grec d'origine. 11 rétablit les écoles des Gaules. Il nous reste de lui un panégyrique prononcé devant Constantin. (Voyez Panégyr. veter.) Dans i^s premières éditions, je faisais étudier Eumènes sous un disciple de Quinliiien, ce qui ne se pouvait pas dans l'ordre des temps. J'ai mis : « Sous le fils d'un disciple , » ce qui rentre dans la vraie chronologie.
xxxvu*.
PAGE 76. Augustin, Jérôme et le prince Constantin.
J'ai déjà prévenu le lecteur, dans la préface , de l'anachronisme touchant saint Augustin et saint Jérôme. Au reste, tous les caractères qui sont peints ici, saint Jérôme, saint Augustin, Constantin, Dioclétienet Galérius, sont conformes à la vérité historique.
xxxviir.
PAGE 77. Heureux s'il ne se laisse pas emporter à ces éclats de colère. Allusion au meurtre de sa femme et de son fils.
xxxix".
PAGE 77. Cette conformité de position, encore plus que celle de l'âge , décida du penchant du jeune prince en ma laveur.
Commencement de l'amitié d'Eudore et de C.onslantin qui doit avoir une influence si grande sur l'action de l'ouvrage et sur les destinées de mon héros.
XL*
PAGE 79. Armentarius.
Gardeur do troupeaux.
SUR LE LtVllE IV. 311
XLr
PAGE 80. Une fureur aveugle contre les chrétiens.
Toute la page qui suit est une préparation de l'action. Cause de la haine de Galérius contre les chrétiens, projet d'usurper l'empire, etc. Où voit donc que le récit tient évidemment à l'action.
XLir
PAGE 80. Dorothée, premier officier de son palais, etc.
Ce personnage est historique; il était chrétien, et il subit le martyre avec plusieurs autres officiers du palais.
XLiir.
PAGE 81. Ceux-ci s'occupent sérieusenaent d'une ville à bâtir, etc.; jusqu'à l'alinéa.
Toutes les folies rassemblées ici ne sont point prêtées gratuitement aux faux sages. Ce fut Plutiii, d'ailleurs très honnête homme, qui voulut faire bâtir une ville par l'empereur Gallien ; ce fut Porphyre qui chercha les secrets (le la nature dans les mystères de l'Égypie. Les sectes qui voyaient loul dans la pensée ou dans la matière étaient les platoniciens et les épicuriens ; ceux qui prêciiaicnt la république dans le sein de la monarchie allèrent jusqu'à ullaquer Trajan, qui fut obligé de les chasser de Rome; ceux qui, à l'imitation des fidèles, voulaient enseigner la morale au peuple, se signalèrent surtout pendant le règne de Julien. « Tout était plein de philosophes, dit Fl?ury . [Mœurs des Chrétiens)^ qui faisaient aussi pro.ession de pratiquer la vertu « et de l'enseigner. Il y en eut même plusieurs dans ces premiers siècles de ' 1 Église qui, peut-être à l'imitation des chrétiens, coururent le monlo, pié; « tendant réformer le genre humain. » Tout est donc ici historique. Holas ! les folies humaines se sont plus d'une fois répétées, et souvent on croit lire i histoire de ses propres maux dans l'histoire des hommes qui nous ont précédés.
XLIV
PAGE 83. Une offense que je reçus d'Hiéroclès. Commencement de l'inimitié entre Eudore et Hiéroclès.
XLV"
PAGE 83. Marcellin, évêque de Rome.
Marcellin était pape à cette époque; je ne lui donne pas ce titro .:- te
texte, parce que les papes ne le portaient pas encore exclusivement. Marcellin occupa le Uône pontifical pendant uu peu plus de huit années. Les donatisfes l'accusèrent d'avoir sacrilié aux idoles pendant la persécution. Saint Augustin l'a justifié dans son ouvrage contre Pétilieo. Les actes du concile de Smuesse sont apocryphes.
XLVl".
PAGE 83. Au tombeau de saint Pierre et saint Paul. C'est-à-dire au Vatican, près de la basilique de Saint-Pierre.
XLVIl^.
PAGE 83. Là se rencontraient et Phanuce de la haute Thébaïde, etc.
Tous ces noms portent leur commentaire avec eux. Tous ces grands hommes, dont l'Église a mis plusieurs au rang des saints, vivaient à celte époque, et parurent au concile de Nicée. On peut remarquer en outre que ce qui manque dans le récit d'Eudore à la peinture de l'étal dn christianisme sur la terre se trouve ici. Eudore ne parle pas des Églises de la Perse et des Indes, où il n'a pas voyagé. Les Ibériens donl.il est question dans ce passage ne sont pas les Espagnols : celaient des peuples placés entre le Pont-Eusin et la mer Caspienne. La position de l'Église, par rapport aux hérésies, est aussi indiquée dans ce tableau.
XLVIll®.
PAGE 84. Et bénissait la ville et le monde.
Je place ici l'origine d'une cérémonie touchante encore pratiquée de nos jours : Urbi et orbi.
.PAGE 84. Je redemandais secrètement les platanes de Fronton, le portique de Pompée, ou celui de Livie, etc.
Il y avait à Rome des jardins publics connus sous le nom de Fronton; voyez Jlvénal. — Le portique de Pompée et celui de Livie sont célèbres dans l'Art d'aimer d'Ovide.
PAGE 83. La porte sainte est fermée devant moi.
Toul le monde a remarqué celle scène d'où l'action entière va sortir.
SUll LE L'iVnE V. 3f3
PAGE 86. A l'amphithéâtre de Vespasîen.
Aujourd'hui le Colysée : voyez la peinture de ses ruines dans la lettre à M. de Fonlanes.
Lir.
PAGE 86. Il faut que ce peuple, même au milieu de toutes ses misères, ait la main dans toutes les grandeurs.
Encore une phrase désapprouvée par le critique qu» a désapprouvé les deux autres ('loles xxni* et xxxi*). Quant à celie-ci qui, par une granil?. fatalité, n'était point encore exactement citéedans le journal, je ne sais qu'en due. J'ai vu les opinions partagées. Il me semble pourtant que les autorités prépondérantes sont en 6à Lvear. Dans tous les cas, si elle est douteuse, elie est la seule de celte espèce dans les Martyrs.
Liir
PAGE 86, Les bêtes féroces... se mirent à rugir.
Présage qui m'a semblé propre à réveiller la crainte et k curiosité des lecteurs. Eudore s'en souviendra au xxiv* livre.