TI
PAGE 150. Cymodocée remplit son sein de larmes. Sinum lacrymis implevit obortis.
VII*
PAGE 150. Ainsi le ciel rapprochait deux cœurs... Satan allait profiter de l'amour du peuple prédestine... tout marchait à l'accomplissement des décrets de l'Éternel... Le prince des ténèbres achevait dans ce moment même, etc.
Transition qui amène la scène de l'enfer.
viir
PAGE 150. Tombe et berceau de la mort.
This ^Vild abyss, The womb of Nature, and pcrliaps hcr grave.
(Parad. ioK., Il, 910.)
IX"
PAGE d51. Quand l'univers aura été enlevé ainsi qu'une tente.
€ Terra... auferetur quasi tabernaculum unius noclis. » (Is., xxiv, 20.)
PAGE 151 . Entraîné par le poids de ses crimes, il descend.
Satan, dans Milton, retourne aux enfers sur tn pont bâli par le Péché et la Mort. Je ne sais si j'ai fait mieux ou plus mal que le poète anglais.
xl^
PAGE 151. L'enfer étonne encore son monarque.
Je n'ai pris cela à personne ; mais le mouvement de remords et de pitié qui suit est une imitation détournée du mouvement de pitié qui saisit le Satan de Millou à la vue de l'homme.
XII®
PAGE 151. Un fantôme s'élance sur le seuil des portes inexorables: c'est la Mort.
Si l'on n'approuve pas celte pointure de la Mort, du moins elle a pour elle la nouveauté. Le portrait de la Mort, dans Miilon, est mêlé de sublime et d'horrible, et ne ressemble en rien à celui-ci.
Tlie ottier shnpe, If sliape it mighl be call'd tliat sliape had none Dislinguishable in member, joiiii, or liuib, Or substance niiglit bc call'd Ihal shadow seem'd, For each seenrd eilher ; blark il stood as niglit, FiiMce as ten furies, terrible as hell, And sbook a dreadiul dail ; wluit soe:n'd his bcad The likeuees of a kiiigly ciown liad on.
(Parad. lost. II, 666.)
xni®.
PAGE 152. C'est le Crime qui ouvre les portes
Dans le Paradis perdu, le Péché et la Mort, veillent aux portes de l'enfer, qu'il» ont ouvertes; mais ces portes ne se n-l'oimoiit i)las.
xiv".
p.v.E 153. Des nuées arides, t ^ubcs arida. ( Vinc)
XV*
PAGE 153. Qui pourrait peindre l'horreur.
Je ne me suis point appesanti sur les tourments trop bien et trop longuement décrits par le Dante. On n'a pas remarqué ce qui dislingue essentiellement l'enfer du Dante de celui de Milton : l'enfer de Milton est un enfer avant la chute de l'homme, il ne s'y trouve encore que les anges rebelles; l'enfer du Dante engloutit la postérité malheureuse de l'homme tombé
xvr
PAGE 153. Il rit des lamentations du pauvre.
Je suis, je crois, le premier auteur qui ait osé mettre le pauvre aux enfers. Avant la Révolution, je n'aurais pas eu cette idée. Au reste, on a loué cette justice. Si Satan prêche ici une très bonne morale, rien ne blesse la convenance et la réalité même des choses. Les démons connaissent le bien et font le mal ; c'est ce qui les rend coupables. Ils applaudissent à la justice qui leur donne des victimes. D'après ce principe, admis par l'Église, on suppose dans les canonisations qu'un orateur plaide la cause de l'enfer, et montre pourquoi le saint, loin d'être récompensé, devrait être puni.
xvir
PAGE 453. Tu m'as préféré au Christ.
Même principe. Satan sait qu'il n'est pas le fils de Dieu , et pouriant il veut être son égal aux yeux de l'homme. L'homme une fois tombé, Satan rit de la crédulité de sa victime.
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PAGE 153. La peine du sang.
Aucun poète, avant moi, n'avait songé à mêler la peine du dam à la peine du sang, et les douleurs morales aux angoisses physiques. Les réprouvés, chez le Dante, sentent, il est vrai, quelque mal de celte espèce; mais 1 idce de ces tourments est à peine indiquée. Quant aux grands coupables qui sortent du sépulcre, quelques personnes sont fâchées que jaie employé ces traditions populaires. Je pense, au contraire, qu'il est permis d'en faire usage, à l'exemple d'Homère et de Virgile, et qu'elles sont en elles-mêmes fort poétiques, ciuand on les ennoblit par l'expression. On en voit un bel exemple dans le serment des Seize (Henriade). Pourquoi la poésie serait-elle plus scrupuleuse que la peinture? Et ne pouvais-je pas offrir un tableau qui a du moins le mente de rappeler un chef-d'œuvre de Lcsucur ?
PAGE lo4. Au centre de l'abîme... s'élève... un noir château, etc.; jusqu'à l'alinéa.
Ceci ne ressemble point au Pandémonium du Paradis perdu.
Anon out of the earth a fabric huge Rose, like an exhalation, with the sound Ofduicet symphonies aud volées sweet; Built liiie a temple, where pilasters round Were set, and doric pillars overlaid "With golden architrave ; nor did there want Cornice or freeze, with bossy sculptures graven ; Tge roof was fretted gold.
Le Daute a une cité infernale un peu plus ressemblante a mon palais de Satan, mais à peine reconnaîl-on quelques traits de ma description.
Omai figliuolo,
S'appressala ciitii ch' ha nome Dite
Gia le sue meschite
La entre certo nella valle cerno Vermiglie corne se di fuoco uscite. . .
(Inf., canU Tia.'j
L'occhio m' avea tutto traite Ver r alta torre alla cima revente, Ove in un puuto vidi dritte ratio Tre l'urie infernal di sangue tinte. .
Le Tasse n'a point décrit de palais infernal. Les amateurs de l'antiquité verront comment j'ai dérobé au Tarlare, pour les placer dans un enfer chrétien, l'ombre stérile des Songes, les Furies, les Parques et les neuf replis du Cocyle. Le Dante, comme on le voit^ a mis les Furies sur le donjon de la cUià dolente.
xx*".
PAGE 154. L'Eternité des douleurs.
C'est la fiction la plus 4i.irdie des Martyrs, et la seule de cette espèce que l'on rencontre dans tout l'ouvrage.
XXI*
PAGE 164. Il ordonne aux quatre chefs, etc.
Ccst ainsi que le Satan de Milton et celui du Tasse convoquent le sénat des enfers
Chiuma gii abitator, etc.
Vers magnifiques, dont je parlerai au xvii* livre.
xxir.
PAGE 455. Ils viennent tels qu'ils les adorent.
C'est l'Olympe dans l'enfer, et c'est ce qui fait que cet enfer ne ressemble à aucun de ceux des poètes mes devanciers. L'idée d'ailleurs est peut-être assez heureuse, puisqu'il s'agit de la lutte des dieux du paganisme contre le véritable Dieu : enfln ce merveilleux est selon ma foi ; tous les Pères ont cru que les dieux du paganisme étaient de véritables démons.
xxiir.
PAGE d55. Filles du ciel, etc.
Tout ceci est à moi, et h fond de cette doctrine est conforme aux dogmes chrétiens.
XXIV®
PAGE 156. Non plus comme cet astre du matin, etc.
Le Tasse compare Satan au mont Athos, et Milton à un soleil éclipsé.
XXV®
PAGE i56. Dieux des nations.
L'exposition du côté heureux de l'action, et la désignation des bons personnages, se sont faites dans le ciel ; dans l'enfer on va voir l'exposition du côté infortuné de la même action, et la désignation des personnages méchants.
xxvr.
PAGE 157. Moi,ie l'aurai couronnée en extermmant les chrétiens.
Ce démon propose un des avis qui seront 'adoptés par Satan , c'est-à-dire la persécution sanglante ; et Satan ne sait pas que Dieu a décrété cette persécution pour éprouver les chrétiens. L'enfer obéit à Dieu en croyant lui résister .
xxYir.
PAGE 157. Alors le démon de la fausse sagesse.
Ce démon n'avait point Ole peint avant moi. Il est vrai qu'il a été mieux connu de noire temps que par le passé, cl qu'il n'avait jamais fait tant de mal aux hommes. On a paru trouver bien iiuo le démon de la fausse sagesse fût le père de l'Athéisme. Il semble aussi qu'on ait applaudi à colle expression . Née après les temps, par opposilion à la ^ raie sagesse, née avant les temps. T. I. 45
354' remar:iues
XXVfîI®.
PAGE 158. Déià Hièroclès ..
Voilà, comme je l'ai dit, la désignation du .personnage vicieux., el la peinture de la fausse philosophie second mo^en qui doit secv.ir à, perdre le» chrétiens.