‹ Œuvres complètes de Chateaubriand (volume 4)Chapitre 40 sur 165 · LU · texte numérisé non relu

LU

PAGE 171 . Un jour le laboureur.

Seilicet et tempus veniet cum finibus illis Agricola, incurvo terram molitus aratro, etc,

LUI®

PAGE 171. Au gui l'an neuf!

« Les druides, accompagnés des magistrats et du peuple, qui criait au gui l'an neuf! allaient dans une forêt, etc. » (Saint-Foix, tom. i.)

Ne serait il pas possible que ce refrain 6 gué. qui termine une foule de vieilles chansons françaises, ne fût que le cri sacré de nos aïeux?

LIV®

PAGE 171. Des cubages.

« Nihil habent druidjB (ita suos appellanl raagos) visco et arbore in qua gignatur (si modo sit robur) sacralius. Jam per se roborum eligunt lucos , nec ulla sacra sine ea fronde conficiunt, ut inde appellati quoque interpretatione graeca possint druidae videri. Enim vero quidquid adnascatur illis, e cœlo missum piitant, signumquc esse elcctœ ab ipso deo arboris. Est autem id rarura admodum iuvcntu, et repertum magna religione pclilur, et ante omnia scxta luna, qure principia mensium annorumque his facit et sa?culi post Iricesimum annum, quia jam virium abunde habeat, nec sit sui dimidia. Omnia sanantom appetlantes suo vocabulo, sacrificiis epulisque rite sub arbore comparatis, duos admovenl candidi coloris lauros, quorum cornua tune piimum vinciantur. Sacerdos candida veste cultus arborem scandit; falce aurea dcmetlt -. candido id excipilur sago. Tum dcinde violimas immolant, precanlcs ut suum cionum Deus prosperum facial liis quibusdederil. » (Plin., lib. xvi.)

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PAGE 172. On planta une épée nue.

J'ai suivi quelques auteurs qui pensent que les Gaulois avaient, ainsi que

les Goths, l'usage de planter une épée nue au milieu de leur conseil. (Amm. Mai.ckll., lib. XXXI, cap. xi, pag. 622.) Du mol latin mallus est venu notre mol maili et le mail est encore aujourd'hui un lieu piaulé d'arbres.

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PAGE 172. Au pied du dolmin.

« Lieu des fées ou des sacrifices. C'est ainsi que le vulgaire appela certaines pierres élevées, couvertes d'autres pierres plaies fort communes en Bretagne, où ils disent que les païens offraient autrefois des sacrifices. » Dict. franc, celt. du père Rostrenen.)

LVir.

PAGE 472. Malheur aux vaincus !

C'est le mot d'un Gaulois en mettanl son épée dans la balance dos Romains. Vœvictisl

LVITl®.

PAGE 172. OÙ sont ces Etats florissants de la Gaule?

On voit partout, dans les Commentaires de César, les Gatdes tenant des €51)èce5 d'états généraux, César allant présiilor ces élals, etc. Quanl au conseil des femmes, voyez la note xs.vi'' de ce livre.

PAGE 172. OÙ sont ces druides, etc.

« Illis rébus divinis inlcrsunt, sacrificia publica ac privata procurant, religiones ;i,terprotantur -. ad lios m,.gnns aduiescontium numcrus, disciplina' causa, concui lit, magnoiiue ii snnl a])ud eos hunore : n ;m fore de omnibus conlroversiis, publicJs privalisqu(> , conslituunt; et si quod e;U admissum facinus, si caîdes facta, si de ha^rodilate, si de (inibus conlroversia est, iidem decernunli prœmia pœnasque cunstiluunt. Si quis ant privalus, aiit publicus, eorum decreto non stelil, sacrificiis i<iterdicunl. Ilaîc pœna apud eos est gravissima : quibus ita est interdiclum, ii numéro impinrum ac sccleralorum habentur; ab iis omnes dccedunl, adilum eorum sornionenKpie defugiunl, ne qiiid ex contagione incommodi accipianl . n^que iis pctenlibus jus redditur, nocpic honos ullus commnnicatur. Ilis atiti'm omnibus druidibus prœest unus, qui summam inlcr eos habcl aucloritatom. lloc morluo, si quis ex reiiquis excellit dignital^, succedit. AI, si sunl plnres pares, suiï'ragio druidum adiogitur ; nonninn(|nam etiam de rinci|)atn armis ronlendunl. Ii certo anno tempore in fniibus Carnutiim, qnae regio lutins (îallia; média habetur, considunt, in loco consicralo. Une omnes undi<|no, qui conlroversias habcnl,-conveniunt ; eorumqne judiciis decrelisquo parent. Disciplina in Brilannia reperla, alque inde iu Galliam translata esse e.\istimalur, et

« nunc, qui diligentius eam rem cognoscere volunt , plerumque illo, discendi « causa, proGciscunlur.

« Druides a bello abesse consueverunt ; neque tribula una cum reliquis « pendunt : militiae vacationem, omniumque rerum habenl iramunitatem. « Tanlis excilali praemiis, et sUa sponte multi in disciplinam conveniunt et a « parentibus propinquisque miltuntur. Magnum ibi numerum versuum edis- « cere dicuntur... luiprimis hoc volunt persuadere, non interire animas, sed « ab allis post mortem transire ad alios; alque iioc maxime ad virtulem exci- « tari pulant, metu mortis negleclo. Mulla prœterea de sideribus alque eorum « motu; de mundi ac terrarum magnitudine. de rerum nalura, de deorum « immortaiium vi ac potestale disputant, et juventuli tradunt. »

Tout ce passage de César est excellent et d'une clarté admirable ; il ne reste plus que très peu de choses à connaître sur les classes du clergé gaulois. Diodore et Strabon, confirmés par Ammien Marcellin, compléteront le tableau :

• Leurs poêles, qu'ils appellent bardes, s'occupent à composer des poèmes propres à leur musique; et ce sont eux-mêmes qui chantent, sur des instruments presque semblables à nos lyres, des louanges pour les uns et des invectives contre les autres. Ils ont aussi chez eux des philosophes et ries théologiens appelés saronides^ pour lesquels ils sont remplis de vénération... C'e<t une coutume établie parmi eux que personne ne sacrifie sans un philosophe; car, persuadés que ces sorte? d'hommes connaissent parfaitement la nature divine, et qu'ils entrent pour ainsi dire en communication de ses secrets, ils pensent que c'est par leur ministère qu'ils doivent rendre leurs actions de grâces aux dieux et leur demander les biens qu'ils désirent... 11 arrive souvent que, lorsque deux armées sont près d'en venir aux mains, ces philosophes se jetant tout à coup au milieu des piques et des épées nues, les combattants apaisent aussitôt leur fureur comme par enchantement, et mettent les armes bas. C'est ainsi que, même parmi les peuples les plus barbares, la sagesse l'emporte sur la colère, et les Muses sur le dieu Mars. (Diod. de Sicile, liv. v, trad. de Terrasson.) « Apud universos autem fere tria hominum sunt « gênera quœ in singulari habentur honore : bardi, vates et druidae : horum « bardi" hymnos canunt, poetœque sunt; vates sacrificant et naturam rerum « conlemplanlur; druidaî praeter hanc philosophiam etiam de moribus dispu- « tant. » (Strab., lib. iv.)

J'ai rendu par cubages oùârstr, du grec de l'édition de Casaubon, et que !e latin rend par vates. Je ne vois pas pourquoi l'on veut, sous l'autorité d'Ammien, qui traduit à peu près Strabon, que le mot vates soit passé dans le grec au temps de ce géographe. Strabon, qui suivait peut-être un auteur latin, et qui ne pouvait pas traduire ce mot vatcs^ l'a tout simplement transcrit. Les Latins, de même, copient souvent des mots grecs qui notaient pas pour cola passés dans la langue latine. D'ailleurs, quckpios éditions ordinaires de Strabon portent euhage et eubage. Rollin n'a point fait de diflicullé de s'en tenir au mol eubage.

Ammien Marcellin, confirmant le témoignage de Strabon, dit que les bardes chanlaiont les horos sur lu lyre, que les devins ou cubagos cherchaient à conuaîUe les seorots de la nature, et ijue les diuidos. qui vivaient on commun, à la manièrb dos (liscii)les de P^thagore, s'oicupaioiit de olutsos sublimes, et enseignaient l'immorlalilé del'àme. (A.mm. Makckll., lib. xv.)

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PAGE 172. 0 île de Sayne, etc.

On a trois autorités pour cette îfe : Strabon, lib iv; Denys le Voyageur^ V, 570; et Pomponius Mêla. Comme je n'ai suivi que le texte de ce dernier, je ne citerai que lui. « Sena in Britannico mari, Osismicis adversa littoribds, « Galici numinis oraculo insignis est : cujus anlistitcs, perpétua virginitatë « sanctae, numéro novem esse traduntur : Barrigenas vocant, putantqueinge- € niis singularibus praeditas, maria ac venlos concitare carminibus, seqtte in « quse velint animalia vertere, sanare qase apud aliosinsanabilia sunt, sclre € Ventura et prsedicare : sed non nisi deditas naviganlibus, et in id taotam « ut se consuîerenl profectis. ■> (Pomponius Mel., 3, 6.)

Strabon diftere de ce récit, en ce qu'il dit que les prêtresses passaient sor le continent pour habiter avec des hommes. J'avais, d'après quelques autorités, pris celte. île de Sayne pour Jersey; mais Strabon la place vers l'enabouchure de la Lôlre. Il est plus sûr de sui\ re Bochart {Géograph. sacr., pag. 740;, et d'Anville [Notice de la Gaule , pag. 595), qui retrouvent l'île de Sayoe Ua»? l'île des Saints, à l'extrémité du diocèse de Quimper, en Bretagne.

Lxr.

PAGE 173. "Vous allez mourir, etc.

Les Gaulois servaient surtout dans la cavalerie romaine; car, selon Slraboi). ils étaient meilleurs cavaliers que fantassins.

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PAGE 173. Vous tracez avec des fatigues inouïes les roules, etc.

Il sufiit de jeter les yeux su-r la carte de Peutinger, sur V Itinéraire de Bordeaux à Jérusalem , et sur le livre des Chemins de l'Empire, par Bergier, pour voir combien la Gaule était traversée de chemins romains. Il y en avait quatre principaux qui partaient de Lyon, et qui allaient toucher aux extrémités des Gaules.

LXIII®

PAGE 173. Là, renfermés dans un amphithéâtre, on vous lorcera, ex.

La plupart des gladiateurs étaient Gaulois ; mais Vclléda ne dit pas tout à fait la vcrilé. Par un mi'pris abominable de la mort, ils vendaient souvent leur vie pour quelques pièces d'argent. On sait qu'Annibal fil battre des prisonoier? gaulois en promcllant un cheval à celui qui tuerait son adversaire.

LXIY*.

PAGE 173. Souvenez-vous que votre aom veut dire voyageur»

« M y en a qui oonjecliueut avec quelque probabilité que les Gaulois s^ « sont ainsi appelés du mol celtique Wallen, qui encore aujourd'hui^ dans la « Ôùigue allemande, signifie aller, voyager, passer de lieu en lieu (Mé2#»ai;, « av. Cloo., pag. 7.)

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PAGE 173. Les tribus des Francs qui s'étaient établis en Espagne.

Les Francs avaient en effet pénétré jusqu'en Espagne vers ce temps-là, et y demeurèrent douze ans. Ils prirent et ruinèrent l'Aragon ; ensuite ils s'en retournèrent dans leur pays, probablement sur des vaisseaux. (Voyez En- 'iBopi;. Les circonstances les plus indifTérenles dans les Martyrs sont toutes fondées sur quelques faits. Je suis persuadé que, sous ces rapports, Virgile et Homère n'ont rien inventé : c'est ce qui fait que leurs poèmes sont aujourd'hui des autorités pour l'histoire.

LXYI®.

PAGE 173. Que les peuples étrangers nous accordent, etc.

C'est le mot de Bojocalus. Ce vieillard germain avait porté cinquante ans les armes dans les légions romaines. F^es Anticeariens, ses compatriotes, ayant été chassés de leur pays par les Cauces, vinrent s'établir avec Bojocalus, tiiii les conduisit sur des terres vagues abandonnées par les Romains. LesRo- HKiins ne voulaient pas les leur donner, malgré les remontrances de Bojocalus; mais ils offrirent à celui-ci des terres pour lui-même. Le vieux Germain indigne alla rejoindre ses compatriotes fugitifs, en s'écriant : « Terre ne peut nous manquer pour y vivre ou pour y mourir. »

LXVIl*.

PAGE 1 74. A la troisième fois le héraut d'armes, etc.

. Si quis cnim dicenli obstrepat aut tumultuelur, lictor accedit stricto cul- « tro. Miiiis adhibitis lacère eum juhel : idque ilerum ac tertio lacil eo non « cessante : tandem a sago ejus tantura amputât, ut reliquum sit inutile. » (^ïRAB., lib. IV, pag. 135.)

LXVIU®.

PAGE 17-i. La foule demande à grands cris, etc.

Les druides sacrifiaient dos victimes humaines. Il> choisissaient de préférence des malfaiteurs pour ces sacrifices; mais, à leur délaui. ou prenait des iunoceiils. C'est Torlullien el saint Augustin qui nous apprennent de plus que ces victimes innocenles étalent des vieillards.

LXIX*

PAOK 174. Que Dis,père des oinluvs

Les Gaulois reconnaissaient Dis ou IMulon pour leur père : u était à cause

de cela qu'ils comptaient le temps par nuits, et qu'ils sacrifiaient toujours dans les ténèbres. Celle tradition est celle de César. On dit que César s'est trompé ; mais il pourrait bien se faire que l'opinion opposée oe fût qu'un système soutenu de beaucoup d'érudition.

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PAGE 175. Elles étaient chrétiennes.

C'est toujours le sujet.

LXXl®.

PAGB 175. Puisqu'ils avaient été proscrits par Tibère même el par Claude.

Les éditions précédentes portaient : « et par Néron ; » c'était une erreur. Dès l'an 657 de Rome, le sénat donna un décret pour abolir les sacrifices humains dans la Gaule Narbonnaise. Pline nous apprend que Tibère extermina tous les druides , et Suélone attribue les édits de proscription à Claude. (In Claudio, cap. XXVI.)

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PAGE 175. Le premier magistrat des Rhédons.

Ce magistrat s'appelait Vergobret. (César, Comment., liy. i.)

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