‹ Œuvres complètes de Chateaubriand (volume 4)Chapitre 41 sur 165 · SUR LE DIXIEME LIVRE · texte numérisé non relu

SUR LE DIXIEME LIVRE

PREMIERE REMARQUE

PAGE 178. L'ordre savant des prêtres gaulois.

Consultez, pour la science, les mœurs, le gouvernement des druides, les notes lui'', liv" et lix* du livre précédent.

II"

PAGE 178. L'orgueil dominait chez cette Barbare.

Ce caractère d'orgueil est attribué aux Gaulois par toute l'anliquité. Selon Oiodore, ils aimuieul les choses exagérées, l'euûure et l'ubscuriié du langage,

et l'hyperbole dominait dans leurs discours. Celte exaltation de sentiment dans 'Velléda prépare le lecteur à ce qui va suivre, et rend moins extraordinaire les propos, les mœurs et la conduite de celte femme infortunée.

iir.

PAGE 478. Les fées gauloises.

Voyez la note tx* du livre précédent ; le passage de Pomponius Mêla est formel : il dit que les vierges ou fées de l'île de Sayne s'attribuaient lous les pouvoirs dont Velléda parle ici. On peut, si l'on veut, consulter encore un passage de Saint-Foix, tome i, ii® partie des Essais sur Paris.

IV*

PAGE 179. Le gémissement d'une fontaine.

Les Gaulois tiraient des présages du murmure des eaux et du bruit du vent dans le feuillage. (César, liv. i.)

PAGE 180, Je sentais, il est vrai, que Velléda ne m'inspirerait jamais un attachement, etc.

C'est ce qui fait qu'Eudore peut éprouver un véritable amour pour Cymodocée.

VI®

PAGE 180. Ces bois appelés chastes.

« Nemus castum. » (Tacit., de Mor. Germ.)

vir.

PAGE 180. On voyait un arbre mort.

« Ils adoraient, dit Adam de Brème, un tronc d'arbre extrêmement haut, « qu'ils appelaient irminsul. » Celait l'idole des Saxons que Charleniagne fit abattre. (Adam Buem., Uistor., Ecoles. Germ., lib. m.) Je Iransporlel Irminsul des Saxons dans la Gaule; mais on sait que les Gaulois rendaient un cidle aux arbres, qu'ils honoraient tantôt comme Teutalès, tantôt comme dieu delà guerre , et c'est ce que signifie Irmin ou Hermaun.

Vin*.

PAGE 180. Autour de ce simulacre.

LiKus crat, longo luiiiiquam violatiis ab xvo, Obscurum ciiigens coiuiexis aei a raïuis,

Et gelidas alte summotis solibus umbras. flunc non ruricolae Panes, nemorumqje potentes Sylvani, Nymphaeque tenent, sed baibara ritu Sacra Deum ; structae sacris feialibus arae; Omnis et humanis lustiata cruoribus arbos. Si qua fidem meruit Superos mirata vetustas, lllis et volucres metuuut insidere raniis. Et lustris recubaie ferae : uec ventus iu illas In cubuit silvas, excussaque nubibus atris Fulgura : non uUis frondem praebentibus auris, Arboribus suus horror inest. Tum plurima iiigris Frontibus unda cadit, siniulacraque mœsta Deorum Arte carent, caesisq^ue extant informia truncis. Ipse situs, putrique facit jara robore pallor. Attonitos : non vulgalis sacrata figuris Numina sic metuunt ; tantuni terroribus addit, Quos timeant uou nosse Deos.

(Lccm., Phart.. lib. lii,.T. 339 et «eq.)

Ut procul Hercyniae per vasta silenlia silvae Venari tuto liceat, lucosque velusta Religione truccb, ei lobora, nnminis instar Barbarici, nostrse feriant impiine bipennes.

(Clàcdiàn., de Lauà. Stilicos.)

Quant aux armes suspendues aux branches des forêts , Arminius , eicitant ïes Germains à la guerre , leur dit qu'ils ont suspendu dans leurs bois les armes des Romains vaincus. « Cerni adhuc Germanorum in lucis sign?> romans, « quBB diis patriis suspenderit. » (Tacit., Ann., lib. i, 59.) Jornandès raconte la même chose d'un usage des Golhs.

PAGE 181. Une Gauloise l'avait promis à Dioclétien.

Dioclétien , n'étant qu'un simple officier, rencontra dans les Gaules nnc femme fée : elle lui prédit qu'il parviendrait à l'empire lorsqu'il aurail taé Aper ; aper, en latin, signifie un sanglier. Dioclétien fit la chasse aux sangliers sans succès ; enlin Aper, préict du prétoire, ayant empoisonné l'empereur Numérien, Dioclétien tua lui-même Aper dun coup d'épée, et devint le successeur de Numérien.

PAGE 181. Nous avons souvent disposé delà pourpre.

Claude, Vilellius, etc., furent proclamés empereurs dans la Gaule. Vindex leva le premier lelendard de la révolte contre Néron. Les Romains disaient que leurs guerres civiles commençaient toujours dans les Gaules.

XI'

PAGE 181. Nouvelle tpomne.

SLTt LK LiVUi: X. 37S

Il est inutile de s'étendre sur celte histoire, que tout le monde connaît : Sabinus, ayant pris le titre de César, fut défait par Vespasien ; il se cacha dans- 00 tombeau, où il resta neuf ans enseveli avec sa lemme Éponine.

xu

PAGE 183. Guitare.

Les bardes ne connatssaienl point la lyre, encore moins la harpe, comme les prétendus bardes deMacpherson. Toutes ces choses sont des mœurs fausses, qui ne servent qu'à brouiller les idées. Diodore de Sicile (liv. v.) parle de l'instrument de musique des bardes, et il en fait une espèce de cithare ou de guitare.

Xlll®.

PAUE 183. L'ombre de Didon.

Qualeni prima qui sut^ere mense,

Aut videt aut vidisse putat pcr nubila luiiam.

PAGE 183. Hercule, tu descendis dans la verte Aquitaine.

Cette fable du voyage d'Hercule dans les Gaules, et du mariage de ce héros avec la fille d'un roi d'Aquitaine, est racontée par Diodore de Sicile, (liv. v.) 1! ne donne point les noms du roi et de la princesse, mais on les trouve dan? d'autres auteurs.

ÏV*.

PAGE 184. Le sélago.

Le lecteur apprend dans le texte tout ce qu'il peut savoir sur celte planlt mystérieuse des Gaulois. L'autoiilé est Pline. (Hist., lib. xxiv, cap. xi.)

xvr.

PAGE 184. Je prsnlrai la forme d'un ramier, etc.

On a déjà vu que les druidesses de l'île de Sayne s'attribuaient le pouvoir de changer de forme. Voyez la note m' de ce livre, et la note lx* du livre précèdent.

XVII*

PAGE 184. Les cygnes sont moins blancs, etc.

Un ptssage d'Âmmicn Marcellin, cite dans la note l** du livre précèdent^

nous apprend que les Gauloises avaient les bras blancs comme de la neige. Diodore , comme nous l'avons encore vu dans la même note, ajoute qu'elles étaient belles, mais que, malgré leur beauté, les hommes ne leur étaient pas fidèles. Strabon (liv. iv) remarque qu'elles étaient heureuses en accouchant et en nourrissant leurs enfants : « Pariendo eduquandoque foetus^ felices. >

PAGE 184. Nos yeux ont la couleur et l'éclat du ciel.

Les yeux des Gauloises étaient certainement bleus; mais toute l'antiquité donne aux Gaulois un regard farouche, et nous avons vu qu'Ammien Marcellin l'attribue pareillement aux femmes. Velléda embellit donc le portrait ; c'est dans la nature ; elle sait qu'elle n'est pas aimée,

XIX®

PAGE 184. Nos cheveux sont .si beaux que les Romaines nous les empruntent.

C'est Martial qui le dit. (Liv. vin, 33; liv. xiv, 26.) Tertullien {de Cultufemin., cap. VI), et saint Jérôme (Hieronym. epist. vu.), se sont élevés contre ce caprice des dames romaines. Selon Juvénal {Sat, vi.), ce furent des courtisanes qui introduisirent cette mode en Italie.

XX*

PAGE 184. Quelque chose de divin.

Velléda s'embellit encore ; elle attribue aux Gauloises ce que Tacite dit des femmes germaines : « Inesse quin etiam sanctum aliquid et providum putant. > (Tacit., de Mot. Germ.)

XXI®

PAGE \ 86. La flotte des Francs.

Cette petite circonstance de la flotte des Francs est depuis longtemps préparée. Voyez le livre précédent et la note lxv' du même livre.

XXII®

PAGE 186. Les Barbares choisissent presque toujours pour débarquer le moment des orages.

Voyez la note iv' du livre vi.

XXIIl".

PAGE 187. Une longue suite de pierres druidiques, etc.; jusqu'à l'alinéa.

SUR LE LiVRE X. 377

C'est le monument de Cainac on Brdaiinfi, auprès de Quiberon. Il est exactement décrit dans le texte. Je n ai plus rien à ajouter ici.

PAGE 187. Sur cette côte demeureni des pêcheurs qui te sont inconnus, etc.; jusqu'à la fin de l'alinca.

Cette histoire du passage des âmes dans l'tle des Bretons est tirée de Procope. (Hist. Goth., lib. vi, cap. xx.) Comme elle est très exacte dans le texte, je n'ai rien à ajouter dans la note. Plutarque i,de Orucul. defect.) avait raconté à peu près la même histoire avant Procope.

xxv",

PAGE 188. Le tourbillon de feu.

Cette circonstance des tourbillons se trouve dans les deux auteurs cités à la not« precédente.

XXVI®

PAGE 188. Tu m'écriras des lettres que tu jetteras dans le bûcher funèbre.

« Lorsque les Gaulors brûlent leurs morts, dit Diodore (Irad. de Terrass.), • ils adressent à leurs ami? et à leurs parents défunts des lettres qu'ils jettent « dans le bûcher, comme s'ils devaient les recevoir et les lire. »

XXVIl".

PAGE 189. Je tombe aux pieds de Velléda.

Ceci remplace deux lignes trop hardies des premières édition?. L'exprcs» sion est adoucie, !e morceau n'y perd rien; il devient seulement plus chaste et d'un meilleur goût.

xxvlIl^

PAGE 189. L'enfer donne le signal de cet hymca funeste, etc.

J'ai transporté ici t^ans une autre religion les fameux vers du iv" livre d& YÉnéide :

Prima et Tclliis et Proniiha Jtiuo

Dant sigiuiiu : l'ulserc ignés, et conscius ïclhor Gonnuhiis, smnnioquc ulularuiit verlicc nvuipbx.

T. t. tô

XXIX

PAGE 190. Le langage de l'enfer s'échappa naturellement de ma bouche.

Il y a ici tout un paragraphe de supprimé. Rien dans cet épisode ne peut plus choquer le lecteur, à moins qu'il ne soit plus permis de traiter les passions dans une épopée. Si les longs combats d'Eudore, si l'exécratioD avec laquelle il parle de sa faute, si le repentir le plus sincère ne l'excusent pas, je n'ai nulle connaissance de l'art et du cœur humain.

xxx".

PAGB 190. Les cris que poussent les Gaulois quand ils veulent se communiquer une nouvelle.

. Ubi major atque illustrior incidit res, clamore per agros regionesque si- « gnificant : hune aiii deinceps excipiunt et proximis traduût. » (C^ss.^ m Comment., lib. vu.)

XXXi®.

PAGE 191. Et que du faîte de quelque bergerie.

Ardua tecta petit stabuli, et de culmine summo Pastorale canit signum, cornuque recurvo Tartaream inteudit vocem, etc.

xxxir.

PAGE 192. Comme une moissonneuse.

Jusqu'ici on avait comparé le jeune homme mourant à l'herbe, à la fleur coupée, « succisus aralro; » j'ai transporté les termes de la comparaison, et j'ai comparé Yelléda à la moissonneuse elle-même. La circonstance de la faucille d'or m'a conduit naturellement à l'image : un poète habile pourra peut-être proûter de cette idée, et arranger tout cela un jour avec plus de grâce que moi.

Ici se terminent les chants pour la patrie. J'ai peint notre double origine ; j'ai chcrctJé nos costumes et nos mœurs dans leur biTceju, et j"ai montré la religion naissante chez les ûls aînés de l'Eglise. En réunissant ces six livres et les notes de CCS livres, on a sous les yeux un corps complet de documents aullienliques louchant l'histoire des Francs et des Gaulois. C'est chez les Francs qu'Eudore est témoin d un des plus grands miracles de la charité evangi'lique; c'est dans la Gaule qu'il tombe, et c'est un prêtre chrétien de coite même Gaule qui le nppelleàla vraie reiiljiou. Ëudjre porte nécessairement dans les cachots les souvenirs de ces contrées

SUR LE tiVRE XI. 379

demi sauvages, auxquelles il doit, pour ainsi dire, et ses vertus et son triomphe. Ainsi, nous autres Français, nous participons à sa gloire, et, du moins sous uu rapport, le héros des Martyrs, quoique étranger, se trouve rattaché à notre sol. Ces considérations, peut-être touchantes, n'auraient point échappé ci la critique, si on n'avait voulu aveuglément condamner mon ouvrage, en affectant de mécoDDaltre un grand travail, et un sujet intéressant, même pour la patrie.

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