‹ Œuvres complètes de Chateaubriand (volume 4)Chapitre 42 sur 165 · SUR LE ONZIEME LIVRE · texte numérisé non relu

SUR LE ONZIEME LIVRE

PREMIERE REMARQUE

PAGE 193. La grande époque de ma vie.

Voilà qui lie absolument le récit à l'action, en amenant le repentir et la pénitence d'Eudore, et ce qui rentre dans les desseins de Dieu; desseins qui sont expliqués dans le livre du Ciel.

PAGE 194:. Il me nomma préfet du prétoire des Gaules.

J'ai dit plus haut qu'Ambroise était le fils du préfet du prétoire des Gaules; mais je suppose à présent que le père d'Ambroise était mort , ou qu'il oe possédait plus cette charge.

PAGE 194. Je m'embarquai au porl de Nîmes. Voyez la Préface.

IV*

PAGE 194. Marcellin m'admit au repentir.

Pour les erreurs du genre de celles d'Kuilore, l'expiation élart de sept ans : ainsi Marcellin fait une grâce au coupable en ne le laissant que cinq ans hors de l'Église. Les premières éililiousdos .Uar/i/rs doniiaionl sept ans à la péuiteoce du fils de Laslhéuès ; ce qui était la totalité du louips canonique.

PAGE 194. Il était encore en Egypte.

On se souvient que lorsque Eudore partit pour les Gaules, Dioclélien était allé pacifier l'Egypte, soulevée par un tyran qui prélcudait à la pourpre. (Voyez liv. v et liv. is..)

PAGB 194. Môle de Marc-Aurèle.

Peut-être Civita-Vecchia.

PAGB 195. Porter du blé destiné au soulagement des pauvres.

On lisait dans les éditions précédentes ; » Chercher du blé. » (Voyez la Vie de saint Jean l'Aumônier, dans la '■ ie des Pères du désert, trad. d'Arnauld d'Andilly, page 350.)

VIII®

PAGB 195. Utique... Carthage.. Marius... Gaton, etc.

Voici un ciel, un sol, une mer, des souvenirs bien différents de ceux des Gaules. J'ai parcouru cette roule d" Eudore : si le récit de mon héros fatigue, ce ne sera pas faute de variété.

IX*

PAGE 196. A la vue de la colline où fjt le palais deDidon.

En doublant la pointe méridionale de la Sicile, et rasant la côte de l'Afrique pour aller en Egypte, on pouvait apercevoir Carthage. J'aurais beaucoup df choses à dire sur les ruines de cette ville, ruines plus considérables qu'on ne le croit généralement ; mais ce c'est pas ici le lieu.

PACB 196. Une colonne de fumée.

Mœnia respicienS, quaejafA inreiicis Elis» Collucent fluiutuis. Qnx tanlutn arconderit ignem Causa latct.

[Mn»(i., t.)

Xl"

PAGE 196. Je n'étais pas comme Énée.

Mais Eudore était le descendant de Pbilopœmen et le dernier représeolaDt des grands hommes de la Grèce.

XIl".

PAGE 196. Je n'avais pas comme lui... l'ordre du ciel.

Eudore se trompe : il suit les ordres du ciel, et l'empire romain lui devra son salut , puisque cVst par sa mort que le christianism»: va monter sur le irône des Césars; mais le fils de Laslhénès ignore ses hautes destinées, et les maux qu'il a causés humilient son cœur.

Xlll®.

PAGE 496. Le promontoire de Mercure, et le cap où Scipion, etc.

Le promontoire de Mercure, aujourd'hui le cap Bon, selon le docteur Shaw et d'Anville. Scipion, passant en Afrique avec son armée, aperçut la terre, et demanda au pilote comment celte terre s'appelait : « C'est le cap Beau, > répondit le pilote. Scipiou fit tourner la proue vers ce côlé. (Tite-Live, liv. x.)

XIV*

fASE 196. Poussés par les venis vers la petite sirte.

Je passai cinq jours à l'ancre dans la petite sirle, précisément pour éviter le naul'raîie que les aiu'ieiis Irouvaienl dans ce golfe. Le fond de la pclile sirte m toujours s'elevanl ju^qu■au ri\age : de sorte qu'en mai chant la sonde à la main on vient mouiller sur un bon lond de sable, à telle brasse ijue l'on veut. Le peu de proiondeur de l'eau y rend la mer calme au mdieii des plus grands vents; et celte sirle, si dangereuse pour les bani'.es des anciens, est une .'Spèce de port en pleine mer pour les vaisseaux moJernes.

XV®

PAGE 196. F..a tour qui servit de retraite au grand Annibal.

« Une péninsule, dit d'Anville . où se trouve une pl,:ce que les Francs • nomment Afrira , paraît avoir été l'en'placement de ï'urr.s A ni'. ■Us , d'oii » ce fameux Carlliaginois, toujours redouté des Romains, partit en (inillaot « l'Aliique pour se retirer en Asie. »

XVi*.

PAGE 196. Je croyais voir ees vielimcs de Verres.

Allusion à ce beau i)assage de la v' Yerrinf , chap. clviii, où Cicéron mon-

trait un citoyen romain expirant sur la croix par les ordres de Verres, à la vue des côtes de l'Italie.

XVII®

PAGE 196. L'île délicieuse des Lotophages.

Probablement aujourd'hui Zerbi. Ou mange encore le lotus sur toute cette côte. Pline dislingue deux sortes de lotus. (Liv. xiii, chap. xvii. Voyez aussi l'Odyssée.)

XVIII*

PAGE 496. Les autels des Philènes, et Leptis, patrie de Sévère.

Pour l'ordre, il aurait fallu Leptis et les autels des Philènes ; mais l'oreille s'y opposait. « Philenorum arce , monument consacré à la mémoire de deux « frères carthaginois qui s'étaient exposés à la mort pour étendre jusque-là « les dépendances de leur patrie. » (d'Anville.) Leptis, une des trois villes d'où la province de Tripoli prit son nom. Sévère et saint Fulgence étaient (te Leptis. Il existe encore des ruines de cette ville sous le Liba,

XIX

PAGE 196. Une haute colonne attira bientôt nos regards.

En revenant en Europe, je suis demeuré plusieurs jours en mer en vue de la colonne de Pompée, et certes je n'ai eu que trop le temps de remarquer son effet à l'horizon, Ici commence la description de l'Egypte. Je prie le lecteur de la suivre pas à pas et d'examiner si on y trouve de l'enflure, du galimatias et le moindre désir de produire de l'effet avec de graqds mots : je puis me tromper, car je ne suis pas aussi habile que les critiques; mais je suis bien sûr de ce que j'ai vu de mes yeux, et, malheureusement, je vois les choses comme elles sont.

XX*

PAGE 196. Par PoUion, préfet d'Egypte

C'est ce que porte l'inscription lue par les Anglais, au moyen du plâtre qu'ils appliquèrent sur la base de la colonne. Je crois avoir été le premier ou un des premiers qui aient fait connaître celle inscription en France. Je l'ai rapportée dans un numéro du Mercure, lorsque ce journal m'appartenait.

XXI*

PAGE 197. Le savant Dydime.

Il y a deux Didymes, tous deux savants : le second, qui vivait dans le

quatrième siècle, était chrétien, et versé également dans l'antiquité profane et sacrée. On peut supposer sans inconvénient que le second Didyme est l'auteur du Commentaire sur Homère. Il occupa la chaire de l'école d'Alexandrie : c'est pourquoi jclappelle successeur d Aristarque, qui corrigea Homère, et qui fut gouverneur du frère de Ptolémee Lagus. J'ai voulu seulement rappeler deux noms chers aux lettres.

XXII®

PAGE 197. Arnobe.

Continuation du tableau des grands hommes de l'Église à l'époque de l'action : ce sont à present ceux de l'Église d'Orient. Il y a ici de légers anachronismes, encore pourrais-je les défendre et chicaner sur les temps ; mais ce a'est point de cela qu'il est question.

XXIIÏ

PAGE 197. Dépôt des remèdes et des poisons de l'âme.

On connaît !a fameuse inscription de la bibliothèque de Thèbes en Egypte : ^\)Xns ioi.Tptiov . N'est-il pas plus juste pour nous avec le mot que j'y ai ajouté ?

XXIV"

PAGE 197. Du haut d'une galerie de marbre, je regardais Alexandrie, etc.

J'ai souvent aussi contemplé Alexandrie du haut de la terrasse qui règne sur la maison du consul de France ; je n'apercevais qu'une mer nue qui se brisait sur des côtes basses encore plus nues, des ports vides et le désert lybiqiie s'enfonçant à l'horizon du midi. Ce désert semblait, pour aiii.^i dire, accroître et prolonger la surface jaune et aplanie des flots; on aurait cru voir une seule mer, dont une moitié était agitée et bruyante, et dont l'autre moitié était immobile et silencieuse. Partout la nouvelle Alexandrie mêlant ses ruines aux ruines de l'ancienne cité; un Arabe galopant au loin sur un âue, au milieu des débris; quelques chiens maigres dévorant des carcasses de chameajiix sur une grève désolée; les pavillons des divers consuls européens flottant au-dessus de leurs demeures, et déployant, au milieu des tombeaux, des couleurs ennemies -. tel était le spectacle.

Je vais citer un long morceau de Strabon , qui renferme une description complète d'Alexandrie, et qui servira d'itutorilé pour tout ce (\uq je dis dans mon texte sur les monuments de cotte ville, sur le cercueil de verre d'Alexandre, etc., etc. Comme les savants ennemis des Mitriurs. qui ont tout lu sur l'Egypte, sont sans doute très versés dans lAntiquité, ils seront bien aises de trouver ici l'original de ma description. Je ne leur forai pas l'injure de traduire le morceau ; mais j'es|)ore alors qu'ils lanceront le géographe grec, pour son ignorance et la fausseté de ses assertions.

EffTt Ss )(}.<x[jt.jBo-tB's; tÔ ayTii^v. toO eS/^ouç T>5f rrôXswç * ou Ta fxsv s-i

xo(yà xâÀ/tffTa v.kî tk Sxail-i», Te-raoTov, vî y.at toîtov toO Travrôç 7riot*ô>,oj uépoç ' Twv yàû pact/î'wv £xa(7Toç ûaizîp Tolç xoivot? àva^rjuaTt 7r^o»sytXox«^Et Ttvà xôfffiGV, oJTw -/.at otx/jO'tv tâia Trs^tîoâXXsTO îrpo? T«îf uTra^j^oûcaiç, «çtê

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«TTavra pihroi Trjxffi x«t à).)./iÂOtç x«î tw y^thi^ r.aù ôva. ê^« aiJTOv. Twv Bs Saiyiîlêiwv u.iç,oç i^Tt xaî to MovtcÎov I';^ov tîîûLtzkto-j zai îlî'Spav, x«i ol/.ov uéyxD, h M tÔ c-Jijijivtov twv jUïTc/^Ôvtwv toO Mo'Jffîiov ytXoXôywv sivSpàiv. EffTt ièm (T'JvôSw TavT/j "/.ai yûy'iU.v.TV. x.O'.và, xai izptxj; o èni tw MojTîiw TïTayuc'vof , tÔtî (xèv ÛttÔ twv paTtiiwv, vûv 5 Ùtto K.at(Taoo;. MiîOf Si twv ^ao-iXstwv ècr» xaî TÔ xaîioûy.ïvov Sijfta, ô mpi^o'Xoç ^v, Iv w a? twv jSao-iXéwv Tayat, xaî ^7 ÀXîÇavSoou * £o9>j yàû tô aUtix àyrXôp^vof IlcoStxxav b tqw Aàyov IlToXîpiaîo?, xaTa/.ofiiÇovTa èx -r,ç BaovXoivj?, xat £XT^;7T">ft£vov Ta-jro xarà rXioviÇiav xat ÈÇtStao'uôv TÀf AîyJTtTOJ, xat Si) xat à7rw).£T0 Stao'îaîîtç ùnrô twv «TToartwTWi», ÈtteXSÔvto? toO IlToXîfiaîoj xat xaTaxXiiaavTo? aùrôv sv vrifTw spripir) ' èxftvof lièv ouv àTTé'Qavsv £pi7r£ûi7rap£Î; Taîf axpiTtjai;^ sTCîldi'jrMv ètz aÙTÔv twv ffTpa- TtwTwv* ffùv a-JTM Se xat ot paTt).£tç, ApiSaîôç T£, xaî Ta TratSta Ta AX£^âvSooy, xa't h yutiYi PwÇavTj xTrr,pzi) stç MaZïSovîav ' tÔ (Je ffw|ita TOÛ AXsÇâvSoou xo^tVaf b nTO^Eaatoç IxïiSîJffîV £v Tn AX£;«v5s£ia, okom vûv c'Vt xîtTai * où |xàv èv tjj aÙTTj TTueî^w ■ \)x\hr) yàp xZrn^ £X£tvo; 5 £v XP'^'^V ^*T£'^'!"''-^v. EffyXïjTs 8 aùrriv 0 KÔXXT3?, xat UxpzifTy.y.To; £7rtx>rj0£tj nTo).£,iAaïoç, £*x ta; l\>pia.ç ètteX^wv, xa{ ÈX7r£(rww EÙ9ÙÇ, wffT* àvôwjya aÙTu Ta ffwXa ysiétrOat.

EoTt 8s èv TW y.îyâXw ).tf/£'vt xaTa |ii£v tÔv EtUTrXoyv iv ScÇiâ ij v^9»c xat 0 nitpyoç 0 *âoof " zaTa Si T/jv £T£->av X-'P* "' '''^ X^'P^^=?> '*^^ 'î Ao;j«.àç aixau, e/ovTa Sa(Tt"A££ov. EtTTrXîJaavTi d^ iv ioL^xspx iuTt o-JVê;;^/ toîç èv tij Ao;i^tâSt Ta èv:?OTs'ûw SaTt).£ia, TvoW.àf xat 7rotx(Xaf e^ovTa StatTa; xai aXoij * to'jtoiç S' VTTÔxctrat ô, te -xp-jnToç Xifx»iv xat xXeittoj tt?toj twv jSaTtXswv, xat 1^ Âvrippo- 3o;, v)j5-iov 7r|iOXSÎ^£Vov Toi ôpyxTOÛ ).ttt:vo;, PaTt^Etov aua xai Xt;:tévtov £';ijov * ixà).£ffav S ovTwç, ciç av td PôSw sviatA).ov. VTripxîtTat 8$ toutou to Qéenpott ' ti-x 7Ô rioTitSiov, iyxwv tiç aTrô Toû EutodÎow xaXo'Jfiivou TTjBOTrTrTwxwf, «X"* r-covIloiTî'.'i'wvo; • w TrpofxOïiç X".'*" Àvr^vto; £Tt tià^XoM n'povôûov stf cxio-ov TÔ» liaiva. éirl tw âxpw xaT£(TX£yaT£ StaiTav ^XTiki^riv, rjv Tiftwviov Trpo^Tiyôpeua-e. ToÛTO 8' tnoct'!^z TÔ T£X£yTaîov, ^vixa TrpoXctyÇEtj Ûttô twv yt'Xwv àurtptv ti( ÀA£?àv8&£iav {*£rà tijv èv ÀxTtw xaxojrpayt'av, Tipiwviov aÙTw xoîvaç tov XotTrô» Stov, ov SiàÇîfv ftiEAXEv ipr)p.oç twv totojtwv yîXwv. Etra to Ka'.ffâotov xaî TO Èy-noptlov, xai àno7Tâ(i£tç * xai paru, zxûto. rà. v£w/3ta p-ix,pt ToO «7rT«TTa(?tou. TaÛTa «iv Ta iroô tov uiyav Xtuiva.

E^Âf 8 EvvôffTOu Xtpfiv i^tSTa to ETrTaTTzOïov * xat vrcep to-jtow opvxroÇy 0» xat KtÇwTÔ» xaXoOfftv, É';irwv xai aÙTOf vewota. Èv<?oT£pw 8i towtou 8twouÇ ff).wTÀ p^'XPt TÂî Xtpvïiç zixxp.hr) TA; MapswTiSof * i'Çw /xiv oGv t^ç 8tw/>vyoc /xtx^ôv i'Tt XeirteTat xiiç ifolzug • etô' li NEx^ôjroXtf, xai to tt^okittsiov, èv w xâttoi

T» 7ro^).ot y.cri ra.'^v.i v.wTay&jyxi, ir^'jç rùç rvûi.y^iiot,ç twv vsxpwv sTrtrflS-tat.

truf Stà Tïiv Tojv Vcûv xo(T«;xeu))v tûv èv N(7.o7:ô).£(.

(Strab., jRer. geogr., lib. xvii.)

XXV®

PAGE 198. Comme une cuirasse macédonienne.

Commenl ai-je pu traduire le mot chlamydes de l'original par cuirasse? Voilà bien ce qui prouve que mes descriptions ne sont bonnes que pour ceux qui n'oni rien lu sur l'Egypte. Aurais je par hasard qucjque autorité que je me plaise à cacher, ou n'ai-je eu l'intention que d'arriver à l'image Urée des armes d'Alexaudre? C'est ce que la critique nous dira.

XXVI®

PAGE 198. Ces vaillants qui sont tombés morts.

« Et non dormient cum forlibus cadenlibus... qui posueruntgladios sues sub « capilibus suis. » (Ezecuiel, cap. xxxu, v. 27.)

XXVll®.

PAGE 199. Qui vient de se baigner dans les flots du Nil.

Les eaux du Nil, pendant le débordement, ne sont point jaunes, ainsi qu'on l'a dit ; elles ont une teinte rougeâtre comme le limon qu'elles déposent : c'e: t ce que tout le monde a pu observer aussi bien que moi.

XXVllI*.

PAGE 199. Un sol rajeuni tous les ans.

Voilà toute la description de l'Egypte : il me semble que je ne dis rien ici d'extraordinaire ni d'étranger à la pure et simple vérité. L expression sans doute est à moi; mais si j'en crois d'assez bons juges, je ne dois avoir nulle inquiétude sur ce point.

XXIX®

PAGE "200. Pharaon est là avec tout son peuple, et ses sépulcres sont autour de lui.

Je ne sais si l'on avait remarqué avant moi ce passage des Prophètes qui peint si bien les Pyramides. J'avais ici un vaste sujet damiilificalion, et pourtan', je me suis contenté de peindre rapidement cet imposanj spectacle; il faut se taire, après Bossuel, sur ces grands tombeaux. En remoiilanl le îsi' poiu" aller au Caire, lorsque j'aperçus les Pxraîuides, elles me preseulèuii! • T. I. ' St)

"386 BEMARQUES

Tiffiage etptitnée dans te texte. La beauté du ciel, le NU, qui ressemblait alors àiine petite mer; le mélange des siblesdu déseil et d(^s la|Ms de la plus fraîche verdure; les palmiers, les flômes des musquées, les minarets du Caire, les Pyramides loinlaiuos de Saccara, d'où le lleuve semblait sorllr couimc de ses immenses réservoirs : tout cela furmait un tableau qui n'a point sùn pgal dans le reste du monde. Si j'usais comparer quelque cliose à ces sépulcres des rois d'Egypte, ce seraient les sepulcr^'S des Sauvages sur les rives de I Ohio. Ces monuments, ainsi que je lai dit dans Aiala , peuvent être appelés les î*yramides desMéserls, et les bois qui ;cs ein iroiuicnl sont les i)alais que la main de Dieu éleva à i homme-roi ense\ eli sous te luoirt du Tombeau.

PAGE 200. Baignée par le lac Achcrus, oùCaron passait les moHs.

« Ces plaines heureuses, qu'on dit être le séjour des justes morts, ne sont à

« la lettre que les belles campagnes qui sont aux environs du lac d'Acherus,

« auprès de Memphis, et qui suiil partagées par des champs et par des étangs

« couverts de blé ou de lotos. Ce n'est pas sans fondement qu'on a dit que les

« morts habitent là; car c'est là qu'on termine les funérailles de la plupart

• des Egyptiens, lorsque, après avoir fait traverser le Nil et le lac d'Acherus à « leurs corps, on les dépose enfin dans des tombes qui sont arrangées sous « terre en cette campagne. Les cérémonies qui se pratiquent encore aujour- « d'hui dans l'Egypte conviennent à tout ce q-ie les Grecs disent de l'enfer. « comme à la barque qui transporte les corps , à la pièce de monnaie qu il « faut donner au nocher, nomme Caiou en langue égyplienne, au lemple de la

• ténébreuse Hécate, placé à l'entrée de l'enfer; aux portes du Cocyle et du

• Letlie, posées sur des gonds d'airain; à d'autres portes, qui sont celles de « la Vente et de la Justice, qui est sans tète. » (Diodokk, liv. i, traduct. de Terrassou. )

XXXI*

PAGK 200. Je visitai Thèbes aux cent portes.

« Busiris rendit la ville de Thèbes la plus opulente, non-seulement de

• l'Egypte, mais du monde entier Le bruit de sa puissance et de ses richesses

• s'elaol répandu partout, a donné lieu à Homère d'en parler eo ces lerntes .-

Non, quand il m'offrirait, pour calmer mes transports. Ce que Ttièbes d'Essypte eufeime de trésors, Thèbes qui, dans la plaine envoyant ses cofiortes, Ouvre à vingt mille cliars ses cent fameuses portes.

• Néanmoins, selon quelques auteurs, Thèbes n'avait point cent portes; mais,

• prenant le nombre de œnt pour plusieurs, elle était surnommée Hécatom- « pyle, non peut-être de ses portes, mais des grands vestibules qui étaient à « l'entrée de ses temples. » (Dioooab, liv. i, seet. ii, Irad. de Icrrassou.)

XXXII*

*AGB 100. Tentyra aux ruines magnifiques.

SUR LE trYRE XI. 39^

Aujotird'hui Dendéra. Je la suppose ruinée au temps d'Endore, el telle qu'elle est aujourd hui. Une foule de villes égyptiennes n'existaient déjà plu? du temps des Grecs el des Romains, et ils allaient comme nous en admirer les ruines. Je donne ici mille cites à l'Egypte : Diodore en compte trois mille ; el, selon le calcul des prêtres, elles s'étaient élevées au nombre de dix-huit mille. Si l'on en croyait Théocrite, ce nombre eût été encore beaucoup plus considérable. Dioclétien lui-même détruisit plusieurs villes de la Thébaïde, eo étouffant la révolte d'Achillée.

XXXIII®

PAGE 200. Qui donna Cécrops et Inachus à la Grèce, qui fut visitée, etc.

Cécrops fonda Athènes ; et Inachus, Argos.

Parmi les sages qin ont visite l'É,:^y|jte, Diodore compte, d'après les prêtres égyptiens, Orphée, Musée, Melampe, Dédale, Homère, Lycurgue, Solon, Platon, Pyihagore, Eudoxe, Democrite, Œnopidès. ( Liv. i. ) J'ai ajouté les grands personnages de l'Écriture.

XXX IV®

PAGE 200. Cette Egypte, où le peuple jugeait ses rois, etc.

Je citerai Rollin, tout à fait digne de figurer auprès des historiens antiques : « Aussitôt quun homme était mort, on l'amenait en jugement. L'accusateur ■« public était écoulé. S'il prouvait que la conduite du mort eût été mauvaise, « on en condamnait la mémoire, et il était privé de la sépulture. Le peuple « admirait le pouvoir des lois, (|ui s'étendait jusqu'après la mort ; et chacun, « touché de l'exemple, craignait de déshonorer sa mémoire et sa famille Que. « si le mort n'était convaincu d'autre faute, on l'ensevelissait honorablement.

« Ce qu'il y a de plus étonnant dans cette enquête publique établie contre « les morts, c'est que le trône même n'en mettait pas à couvert. Les rois étaient • épargnés pendant leur vie, le repos public le voulait ainsi ; mais ils n'étaient « pas exempts du jugement qu'il fallait subir après la mort, et quelques-uns « ont été privés de sépulture. » ( Rollin, Hist. des Egypt. )

xxxv".

PAGE 200. Où l'on empruntait en livrant pour gage le corps d'un père.

« Sous le règne d'Asychis, comme le commerce soufirait de la disette d'ar- « gent, il publia, me dirent-ils, une loi qui défendait d'emprunter, à moins « qu'on ne donnât pour gage le corps de son père. On ajouta à cette loi que le « créancier aurait aussi en sa puissance la sépulture du débiteur, et que si « celui-ci refusait de payer la dette pour laquelle il aurait hypittlnHine ud « gage si précieux, il ne pourrait être admis, après sa mort, dans la sepul- « ture de ses pères, ni dansquehpie autre, eW(|u'il ne pourrait, après lo irep:is « d'aucun des siens, leur rendre cet honneur. » ( Hérodote, liv. m, traducl. de M. Larcher. )

XXXVI*

p.tGE 200. Où le père qui a^ ait tué son fils, etc.

« On oe faisait pas mourir les parents qui avaient tué leurs eufauls, mais

388 BEMARQUES

• on leur faisait tenir leurs corps embrassés trois jours et trois nuits de suite, c au milieu de la garde publique qui les environuail. » ( DioDoRti, liv. n, IraductiOQ de Terrassoo. )

XXXVII®

PAGE 200. Où l'on promenait un cercueil autour de la table du festin.

« Aux festins qui se font chez les riches, on porte après le repa?, autour de « la salle, un cercueil avec une figure en bois, si bien travaillée et si bien « peinte, qu'elle représente parfaitement un mort. Elle n'a qu'une coudée ou « deux au plus. On la montre à tous les convives tour à tour, en leur disant: « Jetez les yeux sur cet bomme, vous lui ressemblerez après votre mort ; « buvez donc maintenant et vous divertissez. » (Hérodote, liv. ii, traduct. de M. Larcher. )

XXXVIII®

PAGE 200. Oii les maisons s'appelaient des hôtelleries, et les tombeaux des maisons.

« Tous ces peuples, regardant la durée de la vie comme un temps très « court et de peu d'importance, font au contraire beaucoup d'attention à la « longue mémoire que la vertu laisse après elle. C'est pourquoi ils appellent « les maisons des vivants des hôtelleries par lesquelles on ne fait que plisser ; t mais ils donnent le nom de demeures éternelles aux tombeaux des morts, « d'où l'on ne sort plus. Ainsi, les rois ont été comme inditîéreuts sur la con- « struction de leurs palais, et ils se sont épuisés dans la construction de leurs c tombeaux. » ( Dioooaë, liv. i, traduct. de Terrassoo: )

XXXIX'

PAGE 200. Leurs symboles bizarres ou effrontés.

Non-seulement j'ai lu quelque chose sur l'Egypte, comme on vient de le voir, mais jeu connais assez bien les monuments ; et quand je dis qu'il y avait des symboles effrontés à Thebes, à Memphis et à Hieropolis, je ne fais que rappeler ce que la gravure a rappelé depuis Pococke, et rappellera sans doute encore. Cette noie xxxix' termine la description de l'Egypte idolâtre : il n'y a, comme ou le voit, pas une pliraH\ pas un mot qui ne soit appu\é sur une puissante autorité, et Ion peut renianiucr que j'ai ronformi' en quelques lignes toute l'histoire de l'É,:;) pie ancienne, sans omettre u:j seul fait essentiel. Dans la description de l'Egypte chrétienne qui va suivre, dans la peinture du désert, j'aurais pu m'en rapporter à mes pro|)res yeux, et mon témoignage suffisait, comme celui de tout autre voyageur. On verra pourtant que mes récits ^ont confirmés par les relations les plus authentiques. Francheinenl, je suis plus fort que mes ennemis en tout ceci ; et pui>qu'ils m'y ont forcé par l'allatiue la pins bizarre, je suis oblige de leur prouver qu'ils ont parlé de ciioscs qu'ils n'culcndeut pas.

SUR LE LIVRF Xî. 389

XL"-

PAGE 201. Il venait de conclure un traité avec les peuples de Nubie.

Par ce traiié, Bioclétien avait cédé aux nlhiopiens le pays qu'occupaient les Romains au-delà des cataractes.

XLl®«

PAGE 201. Figarez-vous, seigneurs, des plages sablonneuses, etc.

' Nous partîmes de Benisolet, dit le père Siccard, le 2o, pour aller au village de Baiad, qui est à l'orient du fleuve. Nous prîmes dans ce village des guides pour nous conduire au désert de Saint-Antoine. Nous sortîmes de Baiad le 26 mai , montés sur des chameaux , et escortés de deux chameliers. Nous marchâmes au nord le long du Nil, l'espace d'une ou deux lieues, et ensuite nous tirâmes à l'est pour entrer dans le célèbre désert de Saint-Antoine, ou de la Basse-Thébaïde... Une plaine sablonneuse s'étend d'abord jusqu'à la

gorge de Gebe'ï Nous montâmes jusqu'au somuiet du mont Gebeï.

Nous découvrîmes alors une plaine d'une étendue prodigieuse

Son terrain est pierreux et stérile. Les pluies , qui y sont fréquentes en hiver, forment plusieurs torrents; mais leur lit demeure sec pendant tout l'été... Dans toute la plaine, on ne voit que quelques acacias sauvages, qui portent autant d'épines que de feuilles. Leurs feuilles sont si maigres, qu'elles n'offrent qu'un médi icre secours à un voyageur qui cherche à se mettre à l'abri du soleil bridant. » {Lett. édif., tom. v, pag. 191 et suiv.) Jusqu'ici, comme on le voit, je n'ai rien imaginé; et le père Siccard, qui passa tant d'années en Egypte; ce missionnaire, qui savait le grec, le cophle, l'hébreux, le syriaque, l'arabe, le latin, le turc, etc., n'avait peut-être rien lu sur l'Egypte, ni rien vu dans ce pays. J'ai substitué seulement le nopal à l'acacia, comme plus caractéristique des lieux. Me permeltra-l-on de dire que j'ai rencontré le ncpal aux environs du Caire, d'Alexandrie, et en général dans tous les déserts de ces contrées ? Cependant, si on ne veut pas qu'il y ait des nopals en Orient, malgré moi et malgré presque tous les voyageurs, je capitulerai sur ce point.

Il faut pourtant que j'apprenne à la critique une chose qu elle ne sait peutêtre pas, et le moyen de m'attaquer. A l'époque où je place des nopals en Orient, il y a anachronisme en histoire naturelle. Les cactus sont américains d'origine. Transportés ensuite en Afrique et en Asie, ils s'y sont tellement multipliés , que la chaîne de l'Atlas en est aujourd'hui remplie. Quelques botanistes doutent même si ces plantes ne sont point naturelles aux deux continents. Un seul végétal introduit dans une contrée suflil pour changer l'aspect d'un paysage. Le peuplier d'iudie, par exemple, a donné un autre aspect à nos vallées. J'ai peint et j'ai dû poindre ce que je voyais eo Orienl, sans égard à la chronologie de l'histoire naturelle.

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