XLII
PAGE 201. Des débris de vaisseaux péfrifiés.
« Sur le dos de la plaine, dit le père Siccard, on voit de distance eu distance
« des mâts couchés par terre, avec des pièces de bois flotté qui paraissent « venir du débris de quelques bàtimenis ; mais, quand on veut y porter la « main, tout ce qui paraissait bois se trouve être pierre. » {Lett. édif., lora v, pag. 48.) Me voilà encore à l'abri. Il est vrai que le père-Siccard raconte cette particularité du désert de Scété et de la 7ner sans eau, et moi je la placf dans le désert de la basse Thebaïde; mais un autre voyageur dit avoir rencontré les mêmes pétrifications en allant du Caire à Suez : il diffère seulement d'opinion avec le missionnaire sur la nature de ces pétrilicatious.
XLIII*
PAGE 202. Des monceaux de pierres élevés de loin à loin.
« Nous traversâmes, dit encore le père Siccard, le chemin des Anges; c'est
< ainsi que les chrétiens appellent une longue traînée de petits morceaux dft
< pierres dans l'espace de plusieurs jouriiées de chemin : cet ouvrage
« servait autrefois pour diriger les pas des anachorètes car le sable de ces
« vastes pleines, agité par les vents, ne laisse ni sentier ni trace marquée. • (Lettres édif.^ tom. v, pag. 29.)
XLIV*
PAGE 202. L'ombre errante de quelques troupeaui de gazelles, etc.; jusqu'à l'alinéa.
« Les vestiges de sangliers, d'ours, d'hyènes, debœufs sauvages, de gazelles, « de loups, de corneilles, paraissent tous les matins fraîchen)enl imprimés sur . le sable. • fLe père Siccard , Lettr. édif., tom. v, pag. 41. ) J ai souvent entiîndu la nuit le bruit des sangliers qui rongeaient des racines dans le sable : ce bruit est assez étrange i)our m'avoir fait plus dune fois interroger mes guides. Quant au chant du grillon, c'est une petite circonstance si dislinctive de ces aftreuses solitudes, que j'ai cru devoir la conserver. C'est souvent le seul bruit qui interrompe le silence du désert lybique et des environs de la mer Morte ; c'est aussi le dernier son que j'aie entendu sur le rivaee de la Grèce, en m'embarquant au cap Sunium pour passer à l'île de Zéa. Peindre à la mémoire le foyer du laboureur, dans ces plaines où jam.ais une fumée champêtre ne vous appelle à la lente de l'Arabe; présenler au souvenir le contraste du fertile sillon et du sable le plus aride, ne m'ont iwinl paru des ':hoses que le goût dût proscrire, et les critiques que j'ai consultés ont tous été d'avis que je conservasse ce trait.
ILv^
fUit 202. Il enfonçait ses naseaux dans le sable.
Tous les voyageurs ont fait celte remarque, Pocncke , Shaw . Siccard , Niebhur, M. de Volney, etc. J'ai vu souvent moi-nu^me les chameaux souffler dans le sable sur le rivage de la mer, a Smyrne, à Jaffa et à Alexan<lrie.
XLVà*.
*AGE 202. Par intervalle, l'autruche poussait des sons lugubres.
SUR LE LIVRE XI. 39 f
Sorte de ai attribué à l'autruche par toute l'Écriture. (Voyez Job ei
IfiCHËË.)
XLVir.
PAGE 203. Le vent de feu.
C'est le kamsin. Il n'y a point d'ouvrage sur l'Egypte et sur l'Arabie qui oe parle de ce vent lornble. Il tue quelquefois subilemenl les chameaux, les chevaux et les huiuiues Les anciens 1 ont conuu, comme ou peut le remarquer dans Plutarque.
XLVIIl*.
PAGE 203. Un acacia.
(V4>y€2 laoole xli».)
XLIX*
PAGE 203. Le rugissement d'un lion.
On prétend qu'on ne voit pa^ de lions! dans les déserts de la Basse-The— baïde : cela peut être. On sait, par l'autorité d'Aristote, qu'il y avait autrei'ois des lions en Europe, et môme en Grèce. J'ai suivi dans mon texte l'Histoire des Pères du désert ; et je le devais, puisque c'était mon sujet. On lit donc dans mon //istotre que ces grands solitaires apprivoisaient des lions, et que ces lions servaient quclqut'rois de guides aux voyageurs. Ce furent deux lions qui, selon saint Jérôme, creusèrent le tombeau de saint Paul. Le père Siccard assure qu'on voit rarvment des lions dans la Basse-Thébaïde, mais qu'on y voit beaucoup de tigres, de chamois, etc. {UUr. édif., tom. v^pag. ±\^.)
PAGE 203. Un puits d*ea\) fraîche.
« L'aurore, dit le père Siccard. nous fit découvrir une touffe de palmiers « éloignée de nous d'environ q;ialre ou cinq milles. Nos conducteurs nous « dirent que C3S palr.iii'rsomt)ragoaient un petit marais, dont l'eau, quoique « un peu salée, était bonne à boire. » {Lettres édif., tum. v, pag. 196.)
Ll*.
PAGE 204. Je commençai à gravir des rocs noircis et calcinés.
« Le monastère de Saint-Paul, où nous arrivâmes, est situé à l'orient, dans « le cœur du mont Colzim. Il e^t environné île profondes ravines et de coteaux • stériles dont la surface est noue. » ^Le père Siccaro, Leitr. édif., tom. v, pag. 250.)
Lll°.
PAGE 204. Au fond de la grotic.
• 11 (Paul) trouva uue muutague pierreuse, auprès du pied de iaouelle etai$
« une grande caverne dont l'entrée était fermée avec une pierre, laquelle « ayant ele levée pour entrer, et regardant atlenlivemenl de tous côtés par « cet instinct naturel qui porte rhdomme à désirer de connaître les choses « cachées, il aperçut au dedans comme un grand vestibule qu'un vieux pal- « mier avait formé de ses branches en les étendant et les enlaçant les unes « dans les autres, et qui n'avait rien que le ciel au-dessus de soi. 11 y avait là « une fontaine d'eau très claire, d'où sortait un ruisseau qui à peine com- » mençait à couler, qu'on le voyait se perdre dans un petit trou, et être en- « glouti par la même terre qui le produisait. » (Vie des Pérès du désert, traduction d'Arnauld d'Andilly, tom. i, pag. 5.J
LUI®
PAGE 205. Comment vont les clioses du monde?
Ainsi Paul, en souriant, lui ouvrit la porte ; et alors s'étant embrassés € diverses fois, ils se saluèrent et se nommèrent tous deux par leurs propres « noms, ils rendirent ensemble grâces à Dieu; et après s'èlre donné le « saint baiser, Paul s'étant assis auprès d'Antoine, lui parla de cette sorte : « Voici ce'ui que vous avez cherché avec tant de peine, et dofit le corps flé- « tri de vieillesse est couvert par des cheveu-x blancs tout pleins de crasse Voici « cet homme qui est sur le point d être rednil en poussière. Mais puisque la « chiiritéue trouve rien de diflici.le, diles-moi, je vous supplie, comme va le « monde? Fail-on de nouveaux bâtiments dans les ancienne? villes? Qui « est celui qui règne aujourd hui? • {Vie des Pères du désert, traductioû d'Ar- « nault d'Andilly, tom i, pag. iO.)
LÏV®.
PAGE 203. Il y a cent treize ans que j'habite cette grotte.
« Y ayant déjà cent treize ans que le bienheureux Paul menait sur la terre « une vie tonte cdeste, et Antoine, âge de iiualre-vin^l-dix uis ,comme il « l'assurait souvent), demeurant dans une autre solitude, il lui vint en pensée « que nul antre que lui n avait passe dans le désert la vie d'un parfait et « véritable solitaire. » Vie des Pères du déseri, traduction d Arnaull d'Andilly, tom. I. pag. 6 )
Lv^
PAGE 20o. Paul alla chercher dans le trou d'un rocher un pam.
Allusion à l'histoire rju corbeau de saint Paul. J ai écarté tnut ce qui pouvait blesser le goût dédaigneux du siècle, sans pourtant rien omctire de |irinnpal. 11 ne f.iut pas, d'ai. leurs, que les partisans de la myiliul j:»- crient si haut contre I histoire de nos saints : il y a des corbeaux et iU'> coni'-.lles qui jouent des rôles fort singuliers dans les fables d Ovide. Ne sait < n pa? comment Lucien s'est monue des dieux du paganisme, d coiiib en. en '.Irl, (mi peut les rendre riilicules? Tout cela est de la mau\ai>e foi. Un adin - • dans un puéte grec on lalin ce que Ion trouve bizarre el de m.uiv.ns goùl oaiis h vie d'un solita.re de la Tlit'b.ù'de. 11 est très aisé, en élaguant queiqu î.'- c»rc*»ii-*laiices, de fiire de la vie de nos saints des morceaux pleins de na'i'> 'le, de poésie ei d'iulciàt
SUR LK LtVRE XI. 39'
Lvr
PAGE 205. Eudore, rne dit-il, vos fautes ont été grandes.
Cette scène a été préparée tians le livre du Ciel. Elle achève de confirmer mon liéros dans la pénitence; elle lui apprend ses destinées; elle lui donne le courage du martyre. Ainsi le récit se termine précisément au momeul où Eudore est devenu capable des grandes actions que Dieu attend de lui.
LVIl*.
PA6E 207. Un horizon immense.
< titaut parvenus à l'endroit le plus haut du mont Coizim, nous nous « arrêtâmes pendant quelque temps pour contempler avec plaisir la mer « Rouge, qui était à nos pieds, et le célèbre mont Sinaï, qui bornait notre « horizon. » {Lettres édif., tom. v, pag. îJli.)
LVIIl®.
PAGE 207. Une caravane.
L'établissement des caravanes est de la plus haute antiquité : la première que l'on remarque dans l'histoire romaine remonie au temps d'Auguste, lors de l'expédition des légions pour découvrir les aroaîales de l'Arabie.
PAGE 207. Des vaisseaux chargés de parfums et de soie.
Les parfums de l'Orient et les soies des Indes venaient aux Romains parla mer Rouge. Les philosophes grecs allaient quelquefois étudier aux Indes la sagesse des brahmanes.
LX*
PAGE 207, Confesseur de la foi.
Ce morceau achève la peinture du christianisme. Il fait voir la suite et conséquences de l'acliou; il montre Eudore récompensé, les per^ocuteurs punis^. et les nations modernes se faisant chrétiennes sur les débris du moude anciee. et les rumes de l'idolâtrie.
LXl®.
PAGE 207. Grande rébellion tentée par leurs pères.
C'est la révolte d'Adam et la chute do rho;nme. Le reste du passage touchant
la morale écrite, les revululions do lOrieiil, elc , nu pas besoin ('lU'omraeo—
laircs. Je suppose avec quelipies ailleurs, que l'i^gyplea porté ses dieux dans
les Indes, comme elles les a cerluiuemcut portes dans la Grèce. Toutefoi^^
l'opinion contraire pourrait être la véritable, et ce. sont peut-être les Indiens qui ont peuplé l'Egypte. « Muntium fradidit disputationibus eorum. »
LXIl®.
PAGE 208. Vous avez vu le christianisme pénétrer, etc. Ceci remet sous les yeux le récit et le but du récit.
LXIII®
PAGE 209. Le grand dragon d'Egypte.
« Ecce ego ad le, Pharao rex ^gypti, draco magne, cui cubas in medio « fluminum tuorura, et dicis : Meus est fluvius. » (Ezech., xxix.)
LXIY®.
PAGE 209. Les démons de la volupté, etc.
Allusion aux tentations des saints dans la solitude, et aiix miracles que Dieu fil en faveur des pieux habitants du désert.
LXV^
PAGE 209. La pyramide de Chéops jusqu'au tombeau d'Osymandué.
La pyramide de Chéops e>t la g' ande pyramide près de Memphis : le tombeau d'Osymandué était à Thèbes On peut voir dans Diodore (liv. i, sect. ii.) la description de ce superbe tombeau ; elle est trop longue pour que je la rapporte ici.
LXYl®.
PAGB209. La terre de Gessen.
< Oixit itaque rex ad Joseph... In optimo loco fac eos babitare, et trade eis « terram Gessen. »
LXVIl®.
PAGE 210 Ils se sont remplis du sang des martyrs, comme les coupes et les cornes de l'autel.
« Fecit et altare holo'^austi... Cujus cornua de angulis procedebant... Et iD • usus ejus paravit ex œre vasa diversa. > {Exod.^ cap. xxvii.)
LXVIll®.
PAGE 210. D'où viennent ces familles fugitives, etc.
Saint Jérôme, étant retiré dans sa grotte à Bcllilêom, survécut à la prise de Rome par Alaric, et vil plusieurs familles romaines chcrclicr un asile dans la Judée.
SUR LE LIVRE Xï. f?')"
LXiX®. -
PAGE 210. Enfants impurs des démons et des sorcières de la S.^ .\i'.e.
Jornandès raconte que des sorcières, chas?ées loin des habitations des hommes dans les déserts de la Scythie, furent visitées par des démons, et que de ce coiaracrce sortit la nation des Huns.
LXX®
PAGE 210. Leurs chevaux sont plus légers que les léopards; ils assemblent des troupes de captifs corntne des monceaux de sable.
« Leviores pardis equi ejus... Et congregabit quasi arenam captivitalem. » (Habac, chap. I, V. 8 et 9.)
LXXl^.
PAGE 210. La tête couverte d'un chapeau barbare.
C'est encore Jornandès qui forme ici l'autorité. Il donne ce chapeau à certains prêtres et chefs des Goihs,
LXXII®
PAGE 210. Les joues peintes d'une couleur verte.
« Le Lombard se présente : ses joues sont peintes d'une couleur verle ; on « dirait qu'il a frotlé son visage avec le suc des herbes marines qui croissent « au fond de l'Océan, dont il habite les bords. » (Sidon. Apoll., liv. vu, Epist. IX, ad Lampr.)
LXXIII*
PAGE 210. Pourquoi ces hommes us égorgent-ils les prisonniers? (Voyez la note lxix® du liv. vi.)
LXXIV*
PAGE 210. Ce monstre a bu le saug du «omain qu'il avait abattu. Gibbon cite ce trait dans son Histoire de la chute de l'empire romain.