‹ Œuvres complètes de Chateaubriand (volume 4)Chapitre 62 sur 165 · SUR LE DIX-HUITIÈME LIVRE · texte numérisé non relu

SUR LE DIX-HUITIÈME LIVRE

PREMIERE REMARQUE

PAGE 52. Auguste vient de se priver, etc.

Ce projet d'Hiéroclès, mis en avant dès le début de ^ou^Tage, pour favoriser l'ambition de Galérius, a été couslammenl rappelé et poursuivi : le voilà exécuté ; oo eo va voir les suites.

PAGB 52. Représentez au vieillard, etc.

C'est en effet le motil apparent que Galérius employa pour engager Diocletien à abdiquer. Je suppose ici que c'est lliéroclès qui inspire Galérius.

PAGE 52. Publius, qui, rival de la faveur de l'apostat, etc.

Publius commence à revenir p'us souvent en scène; il ne tardera pas à jouer uu rôle important pour la punition d'Hiéroclès.

IV*

PAGE 52. Tout è coup on annonce Galérius.

Je n'ai pas suivi fidèlement l'histoire pour l'entrevue de Galérius et de Dioclélien. Dans celte fameuse discussion, Dioclélien se monire pusillaniiue; il pleure, il ne veut pas abdiquer, il supjtlie, il cède par peur. Alors Dioolélien cesse d'avoir le caractère propre à l'epopee; car il est a\ili aux yeux du lecteur. Ainsi, au lien de m'allaoher scrupuleusement à la vérité, je n'ai fait obéir Dioclelien qu'à la volonté du ciel, et à une voix fatale qui s'élève au fond de sa conscience. Celte idée est, je pense, plus conforme à la nature de mon oavrage; mais j'avoue que j'ai eu quehjue peine à faire le persécuteur des chrétiens plus grand que l'histoire ue le représente.

rAGB 52. Toujours César 1

Galérius, selon l'histoire, fit cette exclamation eo recevant une lettre de

Diocletieu, avec la suscripliou : Cœsari.

VI®

PAGE 53. Et les chrétiens ont eu l'insolence de le déchirer.

En effet, un chrétien arracha redit de persécution alTiché à Nicomédie, et souffrit le martyre pour celte action. Tous les évêiiues, en louant son courage, blâmèrent 1 indiscrétion de son zèle.

VU®

PAGE 53. Je rétablirai les Frumentaires.

Sorte de délateurs ou d'espions publics que Dioclétien avait supprimés.

VIII®

PAGE 53. Ainsi, repartit Dioclétien.

On disait à Dioclétien que Carinus avait donné de belles fêtes au peuple : il fit la réponse que l'on voit ici.

IX®

PAGE 54. Vous ne mourrez point sans être la victime, etc.

Maximin Daïa etMaxence, l'un neveu, el l'autre gendre de Galérius, se révoltèrent contre lui.

PAGE 55. L'édit, publié, etc.

Il était tel qu'on le rapporte dans le texte. (Voyez L^ctance et Eusèbe.)

XI®

PAGE 55. Laurent, de l'Église romaine, etc.

On a déjà parlé de saint Laurent. Saint Vincent était de Saragosse. Après avoir subi plusieurs tourments, il fut reijlon^é dans les cachots, où les anges vinrent l'entretenir et guérir ses plaies. Il fut ensuite décapité Eulalie, vierge et martyre, de Mérida, en Portugal ; lorsqu'elle rendit le dernier soupir, on vil une colombe blanche sortir de sa bouche. Pélagie d'.\nlioche était d'une grande beauté, ainsi que sa mère et ses sœurs Arrêtées par des soldats, el craignant qu'on n'alteniàl à leur pudeur, elles se relircrenl à l'écart, sous quelque prétexte, et se jetèrent dans TOronte, où elles se noyèrent en se tenant embrassées. On attribue ce martyre volontaire à une inspiration particulière du Saint-Esprit. Félicité et Perpétue ont déjà ele nommées dans le livre du Ciel; elles rep;iraîtiont à la fin de l'ouvrage. Quant à Théodore et aux sept vierges d'Ancyie, la tragédie de Corneille les a fait connaître à ceux qui ne hseul point la vie de nos saints. L'histoire charmaale ed deux jeunes époui

SUR LE LIVRC XVllI. I9(

qui se Irouvèrent dans le même tombeau c>\. poslérieure à l'époque de mon action : j'ai cru pouvoir la rappeler. On la trouve dans Sidoine Apollinaire.

xir.

PAGE 56. Les prêtres renfermaient le viatique, etc.

On voit encore quelques-unes de ces boîtes au musée Clémentin, à Rome, avec les instruments qui servaient à tourmenter les martyrs : les poids pour les pieds, les ongles de fer, les martinets, etc.

XI1I

PAGE 56. On nommait les diacres, etc.

Ces préparations à la persécution sont conformes à la vérité historique. La charité de l'Eglise a toujours surabondé où les maux surabondent; la grâce de Jésus-Christ défie toutes les douleurs humaines,

XIV*

PAGE 56. Ce prince habitait, etc.

II n'y a guère de lieux célèbres dans la Grèce et dans l'Italie qui ne soient peints dans les Martyrs. Je renvoie pour Tivoli à ma lettre à M. de Fonlaoes, déjà citée dans ces notes.

XV^

PAGE 57. Vous ne serez point appelé au partage, etc.

Eudore s'était fait mieux instruire, et sans doute il avait appris la résolution de Diocictien par des voies certaines : le palais de l'empereur était rempli de chrétiens; Valérie et Prisca même, fille et femme de Diociétien, élaienl chrétiennes.

XVl'.

PAGE 57. Vous aurez soin, à chaque mansion, de faire mutiler, etc.

J'ai dit, dans une note sur la carte de Peulinger (liv. vi), que les mansions étaient les relais des postes. Lorsque Constantin s'échappa de lacuur dcGalérius, il lit couper les jarrets des chevaux qu'il laissait derrière lui, aliu de n cire pas poursuivi.

XVII*

PAGE 57. Toi, dans les déserts de l'Arabie, etc.

J'ai mis ici on comparaison la descriitlion dn cheval orabo que l'on a vue dans mun Iiiurratrc. Le dernier Irait : • Il oiunie, etc. • c>l nu passage de Job sur le cheval.

xviir.

PAGE 58. Les tombes de Symphoroee, efc.

On sait qu'Horace vécut et mourut peut-être à Tibur; mais peu de personnes savent que ce riant Tibur fut immortalisé par les cendres d'une martyre ctirétienne. Syni|)horose, de Tibur, avait sept enfants. Sous le règne d'Adrien, elle refusa, ainsi que ses sept fils, de sacrifier aux faux dieux. Ces nouveaux Machabées subirent le martyre; ils furent euteirés au bord de l'Anio, près du lemple d'Hercule.

XIX®

PAGE 60. S'élevait un tribunal de gazon, etc.

L'appareil de celte scène est tel dans l'bisloirc, mais la scène est placée à ^icomedie.

XX®

PAGE 61. Force ce nouveau David, etc.

David, contraint de se retirer devant Saiil, se cacha dans le désert de Zeila. ^Écriture.)

XXI®

PAGB 61 . Constantin disparaît.

L'ordre des temps n'est pas tout à fait suivi : Constantin ne s'échappa de ht cour de Galérius que louglemos après l'abdication de Diocictien.

XXII*

PAGE 62. Des dragons semblables, etc.

Si l'on en croit Plutarque et Lucain, Caton d'Utique trouva sur les bords de )a Bagrada, en Afrique un serpent si m )n-traeux, que Ion fut obligé d'employer pour le tuer, les machines de guerre.

xxiir.

PAGE 62. Des mons!res incoîiaiis, clc.

Les anciens disaient que l'Afiiiiue enfantait tou": Icà ans un monstre noQveau.

XXIV®

PAGE 63. La persécution s'étend dans un motnonf, etc.

SLR LE LIVRE XVI !r. 193

Tout ce qui suit dans le texte est un abrégé exact et fidèle des passages que je vais citer. La vérité est ici bien au-dessus de la fiction. Je me servirai des traductions connues, afin que tous les lecteurs puissent voir que je n'ai pas inventé un seui mm. ' Extrait d'Eusébe. — « Un grand nombre (de chrétiens) fuient condamnés à mourir, les uns par le feu, et les autres par le fer. On dit que cet arrêt n'eut pas été sitôt prononcé, qu'on vil une quanlité incroyable d'hommes et de femmes se jeter dans le bûcher avec une joie et une promptitude non pareilles, il y eut aussi une multitude presque innombral.le de chrétiens qui furent liés dans les barques, et jetés au fond de la mer... Les prisons, qui ne servaient autrefois qu'à rettfern)er ceux qui avaient commis des meurtres ou violé la sainteté des tombeaux, furent remplies d'une multilude incroyable de personnes innocentes, d'cvôques, de piètres, de diacres, de lecteurs, d'exorcistes ; de sorte qu'il n'y restait plus de place où l'on pût mettre les coupables... Quelqu'un peut-il voir sans admiiation la constance invin. ible avec laquelle ces généreux défenseurs de la religion chrétienne souffrirent les coups de fouet, la rage des bctes accoutumées à sucer le sang humain, l'impétuosité des léopards, des ours, des sangliers et des taureaux, que les païens irritaient contre eux avec des fers chauds?... Une ijuantité presque innombrable d'hommes, de femmes et d'enfant^, méprisèrent cette vie mortelle pour la défense de la doctrine du Sauveur. Les uns furent brûlés vifs, et les autres jetés dans la mer, après avoir cte déihirés avec des ongles de fer, et avoir souffert toutes sortes d'autres supplices. D'aulrcs présentèrent avec joie leur Icteaiix bourreaux pour cire coupées ; quelques-uns moururent au milieu des tourments; quelques-uns furent consumés par la faim ; queiqnes-uiis lurent alla» hés en croix, soit en la posture où l'on y attache d'ordinaire les criminels, ou la tèle en bas, et perces a\ec des clous, et y demeurèrent jusqu'à ce qn il- mourussent de faim... Les historiens n'ont point de paroles qui puissent exprimer la violenec ûc:^ douleurs et la cruauté des supplice'^ que los martyrs souffrirent dms la Thébaïde. Quelques uns furent déchirés juscpi'à la mort par tout le corps avec des tels d# pots cassés, au lieu tl'oiigles de fer. Des femmes furent altaciiées par un pied, élevées en l'air avec des machines, la tète en ba*, el exposées alors avec autant d'inhumanité ipie d'inl'ainie. Des hommes furent allacliés par les jambes à des branches d'arbres que 1 on avait courbées avec ties michines, et écartelés lorsque ces branches, étant lâchées, reprneiii leur siluition naturelle. Ces violences-là furent exercées l'espace de plusieurs années, durant lesquelles on faisait mourir chaque jour, par divers su|)plices, tanliit dix personnes, lant hommes (|ue femmes el enfants, tantôt viiii:l, tanlôt trente tantôt soixante, et quekpieft)is même jusqu'à cent. Elan! sur les lieux, j'en ai vu exécuter à murt un grand nombre d,ins un même jour, dont les uns avaient la tèle tranchée, les autres elaieni biûles \ifs. La pointe des épées était émoussée à force de tuer, et les bourreaux las de lourmenter les martyrs, se relevaient tour à tour. J ai ele lenuiin deli généreuse ardeur et de la noble impalienee de ces fidèles... il n'y a point de discours qui soit ca- I)able d'exprimer la géneros.lo et la constance (|u'ils ont fait paraîlre au milieu des supplices. Comme il n y avait |)ersonne à qui il ne fût |)erinis de les outrager, les uns les b.diaient avec des bàl ui-;, les autres avec des baguettes, les autres avec îles l'diiel-:, les autres a\ec des luiières de cuir, et les autres avec des cordes, chacun clKi-iis-anl, sehm ce (pi'il avait de malice, un insiniment particulier pour l 's U)urmenler. On en attacha quel. juesuus à des colonnes, les mains liées derrière le dos, et en.niile on leur eleiidil T. II. ï5

« les membres avec des machines. On les déchira après cela avec des ongk'i « de fer, non seulement par les côlés, comûie l'on a accoutume de dsch. « ceux (pii ont cumn)is un meurlre, mais aussi par le venlre, par les CiiS/.;: « et par ie vidage. Un en suspendait quelques-uns piir la main, au baat d'au. « galerie, de ^orte que la violence avec laquelle leurs ne: fs élaieut lendc'- « leur était ])lus sensible qu'aucun autre si.pp ice n'aurait pu être. On k: « aliachait ([uelquefois à des coluniies, vis-à-vis les uns des auires, sans {;;;; « leurs |)ieds louchassent à terre ; tellement que la pes.iuh ur de leur corf.s « serrait extrêmement les liens par où ds étaient attachés Ils étaient daiisceUe « posture contrainte, non-seulemi ni pendant que le jUge leur parlait ou qu'il « les interrogeait, mais presque durant tout le jour.

« Les uns eurent les nienibres coupes avec des haches, comme en Arabie; € les autres eurent les <uis>es ci upees. comme en Cajipadoce ; les autres l'u- « rent pendus par les pieds, et etoullés à petit feu, comme en Mésopotamie; « les autres eurent le nez, les oieilles, les mains et les autres parties du corj/s « coupées, comme à Alexandrie. » (Voyez Elsebe, chap. vi, \ii, v.ii, ix, x, XI, et XII, liv. viii.)

Extrait de Lactance, de la mort des Persécuteurs. « Parlerai-je des jeas et des divertissements de alère? 11 avait l'ail venir de toutes parts des ours d'une grandeur prodigieu>e, et d'une léiocité pare Ile à la sienne. Lorsqu'il voulait s'amuser, il faisait aiiporter quelques-uns de ces .immanx, qui avaient chacun leur nom, et leur donnait des hommes plutôt à engloul>r qu'à dévorer; et quand il voyait déchirer les membres de ces malheureui, il se mettait à rire. Sa table était toujours abreuvée de sang humain. Le feu élail le supplice de ceux qui n'étaient pas constitués en dignité. Non-seulement il y avait condamné les ihieliens, il avait de plus ordonné qu'ils seraient brûlés lentement. Lorsqu'ils étaient au poteau, on leur mellail un feu modère sous la plante des pieds, et on l'y Jaissait jusqu'à ce qu'elle fût détachée des os. On ap|)li(|uait ensuite des torches ardentes sur tous leurs membres, afin qu'il n'y eût aucune p-irlie de leur corps cpii n'eût son supplice particulier. Durant celte ell'royable torture, on leur jetai! de leau sur le visage, et on leur en fai-uit boire, de peur (luel'iirdeur de la lièvre ne hâtât leur mort, qui pourtant ne p;iuvait ètie différée longtemps, car, quand le feu avait consommé toute leur chair, il pénétrait jusipiaii lund de leurs enti ailles. Alors on les ji t.iit dans un grand bras er, pour ai hever de brûler ce qui restait (DC)re de leur corps. E;din, on réduisait leurs os eu poudre, et on les jet.iit d. n-i la nviere ou dans la mer.

« Mais le cens qu on exigea (le> piovinceseldes villes causa une désolatiou génciale'. Les c mni', rép. indus pailonl. I'ai<aient les recherches les plus rigoureuses; e'ct.il l'iiiM^iC aIVreuse de la guerre et de la capli\ite. On mesurait les lerre>, on com|itait les vii;nes et les arbres, on tenait registre des animaux de toute espi'ce, (ii |. renaît les noms lic c haipie iiidixidu; on ue fai.sait nulle distinc;ion des bourgeois «t des paysans. Cli.icuii accourait avec ses enfants ei ses esclaves, on enlendiil résonner le-< coups de louets; on forçait, par la violence îles -upjilices, le> enfant^ à depo-er contre leurs pères, les e>claves conire leurs maîtres, tes femmes conlre leurs maris. Si le- preiivis mampiaienl, on doimail la tpie-lion aux |)eres, aux maris, aux maîtres, |>our le> fane déposer cunire eux-mêmes; et quand la douleur avait ariache quelque aveu de leur bouche, cet aveu était réputé coatenir la

» l.( ttiis iiuii uiM" iiii|iMsniiiii sur les iiiistuin. -, sur les bùics, iur les terres la- -JK»Ui'ubiei), .sur les vi^iie^ et sur les uibreb l'iunii-r>.

■ vérité. Ni lase ni la maladie ne servaient d'excuse : on faisait apporter les

■ infirmes el les malades ; on fixait l'âge de tout le monde; on duiinait des

• années aux enfants, et on en ôlailaux vieillards : ce n était partout que

• gémissements, que larmes. Le joug que le droit de la guerre avait fait ira;-

• poser aux peuples vaincus par les Uomains, Galère voulut rimpo>er aux « Romains m(^mes ; peut-être fut-ce parce que Trajan avait puni par l'imposi- « tion du cens les révultes fréquentes des Daces, dont Galère était descendu. « On payait de plus une taxe |)ar tète , el la liberté de respirer s'aclutail à « prix d'argent. Mais on ne se fiait jias toujours aux mômes commissaires : « ou en envoyait d'autres , dans l'espérante qu'ils feraient de nouvelles dé-

■ couvertes. Au reste, qu'ils en eussent fait ou non, ils doublaient toujours Ie$ « taxes, pour montrer qu'on avait eu raison de les employer. Cependant les « animaux périssaient , les hommes mouraient : le fisc n'y perdait rien, oq

• payait pour ce qui ne vivait plus; en sorte qu'on ne pouvait ni vivre ni « mourir gratuitement. Les mendiants élaieiit les seuls que le malheur de « leur condition mît à l'abri de ces violences ; ce monstre parut en avoir pi- « tié et vouloir renié lier à leur misère : il les faisait embarquer, avec ordre, « quand i;s seraient en pleine mer, de les y jeter. Voilà le bel expédient qu'il « imagina pour bannir la pauvreté de son empire; et, de peur que sous pré- « texte de pauvreié quelqu'un ne s exemptai du cens, il eut id barbarie de

■ faire périr uue inliuité de misérables. »

PAGE 64. Le disciple des sages publia, etc. Voyez la Préface, à l'article d'iliéroclès.

XXVI*

PAGE 64. J'emploierai, disait-il en lui-même, etc.

Je ne me suis point complu à inventer des crimes inconnus, pour les prêter à Hiéroclès J'en suis fâché pour la nature humaine, mais llierociès ne dit et oe fait rien qui n'ait été dit et l'ait, même de nos jours. Au reste, ce moyeu affreux que veut employer lliéroclès lui fait dilléier le supplice d'Eudore: sans cela, il n'eût pas élé naturel que le fils de Laslheuès fût resté si longtemp» dans les cachots avant d èlrc jugé-

XXVII®

PAGE 65 Cet impie qui reniait l'Éternel.

Ceci est bien humiliant pour l'orgueil humain ; mais c'est une vérité dont on o'a que trop d'exemples , el je l'ai déjà remarqué dans le Génie du Christianisme.

XXVUI*.

PACK 65. Il y avait à Rome un Hébreu, etc.

Cette machine est justifiée par l'usage que tous les poètes chréliens ont fait

de la magie. Ainsi Armide enlève Renaud, ainsi le démon du fanatisme arme Clément (l'un poignard. Il ne s"agit ici qne do porter une nouvelle : IliérocJès lie voit point lui-même l'iiébreu ; il l'envoie consulter par un esclave superstitieux et timide; rien ne choque dune la vrai>emblance des mœurs dans la peinture de la scène : et quant à la scène elle-même , elle est du ressort de mon sujet, elle sert à avancer l'action et à lier les personnages defiomeà ceux de Jérusalem.

XXIX®

PAGE 65. Il découvre l'urne sanglante.

Hiéroclès est le ministre d'un tyran, persécuteur des chrétiens; il est donc naturel qu'on évoque le démon de la tyrannie, et que l'évocation se fasse par les cendres du plus célèbre des tyrans et du premier persécuteur des chrétiens.

Selon une tradition populaire qui court à Rome, il y avait autrefois à la Porta del Popolo un grand arbre sur lequel venait constamment se percher un corbeau. On creusa la terre au pied de cet arbre, et l'on trouva une urne avec une inscription qui disait que cette urne renfermait les cendres de Néron. On jela les cendres au vent, et l'on bâlit, sur le lieu où l'on avait trouvé l'urne, l'église connue aujourd'hui sous le nom deSainte-.Marie du Peuple. Le monument appelé le tombeau de Néron, que l'on voit à deux lieues de Rome, sur la route de la Toscane, n'est point le tombeau de Néron.

xxx*"-

PAGE 65. La frayeur pénètre jusqu'aux os.

« Pavor tenuit me et Iremor, et omnia ossa mea perlerrita sunl. . El cum spiritus, me présente, transirel, inhorruerunl pili carnis me». « Stetit quidam eujus non agnoscebam vullum... et vocem quasi aura; lenis • audivi. » (Job, cap. iv.)

XXXI®

PAGE 66. C'était l'heure où le sommeil fermait les yeux, etc.

Tempus erat quo prima qules mo: talibus ae.^ris Iiicipit.

{y£ncid.. U, 268.)

XXXll®.

PAGE 66. Sa barbe était négligée.

In soninis ecce aille oculos mœstissimus Hector Visas adcsse niihi, larnosque etfuHdere lU-tiis.

Squalenteru barbam

Sed graviter gemilus inio de pectore ducens.

{jEiuid., Il, 270 *t f f.)

XXXIIl®.

PAGE G". Fais, ma fille, etc.

Heu ! fuge eripe flammis.

i/Eneid.. Il, 289.)

XXXIV*

PAGE 67. Déjà les galeries étaient désertes.

Apparet donius iiitus, et alriii longa patescunt.

^(libus in nu'diis, nudoque sub aetheris axe, Ingens aura luit, etc.

(/Cjifid. II, 483,)

XXXV®

PAGE 67. Euryméduse, votre sort, etc

Ce personnage disparaît av;iiil la fin de l'action ; il s'évanouit comme Créu.-e ; il était de peu d'importance. H entrait dans mon plan de montrer Cymodocceisolée, tandis qu"Eudore est environné descompagnonsde sa gloire; autrement les scènes de la prison de Cj modocée el celles des cachols d'Eudcre eussent été semblables.

XXXVl®.

PAGE 09 II aperçoit un homme, etc.

Tout le monde connaît la retraite de saint Jérôme dans la grotte de Bethléem , tout le monde a vn les tableaux du Dominiquin, d'Augustin Carrachc; tout le monde sait que saint Jérôme se p'ainl, diins ses lettres, d'être tourmenlo au milieu de sa soliUuie par les souvenirs de Rome. Ce grand personnage, que l'on quitte au londv^au de Sci|)ion. et que l'on retrouve à Bethléem pour donner le baptême à Cymoilucéf, a du moins lavantage de ne rappeler que des lieux célèbres, de grands noms el d illustres souvenirs.

SUR LE DlX-iNElJVliiME LIVRE.

PFxEMIERE REMARQUE.

PAGE 73. La trace blancliissante, etc.

Coux qui ont voyage sur nur ont \u ces traces de vaisseau <.\w les marm? appellent lo sillage. Dans les temps calmes, cette ligne blanclie reste quelquefois marquée pendant plusieurs heures.

ir

PAGE 73. Dorait et brunissait à la fois, etc.

Je ne suis pas le premier autour qui ail parlé de ce double effet du soleil levant sur les mers de la Gièce. Ci)andler l'avait observé avant moi.

iir.

PAGE 73. Des nues sereines, etc.

Expression du grand maître, qui peint parfaitement ces petites nues qu« l'on aperçoit dans un beau ciel :

Unde sercnas Yentus agal uubes.

( VlRG., Georg., i, 461.)

PAGE 75. Et la mère d'Eudore venait de mourir.

Petite circonstance d'où naît la peinture du purgatoire, au xxi" livre.

PAGE 75. Le jour s'éteint, le jour renaît, etc.

Je ne sais si c'est ce passage qui a fait dire à un critique que Démodocus était un vieil imbécile, ou si c'est à cause de ce môme passag*^, qu'un autre critique a bien voulu comparer la douleur de Démodocus à celle de Priam.

PAGE 76. Deux hautes chaînes de montagnes s'étendanl, etc.

Ceci est tiré mol pour mot de mon flinih-nire; mais comme, dans un sujet si intéressant, on ne saurait avoir trop de détails, je citerai encore un fragment de mon Voijage. Ce frafimeiil commence à mon dépari de Bethléem pour la mer Morte, en passant p^ir le monastère du Saint-Sabi.

« Les Arabes qui nous avaient altaqu(>s à la porte du couvent de Saint- « Saba appiuicnaiont à une tribu (|ui pn tendait avoir seule le droit de con- « duire les élranj^ers. Les Billiléémiles, qui dé>iraicnl avoir le prix de l'es- « corte, et qui ont une réputation de coura{j;e à soutenir, n'avaient pas voulu • céder. Le supérieur du monastère avait promis que je satisferais les Bé- « douins, et l'affaire s'était arrangée. Je ne voulais rien leur donner, pour les « punir ; mais Ali-Aga (le janissaii'e) me représenta (jue, si je tenais à celte « résolution, nous ne [)ourrions jamais arriver jnsiprau Jourdain ; qu'ils iraient « appeler les autres Iribus du désert, et que nous sernms infailhblement mas- « sacrés ; que celait la raison pour laquelle il n'avait pas voulu tuer le chef

« des Arabes, car, une fois le sanp; versé, nous n'aurions eu d'autre parti à « prendre que de retourner proniplenientà Jérusalem.

« Je doule que les couvents de Scété soient places dans dos lieux plus trrs- « tes el plus isolés que le couvent de Sainl-Saba. il est bâti dans la ravine « même du torrent de Cfdron, qui peut avoir trois ou quatre cents pieds de

• profondeur dans cet endroit. I. église occupe une p'^tite éminencc dans le « fond du lit. De là les bâlimenls du monastère s'élèvent, par des escaliers

• perpendiculaires et des passages creusés dans te roc, sur le liane de la ra- « vine, et parviennent ainsi jus-que sur la croupe de la montagne, où ils se

• terminent par deux tours carrées. Du haut de ces tours on découvre les « sommets sieriles des montagnes de .ludée; au-dessous de soi, l'œil plon^'C

• dans le ravin desscclié du torrent des Cèdres, où l'on voit des grottes qu'ba- « bitèrent jadis les premiers anachorètes.

« Pour toute curiosité, on montre aujourd'hui à Saint Saba trois ou quatre « cents tètes de mort, qui sont celles des religieux massacrés par les infi-

• dèles. On m'a laissé un quart d heure seul avec ces saintes reliques. Il sera-

• ble que les moines qui me donnaient l'hospilalité devinassent que j'avais le « dessein de peindre la situation de l'âme des solitaires de la Theb l'ùle.

« Nous sortîmes du monastère à trois heures de l'après-midi, et nous arn- € vânies, vers le coucher du soleil, au dernier rang des montagnes de Judée, « qui bordent à l'occident la mer Morte et la vallée du Jourdain. La chaîne du « levant, qui l'orme l'auire bord de la vaiice, s'appelle les montagnes de l'Ara- « bie, et comprend l'aucieu pays des Moabites el des Ammonites, etc. . . .

« Nous descendîmes de la croupe de la montagne pour aller passer la nuit au « bord de la mer Morte, et remonter ensuite au Jourdain. En filtrant dans la € vallée, noire petite troupe se resserra, et lit silence. Nos Bethlééinites ar- « mèient leurs fusils, et marchèrent en a\anl avec précaution. Nous nous « trouvions sur le chemin des Arabes du désert qui vont chercher du sel au « lac, el qui font une guerre impitoyable aux voyageurs. Nous marchâmes « ainsi pendanl deux heures le pistolet à la main, comme en pays ennemi, et « nous arrivâmes à la nuit close au bord du lac. La première chose (pie je fis « en mettant pied à terre l'ut d'entier dans le lac jusqu'aux genoux, et de « portt r l'eau à ma bouche. 11 mo fut impossible de l'y retenir. La salure en « est beaucoup plus foi te (lue (elle de la mer, el elle produit sur les lèvres € reflet d une forte solution d'alun. Mes bottes furent à peine séchees qu'elles « se couvrirent de sel; nos vêtements, nos ihapeaux, nos mains, notre vi- • sage, furent, eu moins de deux heures, imprègnes de ce minerai.

« Nous élalilîmes notre camp au bord de l'eau, et les Bethlééinites allumè- « rent du ieu pour faire du cale. Telle est la force de l'liab)lude : ce> Arabes « avaient ni.iiché avec lieaucoup de pru;lence dans la campigne, el ils ne « craignirent [loint d allumer un feu (|ui pouvait bien p'us aisciiient les trahir. « Vers minuit, j entendis (juelque bruit sur le lac; les Bi thleéuutes me dirent « que c'étaient des légions de petits poissons (|ui viennent sauter au rivage. « Ceci contredirait 1 opiniiin généralement adoptée que la mer Mm le ne pro- « duit aucun être vivant. PococKe, étant a Jérusalem, availentemlu dire aussi « qu'un missionnaire avait vu des poissons dans le l.ic Asphallile. Ce savant

■ voyagtur avait fail analyser l'eau de ce lac: j'ai apporte une bouteille de

■ colle e.iu, jusi|u'à pré>ent f.iil bien conservée.

« Le 6 ucluhre, au lever du jour, je parcourus le rivage. Le lie fameux qui « occupe remplacement de Soiloine et de Gomorrhe esl nomme m r Morte ou « mer Sake daus l'Ecriture, Asphallite par les auteurs grecs el latins, et Al-

200 REMAF.QUES

œotanah par les Arabes. (Voyez dWnville.) Slrabnn rapporte la tradition des viiles abîmées. Je ne puis être du sentiment dequelijues voyaf!;eurs qui prétendent que la mer Moi te n>st que le cratère d'un volcan. J'ai vu le Vésuve, la Solfatare, le MoL.te-Nuovo dans le lac Fusin, le pic des Açores, le Mamelife, vis-à-vis de Carthage ; les volcans éteints d'Auvergne, j'ai partout remarque les mêmes caractères; c'est-à-dire des montagnes creusées en entonnoir, des laves et des cendres où laction du feu ne peut se méconnaître. La mer Morte, au contraire, est un lac assez long, encaissé entre deux chaînes de montagnes, qui n ont entre elles aucune cohérence de formes, aucune homogénéité de sol. Elles ne se rejoignent point aux deux exirémités du lac; elles continuent, d'un côté, à border la vallée du Jourdain, e» se rapprochant vers le nord jusqu'au lac de Tib^iade ; et, de l'autre, elles vont, en s'écaitanl, se perdre au midi dans les sables de l'Yémen. Il est vrai qu'on y trouve du biiume, des eaux chaudes et des pierres phosphoriques dans la chaîne des montagnes d'Arabie, mais je n'en ai point vu dans la chaîne opposée. D'ailleurs la présence des eaux thermales, du souffre et du bitume, ne suffit point pour attester l'existence antérieure d'un volcan. C'est dire assez que, quant aux villes abîmées, je m'en tiens au sens de l'Écriture, sans appeler la physique à mon secours

Quelques voyageurs prétendent que, dans les temps calmes, on aperçoit encore au fond de la mer Morte des débris de murailles et de palais. C'est peut-être ce qui a donné à Kl^pstock l'idée bizarre de faire cacher Satan dans les ruines de Gomorrhe, pour contempler la mort du Christ. Je ne sais si ces drbris existent. Et comment les aurait on découverts? De mémoire d'homme, on n'a jamais vu de bateaux sur le lac Asphaltite. Les géographes, les historiens, les voyageurs ne parlent point de la navigation de ce lac. 11 est vrai que Josèphe le fil mesurer, mais il est propable que la mesure fut pri-e par terre le long du rivage; car on ne voit pas que les ancieus connussent la manière de relever les dislances par eau.

« Slrabon parle de treize villes englouties dans le lac Asphaltite La Genèse en place cinq in valle silvestri: Sodome, Gomo rhe, Adam, S''boim et Ba'a OU Styor ; mais cile ne lUdique que les deux premières détruites par le feu du ciel. Le Deuléronome en cite (juaire, Sodonie, Gomorrhe, Adam et Séboim; lu. Sagesse en compte cinq, sans les désigner. Descendentc igné in Pentapolim.

« Jacques Cerbus ayant remarqué que sept grands courants d'eau tombent dans la mer Morte, Reland en conclut que cette mer devait se dégager de la superfluilé de ses eaux par des canaux souterrains. Sandry et quelque* autres voyageurs ont énoncé la même opinion; mais elle est aujourd but abandonnée, d'après les observations sur l'evaporalion par le docteur Ilalley : observations admises par Shavv, qui trouve pourtant rpie le .lourdain roule |)ar jour à la mer Morle six millions qu;ilre-viiigl-(lix mille tonnes

d'eau, sans com|)ler les eaux de l'ilernon et de se|)t aiilre> torrents

Je voulais voir le Jourdain à l'ciiilnul oi\ il sejetie danslamer

Morte, point es-enliel (|ui n'a pas encore éli> reconnu; mais les Betliléémitcs refusèrent de m y conduire, parce ipie le lleuve, à une lieue environ de son embuuchure, fail un long (letwur sur lu g.iuche, et se rapproche de la montagne d'Arabie. !! f.i'lut (loue me ninleiiler de marcher vers la courbure du fleuve la plus r.ipprocheo du lieu où nous nous trouvions. Nous levâmes le camp, il nous tliiniiiK'uiies pendant deux heures avec une peine exres- •î-a '«»n,i jes dunes de sable et dos couches de sel ; je vis fout à coup les

Befhléémites s'arrêter, et me montrer de la main, parmi les arbrisseaux, quoique chose que je n'apercevais pas : c'était le Jourdain. « J'avais vii les grands fleuves de I Amérii|ue avec le plaisir qu'inspirent la solitude et la nature ; j'avais visité le Tibre , et recherché avec le «iêrae inléièt l'hurolas et le Ce|)hise ; mais je ne puis dire ce que j é|»rouvai à la vue (lu Jourdain. Non-seulement ce fleuve me rappelait une antiquité fameuse, mais ses rives m'olTraieiil encore le théâtre des mirarles de ma religion. La Judée est le seul pays de la terre qui oHre à la fois au voyageur chrétien le souvenir des aflaires humaines et des choses du ciel, et qui fasse naîlre au fond de l'âme, par ce mélange, uû sentiraenl et des pensées qu'aucun autre lieu ne peut inspirer. »

vir.

PAGE 78. Un fruit semblable à un citron doré.

J'ai rapporté ce fruit, qui a passé longtemps pour n'exister que dans l'imagination des missionnaires. Il est hien connu aujourd'hui des botanistes. On a rangé l'arbu.-le qui le porte dans la classe des solanées, sous le nom solanum sodoinœuni ; (juaud j'ai dit, dans la préface des premières éditions, que ce fruit ressenible à un cilroii dégénéré par la malignité du sol, je n'ai eu l'inleuUon que de parler de l'apparence et non de la réalité.

viir.

PAGE 79. Les chameaux seuls, etc.

Je me sers ici d'une anecdote que j'ai rapportée dans l'Itinéraire, et dont j'ai presque été le témoin.

PAGE 80. On s'assied autour d'un bûcher.

C'est une scène de mœurs arabes dans laquelle j'ai figuré moi-môme, et qu'on peut voir dans le passage c.té à la note procedeule.

PAGE 80. Des lettres pour les principaux fidèles.

Ces lettres de voyage ou de recommandation étaient données par les évoques. J'ai cru pouvoir les l'aire donner par saint JorOme, prclre el docieor de rÉelise latine.

XI

PAGE 80. Reine de l'Orient.

Quelle .lériis;i!eni nouvollc Sort du louJ du dcbcrl, biilloiile de clartés, etc.

(lUciM, Ath., III, 7.)

xir.

PAGE 80. La nouvelle Jérusalem ne pleure point.

Allusion à une belle médaille de Titus : un palmier^ une femme assise el enchaînée au pied de ce palmier; pour légende : Judœa capta.

xiir.

PAGE 81. La souveraine des anges, etc.

Ceci rend naturelles et vraisemblables les courses de Cymodocée.

XIV^

PAGE 81. Je Suis Pamphile de Gésarée.

Pamphile le martyr, disciple de Timotliée et condisciple d'Eusèbe, a été nommé parmi les grauds hommes chrétiens qu'Eudore reucaulre à Alexandrie.

XV®

PAGE 82. Au pied du mont Aventin, etc. On montre encore cette prison à Rome.

XVI®

PAGE 83. Voit arriver tour à tour des amis, etc.

Ainsi, tous les personnages se retrouvent à Rome par un même événement : Démoducus, Cyrille, Zacharic, lormile du Vésuve, etc. ; et, dans un moment, le ciel va amener Cymodocée au lieu du sacrifice.

XVII*

PAGE 83. Ces confesseurs avaient transformé la prison en une église, etc.

Cette peinture du bonheur des prisons est fldèle. Flcury seul donnera au lecteur curieux le moyen de vérifier tout ce que j'avance, [Mœurs des Chrétiens cl lùst. eccl.)

XVIII®

Page SI. Du loiid d'une retraite ignorée, le pontife de Rome- Dans les calainilés puhlitiiio^, il y a toujours des vietiines qui échapponl ; tiVH t(>-< iiiroiiens, tous les chefs des chiclicus, n'etaicul pas dans les catliuls

pendant les persécutions, comme tous les Français n'étaient pas emprisonnés sous le règne de la Terreur.

XIX®

PAGE 84. La belle et brillante Aglaé.

Voilà la fin de Ihisiuire d'Aglaé, de Pi'côme et de Boniface, dont on a vu le commencement au cinquième livre ; on va voir aussi la fin de Ihistoire de Genès.

XX*

PAGE 85. Mon fils, répond le descendant, etc.

Ce simple récit de Zacharie est fonflésur l'histoire. Constance subjugua en efifel quelques tribus des Francs, et les transporta dans les Gaules, aux environs de Cologne

XXI®

PAGE 86. L'heureuse arrivée Je Constantin.

Par là le dénoûment est prépare, ei le triomphe de la religion annoncé.

XXli''.

PAGE 86. Valérie avait été exilée en Asie.

Cela est conforme à la vérité. Ces doux personnages, n'étant plus nécessaires, sont mis à l'écart. On ne les a appelés ici que pour satisfaire le lecteur, qui aurait pu demander ce qu'ils étaient devenus.

xxiir.

PAGE 86. Il voulait engager Dioclclicu, etc.

On verra Eudore se reprocher ce dessein comme criminel, mais ce dessein entrelient l'espérance dans l'esprit du lecteur jusqu'au dernier moment, el rappelle en même temps le trait le plus connu el le plus frappant de l'histoire de Dioclétien. 11 fallait d'ailleurs , selon la règle dramatique, que le héros AU coupable d'une légère faute.

XXIV"

PAGE 86. Ils s'aperçurent bientôt, etc.

En passant en Amérique avec des prêtres qui fuyaient la persécution, j'ai été témoin dune scène à peu près pireilie. Quand il survenait un orage, le^ matelots se confessaient aux mêmes hommes qu'Us venaient d'insulter.

PAGE 87. Le Sauveur a perçoit le vaisseau de Cymodocée, etc.

L'intervention du merveilleux était absolument nécessaire ici. Sans blesser toutes les convenances, et même toutes les vraisemb'ances, Cymodocée ne pouvait aller de son propre moiivement chercher Eiidore en Italie; mais le ciel, qui veut le triomphe de la croix , conduit celle iQUOceote viclime au lieu da sacriQce.

XXVI®

PAGE 87. Le venî, qui jusqu'alors, etc.

Je ne peins dans ce naufrage que ma propre aventure. En revenant de l'Amérique, je fus accueilli d'une tem^)ète de l'ouest qui me conduisit en vingt et un jours de lembouchurede la Delawareà l'île dOrigny, dans la Manche, et fit toucher le vaisseau sur un banc de sable. Dans mon dernier voyage sur mer, j'ai mis soixante-deux jours à aller d'Alexandrie à Tunis ; toute cette traversée, au milieu de l'hiver, fui une espèce de continuel naufrage; nous vîmes périr trois gros vaisseaux sur Malle, et le nôtre elait le quatrième eu danger. C'est peut-être acheter un peu cher le plaisir de ne peindre que d'après nature.

XXVIl*.

PAGE 88. Les flots se déroulaient avec uniformité.

Il faut l'avouer, au milieu des plus furieuses tempêtes, je n'ai point remarqué ce chaos, ces montagnes deau , ces abîmes, ce fracas qu'on voit d.ms les orages des poètes. Je ne trouve qu Ilomèi e de vrai dans ces sortes de descriptions, et elles se bornent presque loules à un trait, la noirceur des ondes. Jai bien remarqué, au contraire, ce silence et colle espèce de régularité que je décris ici, et il n'y a peut-être rien de plus ciïrayanl. Des marins à qui j'ai lu celle tempête m'ont paru frappés de la vérité des accidents. Les critiques qui pensent qu'on peut bien imiter la nature sans sortir de son cabinet sont, je crois, dans l'erreur. Que l'on ci.pie tant qu'on voudra un portrait fidèle, on n'attrapera jamais ces nuances de physionomie que loriginal peut seul donner.

XXVIIl*.

Page 89. L'écueil voisin semble changer de place.

Il faut avoir été dans une position semblable pour bien juger de la joie et delà torieurd'un pareil moment Je regrette de n'avoir point la lettre que j'écrivis à M. deC!:aleai.briand, mon iière. qui a péri avec son ai'<'ul, M. de Maleshcrbe.H. Je lui rendiiis eomple de mon nanfraiie. J'aurais rdrouvé dans celle ietire des circonstances qui ont sans doute échappé à ma mémoire, quoique ma mémoire m'ait bien rarement trompe.

XXIX®

JACB 90. On précipite au fond de la mer des sacs remplis de pierres.

Les anciens arrêtaient ainsi leurs vaisseaux sur les fonds vaseux, lorsque l'ancre j^lissait, ou, comme parlent les marins, lorsque le vaisseau filait sur son ancre. L'ancre sacrée était une ancre réservée pour les naufrages. Ou l'appelle parmi nous l'ancre de salut. Les anciens ont fait souvent allusion à celte ancre sacrée, entre autres Plularque, qui se sert volontiers d'images empruDlées de la navigation et des vaisseaux.

Page 1