SUR LE VINGT-QUATRIÈME LIVRE
PREMIÈRE REMARQUE
PAGE 152. Depuis la ceinture jusqu'à la tête, etc.
Les détails decette maladie de Galérius sont historiques, et je n'ai fait que traduire Lactance ( De mort. Persccut.) La réponse du médecin, rapportée dans moQ texte un peu plus bas, est également vraie.
II*
PAGE 153. Cette franchise plonge Galérius dans des transports de rage.
Il n'en fut pas toujours ainsi : Galérius, dompté par la colère céleste, donna des étlits en faveur des chréliens; mais il était trop tard, et la main de Ditu ne se relira point de dessus la lôte du persécuteur.
III*
PAGE 153. Les monts lointains de la Sabine, etc.
Colle belle couleur des monlai^nes de la Sabine a pu êlrc remarquée par iou^ ceux qui ont fait le voyage de Rome.
rv*.
PAGE 15-4. Portant sur la tête une ombelle. Espèce de chapeau romain pour se garantir du soleil.
PAGE 154. La foule vomie par les portiques, etc.
Les ouvertures par où la foule débouchait sur le théâtre s'appelaient vomiloires. J'ai fait cette description d'après la connaissance que j'ai du Coiysée à Rome, des arènes à Nîmes, et de l'amphilhéàtre à Vérone. Pour les grilles d'or, les eaux parfumées, les statues, les tableaux, les vases précieux, on peut consulter la plupart des historiens latins : et Gibbon {Fallofthe Roman Empire) a réuni les autorités. On fit paraître quelquefois des hippopotames et des crocodiles dans les canaux creusés autour de l'arène. Je n'aurais pas osé fixer le nombre des cinq cents lions, si je ne l'avais pas trouvé rapporté dans une description des jeux. Les cavernes où l'on renfermait les bètes féroces avaient deux issues; l'une s'ouvranl en dehors, et l'autre s'ouvrant en dedans de l'édifice. Certaines voûtes {fornix) servaient de lieux de prostitution. (Horace.)
vl^
PAGE 154. Comme aux jours de Néron, etc.
Dans une fête donnée par Tigellin à Néron, les premières dames romaines parurent mêlées dans les loges avec les courtisanes toutes nues.
VIl^.
PAGE 455. On vous a donné un front de diamant, etc.
Écriture. Ce verset se lit encore aujourd'hui dans la Fête des martyrs.
vIll^
PAGE 155. Composé à Cartilage par Augustin, ami d'Eudore.
J'ai suivi une tradition qui attribue le Te Dcum à saint Augustin. Ainsi, des deux amis de la jeunesse d'Eudore, l'un lui envoie son épouse chrétienne pour mourir avec lui, et l'autre compose un hymne pour sa mort.
Ix^
PAGE 456. Eudore, chrétien.
« On lui fit faire le tour de l'amphithéâtre, ayant devant lui un écriteau où on lisait ces paroles en latin : « Attale, clirvticn. » (Martyre de saint Pothin, Actes des ilartyrsy tom. i, pag. 88.)
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PAGE 156. 0 Rome ! j'aperçois un prince, etc.
Voilà, ce me semble, le règne de Constantin et le triomphe de la religion bien annoncés; et cette prophétie est convenablement placée dans la bouche d'Eudore.
PAGE 157. Vous ne serez point obliges, etc.
Allusion à la mort de Vilellius. Les soldai.-^ lui piquaient le menton avec la pointe de leur épée, pour le forcer à lever la tète.
PAGE 157. Une seule était restée.
Petite circonstance préparée depuis longtemps dans le livre ix*.
XIII®
PAGE 158. Les gladiateurs, selon l'usage, etc.
« Comme ils furent arrivés aux porlos de l'amphithéâtre, on voulut leur « faire prendre des habits consacrés par les païens à leurs cérémonies sacri- « léges : aux hommes, la robe des prêtres de Saturne, etc. » (Act. Mart., m sauct. Perpet.)
XIV®
PAGE 158. Il se souvient du pressentiment qu'il eut jadis dans ce même lieu.
(Voyez le iv* livre à la fin }
XV®
PAGE 158. L'empereur n'était point encore arrivé.
Ceci donne le temps de retourner à Cymodocée et de montrer l'accomplissemenl de la scène dans le ciel oendant quelle s'achève sur la terre.
XVI®
PAGE 159. Et vous, honneur de cette pieuse et fidèle cité. Saint Pothin et saint Irénée, à Lyon.
XVII*
PAGE 159. Ils y mêlèrent trois rayons de la vengeance éternelle, etc^
On voit q'i'il n"y a point de beautés dans la mythologie des anciens qu'on ne puisse transporter dans le merveilleux chrétien. (Voyez Virgile sur les foudres de Jupiter.)
XVIII*
PAGE 159. L'archange met un pied sur la mer et l'autre sur la terre.
« Et vidi alium angelum fortem descendentem de cœlo... Et posuit pedem « suum dextrum super mare, sinistrura antem super terram.» (Apocal., cap. X, V. 1 et 2.)
XIX®
PAGE 159. Rentre dans le puits de l'abîme, où tu seras enchaîné pour
mille ans.
« Etvidiangeium descendentem de cœlo, habentem clavem abyssi etcatenara « magnam in manu sua, et apprehendit draoonem, serpenlem antiquum, qui « est diabolus et Satanas, et ligavit eurn per annos mille.» {Apocal., cap. xx, V. 1 et 2.) Voilà l'action surnaturelle finie: Satan, Astarté, le démonde la fausse sagesse et de l'homicide, sont replongés dans l'abîme. Le lecteur connaît le sort de tous les personnages surnaturels et humains qu'il a vus figurer dans l'ouvrage.
XX*
PAGE 160. Il lève la tête et voit l'armée des martyrs, etc.
L'originM de ce tableau est dans Homère, lorsqu'il peint les dieux détruisant la niuruille des Grecs. Virgile l'a imité dans le ii* livre de V Enéide. Énée voit les dieux sapant les fondements de Troie et du palais de Priam. Le Tasse vient ensuite, et montre les milices célestes donnant le dernier assaut à Jérusalem, avec les croisés vainqueurs. Enfin, je me suis servi de la même image pour représenter la chute des temples de l'idolâtrie.
XXI*
PAGE 160. Une échelle merveilleuse.
« J'aperçus une échelle toute d'or, d'une prodigieuse hauteur, qui touchait « de la terre au ciel... Asture y monta le premier... Étant heureusement ar- « rivé au haut de léchelle, il se tourna vers moi, et me dit : Perpétue, je vous « attends. « {Act. Mart., in sancta Perpétua.)
XXII*
PAGE 161. Elle peut à peine étouffer les sanglots de la piolé filiale.
Un" jeune fille de seize ans mise à une pareille épreuve, et qui la surmonte, ne peut être accusée de fail)lesse. J'avoue que je n'aurais |ias une opinion bien grande du jugement ni mémo du courage dos chrolions qui demanderaient plus d'héroïsme; l'exagération en tout annonce la faiblesse: Rien u'est beau que le vrai; le vrai seul est aimable.
222t REMARQUES
11 non? siérait d'ailleurs assez mai ù présent ù'an'eclei- ie rir-nri^rre on matière de religion : sondons bien nos cœurs, et voyons ce que nous sommes ■ après cela nous ferons le procès à Cymodocée.
PAGE 163. J'ai la daus vos livres saints, etc
Si la fille d'Homère ne connaît pas bien la religion chrétienne, du moins elle en a appris ce qu'il faut pour mourir.
xxlv^
PAGE 163. Il tire de son doigt un anneau, etc.
« Ensuite, tirant de son doigt une bague, il la trempa dans son sang, et la « donnant à Pudens : recevez-la, lui dit-il, comme un gage de notre amitié, « et que le sang dont elle est rougie, vous fasse ressouvenir de celui que je ré- « pands aujourd'hui pour Jésus-Christ.» (^ct. Jlforfi/r., in sancta Perpétua.)
xxv".
PAGE 16i. Votre père... il va connaître la vraie lumière.
Prophétie d'Eudore, qui fait voir la fin de Démodocus, et laisse le lecteur tranquille sur la destinée de ce malheureux vieillard.
XXVl^.
PAGE 164. 0 Cymodocée ! je vous l'avais prédit, etc.
Dans le xv^ livre, lors de la séparation des deux époux à Athènes.
XXVIl®.
PAGE 165. Je suis chrétien, je demande le combat.
Rien n'était plus commun que de voir des chrétiens se dénoncer tout à coup eux-mêmes, à l'aspect des tourments qu'on faisait souîTrir à leurs frères. Dorothée meurt ici, comme Polyeucte, en renversant les idoles: l'ardeur de son zèle, ses imprécations contre les idoles et les idolâtres, forment contraste avec la patience, la résignation et la modération d'Eudoro,
XXVlll".
PAGE 166. Le pont qui conduisait du palais, etc.
On prétend que Titus se rendait de son palais à l'amphilhéâtrc par un ponl que Ion abaissait. On montre à tous les voyageurs l'endroit où ce ponl tombait sur le mur du Colysée.
XXIX
PAGE 167. Eudore craignait qu'une mort aussi chaste, etc.
Quelques personnes auraient voulu qu'Eudore ne laissât pas échapper cette espèce de dernier soupir de la faiblesse humaine : il me semble, au contraire, que l'action d'Eudore est conforme à la nature, sans blesser en rien la religion. Lorsque sainte Perpétue marcha au martyre, «elle tenait les yeux « baissés, disent les Actes , de peur que leur grand brillant ne fît, contre sa « volonté, ces effets surprenants qu'on sait que deux beaux yeux sont capa- « blés de faire.» {Act. Martyr., in sauct Perpet , traduct.de Maupertuis, tom. 1 , pag. 163.) Ceci, je pense, me justifie assez sous les rapports religieux; car c'est un sentiment tout semblable qu'éprouve Eudore , lorsqu'il ne veut pas que la mort de Cymodocée soit souillée par l'ombre d'une pensée impure, même dans les autres. J'espère aussi que ce n'est pas l'expression qu'on me reproche; l'expression des Actes de sainte Perpétue est un peu plus franche et plus naïve que la mienne. Serait-ce le dernier mouvement d'un amour chaste qui brûle dans le cœur d'un époux pour son épouse, que l'on blâmerait dans cette action? Que penserons-nous alors de l'Olinde du Tasse, qui, attaché sur le bûcher du martyre avec Sophronie, entretient non son épouse, mais son amante, de la passion qu'il sent pour elle? il faudrait bien, quand on se mêle de critiquer, savoir au moins ce que l'on dit, connaître les autorités, et ne pas courir les risques de montrer à la fois son défaut de jugement, son ignorance ou son manque de bonne foi.
XXX"
PAGE 467. On le voyait debout, etc.
« On voyait, dit Eusèbe, un jeune homme au-dessous de vingt ans qui se » tenait debout sans être lié, qui avait les mains étendues en forme de croix, « qui priait Dieu en la même place, pendant que des ours et des léopards, « qui ne respiraient que le sang, sautaient sur Un pour le mordre. » (Eusèbe, Hist. eccl., liv, vni, chap. vu, trad. du présid. Cousin.)
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PAGE 467. Ah! sauvez-moi î #
C'est le cri de la nature. Si l'on a vu de jeunes missionnaires pousser des cris au milieu des tourments que leur faisaient endurer les Sauvages, une pauvre jeune tille de seize ans ne pourra-t-ellc avoir un instant peur d'un ligre qui accourt pour la dévorer ? Disons plus : il y a quelque chose de révoilant à exiger plus de fermeté da«s Cymodocée. Puissions-nous, on pareil cas, mourir avec autant do courage! Je me délie toujours do cot horuïsnie qu'il est si aisé d'avoir au coin de sou feu, quand on n'a pouit à combattre. Souvenons-nous de cette belle parole de l'Écriture : I\'cc glorielur accinclus œque ut discinctus. {Reg., lib. m, cap. xx, v. 2.)
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PAGE 168. A l'instant la chaleur abandonne, etc.
Le rideau lombe. Il eût été aisé de développer les particularités du martyre ; mais j'aurais présenté un spectacle alTreux et dégoûtant. Toute la terreur, s'il y en a ici, se trouve placée avant l'apparition du titre : le tigre une. fois lâché dans l'arène , tout finit ; et ion ne voit rien de ce qu'on s'attendait à voir. Cette tromperie est tout à fait commandée par l'art, et convient à mon sujet, qui doit montrer le martyre comme un triomphe et non comme un malheur. Ajoutez que, dans les détails de la mort des deux jeunes époux, l'imagination du lecteur eût toujours été plus loin que la mienne.
PAGE 168. Les dieux s'en vont !
L'ouvrage finissait ici : le paragraphe ajouté rend l'action plus complète.
Je ne puis dire avec, quel plaisir je termine ces notes. Avoir à cliaque phrase, et pour ainsi dire k chaque mot, a relever une erreur de la critique; être sans cesse obligé de citer les autorités sur des points qui n'auraient pas souffert autrefois la plus légère difficulté; se rendre soi-même le juge de sou livre, je ne crois pas qu'il y ait pour un auteur une tâche plus pénible. Quoi qu'il en soit, voilà mes ennemis à leur aise. Je n'attends d'eux aucune justice, llssaveutqueje ne leur répondrai plus ; qu'ils triomphent en sûreté; qu'ils redoublent leurs outrages : j'aime mieux être la victime que l'auteur de leurs écrits.
FIN PES IlEMARQÏ'-S.
C'est avec un vrai chagrin que je me vois forcé à me défendre : ce rôle a quelque chose d'embarrassant, et qui répugne surtout à mon caractère. Mais, comme dans tout ce qui me concerne, on feint de mêler les intérêts de la religion, ce grand nom m'oblige à des soins que je ne prendrais pas pour moi ; mon devoir me fait une loi de repousser les traits qui peuvent tomber sur des choses saintes. Je vais donc examiner les Martyrs.
Cet examen se divise naturellement en trois parties.
1" Examen des objections religieuses et morales faites contre les Martyrs;
2° Examen des objections littéraires ;
3° Changements fai'ls aux premières éditions des Martyrs, et remarques ajoutées à chaque livre de l'ouvrage.