PREMIERE PROPOSITION
QCEtQUE CHOSE A EXISTÉ DE TOUTE ÉTERNITÉ.
Preuves. Par la raison que quelque chose existe. Dieu ou matière, peu importe à présent.
Secondk proposition. I. Quelque chose a existé de toute éternité, 2. ET
CET ÊTRE EXISTANT EST I^Dl^PEINDArST ET IMMUABLE.
Preuves. Il faudrait anlrementqu il y eût une succession infinie de causes et d'effets sans cause première, ce qui estconiradictoire. On le prouve,
Parée que, si la série détres indépendants est une et toute , elle ne peut avoir au dehors une cause de son existence successive puisqu'elle comprend
Joui. Or,
11 est évident que chaque être, dans la chaîne progressive, n'a pas, au dedans de soi, la cause tfliciente de son existence, puisqu'il est produit par un être précédent. Contradiction manifeste.
Objection. On dit : C'est la nécessité qui fait que ceUe chaîne d'êtres existe.
Réponse. Des êtres dépendante les uns des autres peuvent exister on n'exister pas. Il n'y a pas de nécessité; donc la causf de celte existence est déterminée par rien (absurdité.) Donc il doit y avoir de toute éieruiic un Être indépendant et immuable, «anse première de la génératiciu des êlres.
TiiOlSiÈME pr.OPOSlTiON. \. Qutlque chose a existé de toute éternité. 'i. Cet être existant est indépendant et immuable, 3. ET NE pkut être la matière.
Première preuve. Si cela était, la matière existcraii nécessairement par ellemême : la seide supposition qu'elle n'existe pas serait une contradiction dans les termes. Or, il est prouvé,
Que le mode de sou exist> nce n'est pas de cette nature, puisqu'on peut concevoir, sansconiraiiietion, qu'elle (la matière) pourrait ne pas exister, ou être toiiiauire chose que ce qu elle est. En elfe',
Ce caillou que vous roulez sous votre pied n'existe pas nécessairement , puisque vous le concevez fort bien ou anéanti, ou de toute autre espèce , sans qu'il en arrive aucun chaug'ment dans l'univers. Ainsi, d objets en «bjeis , vous verrez, clair comme lej' ur, que l'existence de la matière n'est pas de nécessité.
Siconde preuve. En outre, on ne peut pas se figurer la du: éc O'.ernelle de
ET ÉCLA1RCIS EMEMS. 413
la matière de la même manière qu'on entend cdle de Dieu : celui-ci, par la simplicité et la non-étendue de sa sub'^tanre. se fait concevoir à la pensée Comme exisiant à la fois dans le passe, le prés, nt el l'avenir. Mais la durée de la matière ne peut être que progressive, pui<(iu'elle a l'étendue et les dimensions des corp>:, et qu't Ile se perpétue par destructions el générations : elle n'existe plus pour la minute écoulée, el, comme 1 homme, elle avance dans l'avenir en perdant le passé.
Or. si l'éterniié est successive, comme elle l'est démonslralivemeni dans le cas de la matière, elle renleruie des siècles infinis :
Or, des siècles infinis ne peuvent être épuisés, ou ils ne seraient pas infinis;
Donc réternité de la matière étant succe?;sive, cette matière ne pourrait êlie venue jusqu'à nos jours, puisqu'il faudrait supposer qu'elle eiU franchi des siècles iii finis, et que des siècles infinis qui pourraient se franchir ne seraient point infinis *.
Troisième preuve. S'il n'y a que la matière dans la nature , et que celte matière n'existe pas de nécessité 'ce qui implique déjà contradiction), qui estce qui l'ait durer les êires?
S'il n'y a pas une puissance nécessaire qui conserve tout par sa seule vertu ou sa seule volonié, la cohésion des parties des corps est impossible. Won bras doit tomber en poussière, si les atomes dont il est formé ne sont sans cesse forcés de se tenir ensemble, ou même s'ils ne sont sans cesse créés *. Or, cette puissance nécessaire ne peut être la matière puisqu'elle n'existe pas de nécessité, et qu'elle n'a pas elle-même la ccdiésion des parties. Enfin, celte vuliinté conservatrice ne peut émaner de la matière, puisque la matière est un être purement passif et sans volonté.
Concluons que l'être primiiil, indépendant et immuable, ne peut être la matière.
Quatrième propositiow. 1. Quelque chose a existé de tnute éternité. 8. Cet être existant est indépendant et immuable; 3. il ne peut être la matièrt }