‹ Œuvres complètes de Chateaubriand (volume 5)Chapitre 208 sur 219 · LICHTENSTEIN · texte numérisé non relu

LICHTENSTEIN

Les encyclopédistes sont une secte de soi-disant philosophes", formée de nos jours ; ils se croient supérieurs à tout ce que rantiquilé a produit en ce genre. A l'eiTronieric des cyniques ils joignent la noble impudence de débiter tous les paradoxes qui leur lombi nt dans l'esprit; ils se targuent de géoméiiie , et soutiennent que ceux qui n'ont pas étmlié cette science ont l'esprit faux; que par conséquent ils ont seuls le don de bien raisonner : leurs discours les plus communs sont farcis de termes scientifiques. Ils diront, par exemple, que telles lois sont sagement établies en raison inverse du carré des distances ; que telle puissance , prête à former une alliance avec une autre , se sent attirer à elle par l'effet de l'attraction , et que bientôt les deux nations seront assimilées. Si on leur propose une promenade, c'est le problème d'une courbe à résoudre.' S'ils ont une colique néplirétique , ils s'en guérissent par les règles de Thyr drosiaiique. Si une puce les a mordus, ce sont des infiniment petits du premier ordre qui les incommodent. S'ils font une chute, c'est pour avoir perdu le centre de gravité. Si quelque folliculaire a l'audace de les attaquer, ils le noient dans un déluge d'encre ei d'injures; ce crime de lèse-philosophie est irrémissible.

Mais quel rapport ont ces fous avec notre noin, avec le jugement qu'on porte

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