‹ Œuvres complètes de Chateaubriand (volume 5)Chapitre 209 sur 219 · LICHTENSTEIN · texte numérisé non relu

LICHTENSTEIN

ncatic' up •(•.lus que voir ne croyez, parce qu'ils dénigrent toutes les sciences, hors celle de leurs calculs. Les poésies sont des frivolités dont il f;iut exeUirc Jes fables; un poète no dpit rimer avec énergie que les équations algébriques.

Pour riii:?îoirc, ils veulent qu'on l'éludie à rebours, à commencer de nos l'iups pour remonicr avant le (lélugo. Les gouverm nums, i's les rcformoni lous: la France doil devenir un Éiai républicain, dnni un géomètre ser;i le légi-lat ur. Cl que des géruièircs gouverneront, en soumoitani louhs les opéraidiis de la nouvelle république au calcul infinilésimal. Cetie république conservera une

paix consianie, et se soutiendra sans armée Ils alTccleia lous une sainio

liorreur pour la guerre S'ils haïssent les armées ci les généraux qui «c

rondeni célèbres , cela ne les empêche pas de se balire à coup ; de pUuue, et de se dire souvent des grossièretés dignes des halles; et, s'ils av:iieni des

troupes, ils les feraient marcher les unes contre les autres En leur si\le

ces beaux propos s'appellent des libcr;é^ pbi'osopliiqucs ; il faut penser tout haut; toute vérilc est bonne à dire; et comme, si Ion leur sens, jls sont seuls les dépositaires des vérilcs, ils croiLUi punoir débiter loulcs les extravagances qui leur viennent dans l'esprit, sûrs dèlre applaudis.

MARLl'.OUOLGII.

Apparemment qu'il n'y a plus en Europe de Pciites-Maisons; s'il en restait, mon avis serait d'y loger ces messieurs, pour qu'ils fussent les législateurs des lous, leurs semblables.

Mon avis serait de leur donner à gouverner une province qui mcriiât d'êlrc cliàtiée ; ils apprendraient par leur expérieiîce, après qu'ils y aiii aient tout mis sens dessus dessous, qu'ils sont des ingrats, que la critique est aisée, mais lart difficile ; et surtout qu'on s'expose à dire force sotiises, quand on se mêle de parler de ce qu'on n'cnlendpas.

LICnXtNSTEIN.

Des présomptueux n'avouent jamais qu'ils ont tort. Selon leurs principes, le sage ne se trompe j anais , il est le seul éclairé ; de lui doit émaner la lumière qui dissipe les sombres vapeurs dans lesquelles croupit le vulgaire imbécile et aveugle : aussi Dieu sait comment ils réclaircnt. Tantôt c'est en lui découvrant l'origine des préjugés, tantôt c'est un livi e sur l'esprii, t mlôt le système de la nature; cela ne finit point. Un las de polis^^^ons, soit par air ou par mode, £C coniptcni parmi h urs disciples; ils affectent de les copier, et s'érigent en sous-précepteurs du genre humain ; et comme il est plus facile de dire des injures qvie d'alléguer des raisons, le ion de leurs élèves est do se détacher indécemment en toulc occasion contre les militaires.

Un fat trouve toujours un plus lai qui l'admire; mais les militaires souffrentils les injures tranquillement?

LICIITENSTEIN.

Ils laissent aboyer ces roquets, et continuent leur chemin.

MArii.BonoLCii.

Mais pourquoi col arharncmeni coutic la p'us noble des professions, coiilre celle sous l'abri de laquelle les autres peuvent s'exercer en paix ?

LICIITIISSTEIN.

Comme ils sont tous très-ignorants dans l'an de la guerre, ils croient rendre cet art nupri abic en le déprimant; mais, comnie je vous l'ai dit, ils décrient généialemcnl toutes les scient es, et ils élèvent la seule i;éométric sur ces débris, pour anéantir toute gluirc éiiangèrc, cl la concentrer uniiuemcnisur leurs personnes.

MAni.BOROUGir.

Mais nous n'avons nn'-prisé ni la |)hil isupliie, ni la géniui'irio, ni les belleslettres, et nous nous ionunes cunleniés davoi: du mérite dans notre geiire.

J'ai plus fait. A Vienne j'ai proicgé tous les savants, elles ai distingués lors ;încme que personne n'en faisait aucun cas.

^ lichti:nstein.

Je accrois bien; c'est que vous éiinz de gra'MÎs hommes, et ces soi-disant philosophes ne sont que (les polissons, dont la vanité voudrait jouer un rôle: cela n'empêche pas que les injures si souvent lépch'-es ne fassent du tort à la mémoire des grands hommes. On ( roil que raisonner h rdiment de travers, c'est être philosophe, et qu'avancer des i aradoxes, c'est emporter la palme. Combienn'ai-jcpaseniei'du, parderidicu es propos, cundamner vos plus belles actions, et vous traiter d'hommes qui avaient usurpé une répuiation dans un siècle d ignorance qui manquait de vra s appréciateurs du mérite.

MARLBOROUGII.

Noire siècle, un siècle d'ignorance ! nh ! je n'y liens plus.

LICHTENSTKIN.

Le siècle présent est celui des philosoplics.

OEuvres de Frédéric II.)

INOTE 5, pa[ic 43.

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