SITUATION DES TOMBEAUX
Dans le sanctuaire , du côté de Vépitre,
Le tombeau du roi Dagobert l", mon en 638 , et les deux statues de pierre de liais, Tune couchée, l'autre en pied, et celle de la reine Nanthihle, sa femme, en pied.
On a été obligé de brisir la staïuc couchée de Dagobert, parce qu'elle faisait partie du massif du tombeau et du mur: on a cons^ervé le '.csle du tombeau,' qui représente la vision d'un ermite, au sujet de ce que l'on dit élre arrivé à l'àiue de D.igobert ajtrès sa mort, parce (|u>! ce morceau de sculpture peut servir à l'hisloiic de l'art et à celle de l'esprit humain.
Dans la croisée du chamr, du côté de l'épilre, le long desgrillesi
Le tombeau de Clovis 11, fils di> Dagobert, mort en 662.
Ce tombeau était en pierre de liais.
Celui de Ciiarles Martel, p>ro de Pépin, mort en 7 il. 11 était en pierre. Celui de Pépin, son lils , premier roi de. la d^ nxième race, mort en 7G8. Â. côlé, celui de Berlhe ou Bertrade, sa femme, morte en 783.
Du côlé de l'évangile, le long des grilles. Le lombeau de Carloman , (Ils de P pin , cl frère de Cliarlemagne, mort en 771; et celui dllermentrude, femme de Clnrles le Chauve, à côte , laquelle mourut en 869. Ces deux lOiubeaux m pien c.
Du côté de Vépitre.
Le lombeau de Louis lli , fils de Louis le Bègue , mort en 882 ; et celui do Carloman, frère de Louis 111, mort en 88 i. L'un et l'aulrc en pierre.
Du côté de l'évangile.
Le toinheati d'Emlcs le Grand, oncle de Hugues Capei, mort en 899, el celui de Hugues Capei, mort en 996.
Celui de Henri I", morl eu lOCO; de Louis VI, dit le Gro#, mort en 1137, et celui de Philippe, fils aîné de Louis le Gros , couronné du vivant de son père, mon en 1131.
Celui de Constance deCastille, seconde femme de L^uis VII, dit le Jeune, niorlcen 1 159.
Tous ces monuments étaient en pierre, et avaient été construits sous le règne de saint Louis, au treizième siècle. Ils contenaient cliacun deux petits cercueils de pierre, d'environ trois pieds de long , recouverts d'une pierre en dos d'âne, où étaient renfennées les cendres de ces princes et princesses.
Tous les iiionunienis qui suivaient étaient de marbre, à l'exceplion de deux qu'on aura soin de remarquer : ils avaient été construits dans le siècle où ont vécu les personnages dont ils contenaient les cendres.
Dans la croisée du chœur, du côté de l'épître.
Le tombeau de Philippe le Hardi, mort en 1285, et celui d'Isabelle d'Aragon, sa femme, morte en 1272. Ces deux tombeaux étaient creux, et contenaient ch;icun un coffre de plonib , d'environ trois pieds de long sur huit pouces de haut. Ils renferinaieiu les cendres de ces deux époux.
Celui de Philippe IV , dit le Bel, mort en 1314.
Côté de l'évangile.
Louis X, ditleHutin,mort en 1316, et celui de son fils posthume (Jean , que la plupart des historiens ne comptent pas au nombre des rois de France) , mort !a même année que son père, et quatre jours après sa naissance, pendant lequel temps il porta le titre de roi.
Aux pieds de Louis le Hutin , Jeanne , reine de Navarre, sa fille, morte en
Dans le sanctuaire, du côté de Vévangile.
Philippe V, dit le Long, mort le 3 janvier 1321, avec le cœur de sa femme, Jeanne de Bourgogne, morte le 21 janvier 1329; Charles IV, dit le Bel, mort en 1328, et Jeanne d'Évreux, sa femme, moi te en 1370.
Chapelle de Notre-Dame la Blanche, du côté de l'épître.
Blanche, fille de Charles le Bel, duchesse d'Orléans, morte en 1392, et Marie, sa sœur, morte en 1311; plus bas, deux effigies de ces deux princesses, en pierre, adossées aux piliers de l'entrée de la chapelle.
Dans le sanctuaire de cette chapelle, côté de l'évangile.
Philippe de Va'ois, mort en 1350, et Jeanne de Bourgogne, sa première femme, morte en 1318.
Blanche de INavarre, sa deuxième femme, morte en 1398. Jeanne, fille de Philippe de Valois et de Blanche, morte en 1373; plus bas, deux effigies en pierre, de Blanche et Jeaime, adossées aux piliers du bas de ladite chapelle.
Chapelle de Saint'Jean-Baptiste , dite des Charles.
Charles V, surnommé le Sage, mort en 1330, et Jeanne de Bourbon, sa femme, morte en 1378.
Charles VI , morl en 1423, et Isabeau de Bavière, sa femme, morte en 1 135. Charles VU, morl en 1461, Marie d'Anjou, sa femme, morte en 1463.
Revenu d;ins lo sanctuaire, du côlé du maîire-autel, côté de l'évangile, le roi Jean, mort en Angleicrrc, prisonnier, en 1364.
Au bas du sinciuaire et des degrés, du côlé de l'évangile, le massif du monument de Charles VIII, mort en 149S, dont l'effigie elles quatre anges qui étaient aux quatre coins avaient été retirés en 1792, a été démoli le 8 août 1793.
Dans la chripcllc de Notre-Dame la B'anche étaient les deux clTigies, en marbre blanc, de Henri II, mort en 1559, et de Catherine de Médicis, sa femme, morte en 15S9;i'un et l'autre revêtus de leurs habits royaux, couchés sur un lit recouvert de lames de cuivre doré, aux chiffres de l'un et de l'autre, et ornés de fleurs de lis. Dans la chapelle des Charles, le tombeau de Bertrand du Guesclin, mort en 1380.
Nota. Ce tombeau, qui n'avait pas été compris dans le décret, avait été détruit par les ouvriers le 7 août, mais on a rapporté son effigie dans la chapelle de luronne, en attendant qu'il fût transporté à sa destination.
Nota. Los cendres des rois et reines, renfermées dans les cercueils de pierre ou de plomb des tombraux creux mentionnés ci -dessus, ont été déposées, comme il a été dit ci-devant, dans Icndroit où avait été érigée la tour des Valois, attenant à la croisée de Péglise, du côté du septentrion, scrvaul alors de cimetière. Ce magnifique monument avait été délruiten 1719.
L'on n'a trouvé que ii ès-pcu d ■ chose dans les cercueils des tombeaux creux," il y avait un peu de fil dor faux dans celui de Pépin. Chaque cercueil contenait la simple inscripiion du nom sur une lame de plomb, et la plupart de ces lames étaient fort endommagées par la rouille.
Ces inscriptions, ainsi que les coffres de plomb de Philippe le Hardi et dlsabelle d'Aragon, ont été transportés à l'Hôtel de Ville, et ensuite à la fonte. Ce qu'on a trouvé de plusremarqu;ible estle sceau d'argent, de forme ogive, de Constance de Casiille, deuxième femme de Louis Vil dit le Jeune, morte en 1160 : il pèse trois onces et demie; on l'a déposé à la municipalité pour être remis au cabinet des antiques de la Bibliothèque du Roi.
Le nombre des moi.unienis détruits du 6 au 8 août 1793, au soir, qu'on a fini la destruction, monte à cinquante et un : ainsi, en trois jours, on a détruit l'ouvrage de douze sièch s.
P. S. Le tombeau du maréchal deXurenne, qui avait été conservé intact, fut démoli en avril 1700, et transporté aux Petits-Augustins, au faubourg Saint- Germain, à P.iris, 011 l'on rassemble tous les monuments qui méritent d'être conservés pour les arts.
L'église, (jui était toute couverte en plomb, ne fut découverte, cl le plomb porté à Paris, qu'en 1795 ; mais, le 0 seiitembrc 179C, on a apporté de la tuile et de l'ardnise de Paris, pour, dit-on, la recouvrir, afin de conserver ce magnifique monumei.t.
Les superbes grilles de for, faites en 1702, par un nommé Pierre Denys ; Irès-habile serrui ier, ont été déposées et transportées à la bibliothèque du collège Mazarin à Paris, en juilloi 1796.
Ce mémo serrurier avait faii de pareilles grilles pour l'abbayc de Chcllcs, lorsque madame d'Orléans en était abbesse.
Extraction des corps de rois, reines, princes et princesses, ainsi que des autres grands personnages qui étaient enterrés dans l'église de l'abbaye de Saint-Denis en France, faite en octobre 1793.
Le samedi 12 octobre 1793, on a ouvert le caveau des Bourbons, du côté des chapelles souterraines, et on a commencé par en tirer le cercueil du roi Henri IV, mort le 14 mai 1610, âgé de cinquante-sept ans.
Remarques. Son corps s'est trouvé bien conservé, et les traits du visage parfaitement reconnaissables. Il e»l resté dans le passage des chapelles basses, enveloppé de son suaire, éi;aknienl bien conservé. Chacun a eu la liberté de le voir jusqu'au lu di malin 14, (ni'on l'a poiic dans le chœur, au bas des marches du sancitiaire, où il est resté jusqu'à d' ux heures après muii, (ju'ou Ta déposé dans le cimeiière dit des Valois, ainsi qu'il a éié ci-devant dit, dans une grande fosse creusée dans le bas dudit cimeiière, à droite, du côté du nord.
Le lundi 14 octobre 1793.
Ce jour, après le dîner des ouvriers, vers les trois heures après midi, on continua l'exiracUon des aulrps cerc;ieilsdes Bourbons.
Celuitie louis XI II, mort en 1643, âgé de quarante-deux ans.
Celui de Louis XLV, mort en 1715, âgé de soixante-dix-sepl ans ;
De Marie de Médicis, deuxième femme de HcJtri IV, morte en 1642, âgée de soixanie-huitans ;
D'Anne d'Autriche, femme de Louis XIII, morte en 1666, âgçe de soixantequatre ans;
De Maiie-Thérèse, inf;!nic d'Espagne, épouse de Louis XIV, morte en 1683, âgée de quarante-cinq ans ;
De Louis, dauphin, hls de Louis XIV, mort en 17li, âgé de prèsde cinquante ans.
Remarques. Quelqncs-uns de ces corps étaient bien conservés, surtout celui de Louis XIII, reconnaissabl à sa inousiache; Louis XIV Fêlait aussi par ses grands ir.iils, mais il était noie conum; de Tencre. Les autres corps, et surtout celui du grand dauphin, étaient en putréfaclion liquide.
Le mardi it» octobre 1793.
Vers les sept heures du malin, on a repris cl continué l'cximclion des cercueils des Bourbons par celui de Marie Leczinska, princesse de Po'ogue, épouse de Louis XV, moi le en 1768, âuée de soixanli -cinq ans.
Celui de Marie-Anne-Chrislinc Vicinire de Bavière, épouse de Louis, grand dauphin, morte en 1690, âgée de irenle ans ;
De Louis, duc de lîourgogiu', fils de Louis, grand daujibin, mort en 1712, âgé de II ente ans;
De Marie-Adélaïde de Savoie, épouse de Louis, duc de Bourgogne, morie en 1712, âgée de vingt-six ans;
De Louis, duc de Bretagne, premier fils de Louis, duc de Bourgogne, mort en 1705, âgé tic ncufmoi- et dix-neuf jouis;
De Louis, duc de Bretagne, second fils du due de Bourgogne, mort en 1712, âgé de six ans ;
De Marie-Tliérèsc d'F.spagne, première kr.imc de Louis, dauphin, fds de Louis XV, morte eii 1746, âgée de vingt ans ;
De Xavier de France, duc d'Aquitai; e, sccniu! fils de Louis, datipliin, mort |(' 32 février 1754, âgé de cinq mois c; douii ;
De Marie-Séphiriiic de Franco, fille de Louis, daiipliinjinoi le le 27 avril 17 J8, âgée de vingt et un mois;
De N., duc d Ahj(ju, lils de LouisXV, mort le 7 avril 1733, âgé de deux ans sept mois trois jours.
On a aussi retiré du caveau les cœurs de Louis, dauphin, fds de Louis XV, mori à Foniiiiuebloau le 20 décembre 1765, et de Marie-Josèpiie de Saxe, son épouse, morte ii- 13 nsars 1767.
Nota. Leurs corps avaient été ent rrcs l'ans l'église cathédrale de Sens, ainsi qu'ils l'avaient demandé.
Remarques Le plomb en figure de cœur a été mis de côté, et ce qu'il contenait a été porté au ciniolière, et jeté dans la fosse commune avec tous les cadavres des Bourbons. Les cœurs des Courbons étaient recouverts d'autres de vermeil ou argent doré, et surmonté-; chacun d'une couronne aussi d'argent doré. Les cœurs d'argiMii et leurs couronnes ont été déposés à la municipalité, et le plomb a été remis aux comii)issaires aux plombs.
Ensuite on alla p; entre les autres cercueils à mesure qu'ils se présentaient à droite et à giurhe.
Le prem cr fut celui d'Anne-IIenrieite d^- France, fdie de Louis XV, morte le 10 février 1752, àgéo de vingt-ijuatre ans cin i mois vingt-sept jours j
Do Louise- Maiio d.- France, fille du Louis XV, morte le 27 février 1733, âgée de quatre ans et iomi ;
De Loiiiso-Elisali ;In!e France, fille do Louis XV. mariée au duc de Parme, morte h Versailles le 6 décembre 1759, âgée de trente-doux ans trois mois et vingt-drnx jours;
Do Louis-Joscph-Xavicr de France, duc de Bourgogne, fils de Louis, dauphin, frère aine de Louis XVI, mort le 2-2 mars 17GI, âgé de noufà dix ans ;
DeN. d'Orléans, secotid fiisd'Hoiiri IV, mon en lGll,àgo dequaire ans;
De Marie de Bourbon de Montpensier, première femme de Gaston, fils de Henri IV, morlo m 10-27, âgée de vingt-deux ans;
De G >ston-.Ie»i-B.ipiiste, duc d Orléans, fils de Henri IV, mort en IC60, âgé di' cinqu mtc-dei X ans ;
De IMaricLouise dOrléans, duchesse de Monipensiur, fnlcde Gaston et de Waiie de Bourbon mort' en 1693, âgée l'c toixane-sixans;
De Marguerite de Lorraine, seconde femme de Gaston, morte le 3 avril 1672, âgée de rinquanlo-huii ans ;
DiJoan-Gastnnd Orléans, fils de Gasion-JcanBapiisle et de Marguerite de Lorraine, mort le 10 août 165-2, à l'âge dedeux ans;
De Marie-Anne d'Orléans, fille de Gaston et de Marguerite de Lorraine, raoric le 17 août 1()56. à l'â;;ede quatre ans.
Kota. Rien n'a été reniji(|u;dilo dans l'extraction des cercueils faite dans la journée du mardi 15 ociobre 1793 : la plupart de ces corps étaient en putréfaction ; il en sdriaii une vapeur noire et épaisse d'une odeur infecte, qu'on chass:iit à force de vinaigre et do poudre qu'on eut la précaution de brûler; ce qui n'empêcha pu- les ouvriers de gagner des dcvoicoiculs cl des fièvres, qui n'ont pas eu de mauvaises suites.
Le mercredi i6 octobre 1793.
Vers les sept heures .lu matin, on a continué l'extraction des corps et cercueils du caveau des Bourbons. On a commence par celui de Hcnricllc-.Marie
de France, fille de Henri IV, et épouse de l'jnforluné Charles 1", roi d'Angleterre, morte en 16G9, âgée de soixante ans ; cl on a coniinné par celui de Henriette-Anne Siuari, fille dudit Chnrles 1", cl première femme de Monsieur, fièie uniiiue de Louis XIV, morte en 1670, âgée do vingt-six ans ;
De Philippe d'Orléans, dit Monsieur, frère unique de Louis XIV, mort en 1701, âgé de soixante et un ans;
D'Elisabeih-Cbarloiie de Bavière, seconde femme de Monsieur, merle en 1722, agcc de soixante-dix ans;
DeCli;irlcs, duc de Pcrri, (eiii-fils de Louis XIV, mort en 1714, âgé de vingt-huit ans ;
De Maric-Louisc-Eiisabeth d'Orléans, fille du duc régcutdu royaume, épouse de Charles, due de Bvrri, morte en 1719, âgée dj vingi-qualre ans;
De Phi'i[)ppe d'Orléans, pclit-fils de France, régent du royaume sous la minorité de Louis XV, mort le jeudi 2 décembre 17-23, âgé de quarante-neuf ans j
D'Aniie-Elisabeib de France, fille aînéede Louis XIV, morte le 30 décembre 16(32, laquelle n"a vécu que quarante-deux jours ;
De r.îaiie Anne de France, seconde fille de Louis XIV, morte le 28 décembre 1664, âgée de quarante et un jours ;
De Philippe, duc d'Anjou, fils de Louis XIV, moit le 10 juillet 1671, âgé de trois ans ;
De Louis, duc d'Anjou, frère du précédent, mort le 4 novembre 1672, lequel n'a vécu que quatre mois et dix-sept jours ;
De Marie-Thérèse de France, troisième fille de Louis XIV, morte le l" mars 1762, âgée de cinq ans ;
De Philippe-Charles d'Orléans, fils de Monsieur, mort le 8 décembre 1666, âgé de deux ans six mois ;
De N., fille de Monsieur, morte en naissant, en I€65;
D'AUxandre-Louis dOrlé;ins, duc de Valuis, fils de Monsieur, mort le 15 mars î67G, âgé de trois ans ;
De Charles de Berri, due d'Alençoii, fils du duc de Berri, mort le 16 avril 1718, âgé de vingt et un jours;
De N. de Boni, fille du duc de Berri, morte en naissant, le 21 juillet 1711;
De Marie-Louise Elisabeth, fille du due de Berri, morte en 1714, douze heures r.prèssa naissance ;
De Sophie de France, sixième fille de Louis XV, et tante de Louis XVI, morte le 5 mars 1782, âgée de quarante-sept ans sept mois et quatre jours;
DeN. doFiance,dite(rAngoulème,fille(iu comie d'Artois, frère de LouisXVf, morte le 23 juin 1783, âgée de cinq mois et seize jours ;
De Mademoisi LLE, fille du comte d'Artois, frère de Louis XVI, morte le 23 juin 1783, âgée de sept ans trois mois et un jour ;
De Sophie-Hélène de France, fille de Louis XVI, morte le 19juin 1787, âgée de onze mois dix jours ;
De Louis- Joseph Xavier, dauphin, fils de Louis XVI, mort à Mcudonle 4 juin 1789, âgé de sept ans sept mois et treize jours.
Suite du mercredi 16 octobre 1793.
A onze heures du matin, dans le moment où la reine Maric-Antoinclte d'Autriche, femme de Louis XVI, eut la téie traucliéc, on ( nleva le cevcueil de Louis XV, mort le 10 mai 1774, àgéde toixanie-iiuaireans.
Remarques. Il était à l'entrée du caveau, sur un banc ou massif de pierre, élevé à la hauteur d'environ deux pieds, au côté droit, en entrant, dans un3
ET lïCLAIRCISSlîMltNTS 2t\
espoci' de niclic praiiqu c dans l'cpaisseur du mur : c'élaii là qu'était déposé la corps du di'iiiier roi . eu aiiendaiii que sou suctt. ssour viul pour le remplacer, ei a!ois on !c porlail à son rai;ir dans le caveau.
Ou u'a ouveri 1 ■ cenuoil d.; Louis XV que da- s le rimetière, sur le bord de Ja tosse. Le Ciiiu- loliré du nMCuoil u' plomb, b en cnveloiipé de linges et de b.!udolei(cs, paraissait louloniicr cl l;iiu cou crvé; irai<, dciiagcde loulccqui renvelopi»ail, il n ofTiail pas la figure d'un cadavre; loui le corps tomba eu puirélaciiou, et il eu soi lii une odeur si infecte, (ju'il ne lut pas possililo de rester présent: on biùla de la pou 're , on tira j>'usieurs coups di^ fusil pour purifier l'air. Ou Icjeiabien viic dans la fosse, sur un lit de chaux vive, et on le couvrit encore de lei re et de ciiaux.
Autre remarque. Los entrailles des princes et princesses ctaioni aussi dans le caveau, dans des seaux de pldnib déposés sous les tréteaux de fer qui portaient leurs cercueils : on les i oria au cimetière : on j 'ta le^ * niraiiles dans la fosse con)ii)un<\ Les seaux de plomb furent mis de côté, pour être portés, comme tous les autres, à la fonderie qu'où veii.iit d'ét.iblirdaus le cimetière même pour fondre le plomb à mesure qu'on eu trouvait.
Vers les trois licures après midi, on a ouvert, dans la chapelle dite des Char^ les, le caveau de Ciiailes V. moi t en 13t<0, à|^'é de (|uaranie-deux ans, et celui de Jeaune de Doi:rbon, sou épouse, niorle eu 1378, àgt'e de quar.mte ans.
Charles de France, nmrt euîai.ten 1386, âgé de iiois mois, était iuliunuiaux pieds du loi Chai les V, son aïeul. Ses peliis os, tout- à-fait des>écliés, étaient dans un cercueil de plomb. Sa tombe, eu cuivie, était sons le marchepied de l'autel.
Isabelle de France, fille de Charles V, morte qu' Iques jours après sa mère ; Jeanne de Hourbou, morte en l'^78, âg«''e de eiu(| ans. et Jeanne de France, sa sœur, morte en 13G6, âgée de six mois ei quatorzi* jours, étaient inhumées dans la même chapelle, à coié de leu s père cl mère. 0., ne trouva que kuts os, sans ce* cueils de p'oud), mais quelques planches de bois pourri.
Remarques. On a trouvé dans !e cereiu il de Charles V une couronne de vermeil bien conservée, une main de justice d argent, et un sceptre de cinq pieds de 'ong. surmonté de feuilles d'acanthe d'argent, bien doré, dont l'or avait coni)Crvé tout son éclat.
Dans le ( en oeil de Jeanne de B urbon . sou épouse, on a trouvé un reste de couronne, un anneau d'or, les débris de biacelets ou chaînons, un fuseau ou qui nouille de bois doré, à demi pourri , des souliers de foi me foi l pointue, en partie eousommés, bord' s en or et en argent.
Les corps de Charf s V et de Jeanne de Bourbon , sa femme, de Charles VI et de s>a lemme, de Charles Vil et de sa femme, reliiés tie leurs cercueils, ont été portés dans la fosso ili s Bourbons ; après (juoi , cette fnsse a été couverte de terre, et on en a lait une autre à g.iuclie de celle des lîouibous dans le fond du cimetière, où on a dé: osé les autres corps trouves dans l'église.
Le jeudi 17 oclobic 1793 , du matin , on a fouillé dans le tombeau de Charles VI , mort eu li-2-2, âgé de ciiuiuantc-quaire ans, t Idans celui d Isab. au de Bavière sa lemme, morte en 14.^.5 ; on n'a trouvé dans leiiis cercueils (pie des ossements «lessécliés : leur caveau avait été enfnncé lorsde la démolition du uiois d'aoïU dernier. Ou mit en pièces et en morceaux leurs belles slaïues de marbre, et on pdla ce qui pouvait être précieux d.ins leurs cercueils
Le tombeau de Charles VII, morten 1461, ài^é de cinquante-huit ans, etcelui de Marie d'Anjou, sa femme, moi te en 1 163, avaient au^si été enfoncés et pillés. On n'a trouvé dans leurs cercueils qu'un reste de couronne et de sccplra d'urgent doré.
Remarques. Une singularité de l'embaumement du corps de Charles VII ^ c'est qu'on y avait parsemé du vif argent, qui avait conservé toiile sa fluidité: On a observé la même singularité dans quelques autres embaumementi de corps du quatorzième et du quinzième siècle.
Le même jour, 17 octobre 1793, ^aprè^■dîner, dans la chapelle Saint-Hippolyte, on a faiiTextractiou de deux cercueils de plomb, de Blanche de Navarre, seconde femme de Philippe de Valois, morte en 1391, et de Jeanne de France, leur fille, morte en 1371, âgée de vingt ans. On n'a pas trouvé la tête de celte dernière; elle a été vraisemblablement dérobée, il y a quelques années, lors d'une réparation faite à l'ouverture du caveau.
On a ensuite fait l'ouverture du caveau de Henri II , qui était fort petit : on en lira d'abord deux cœurs, un gros, et l'autre moindre -. on ne sait de qui ils viennent, étant sans inscriptions; ensuite quatre cercueils : 1° celui de Marguerite de France, femme de Henri IV, morie le 27 mai 1615, âgée de soixantedeux ans; 2° celui de François, duc d'Alençon , quatrième fils de Henri II, mort en 1584 , âgé de trente ans ; 3° celui de François II , qui n'a régné qu'un an et demi , et qui mourut le 5 décembre 1560 , âgé de dix-sept ans ; 4" d'une fille de Charles IX , nommée Elisabeth de France , moite le 2 avril 1570 , âgée de six ans.
Avant la nuit on a ouvert le caveau de Charles VIII , mort en 1498 , âgé de viugt-huit ans. Son cercueil de plomb était posé sur des tréteaux ou barres de fer : on n'a trouvé que des os presque desscchc's.
Le vendredi 18 octobre 1793 , vers les sept heures du matin, on a continué l'extraction des cercueils du caveau de Henri II, et on en a tiré quatre grands cercueils -.celui de Henri II, mort le lOjuillet 1559, âgé de quarante ans et quelques mois ; de Catherine de Médicis, sa femme, morte le 5 janvier 1589, âgée de soixante-dix ans; de Cliailes IX , mort en 1574, âgé de vingt-quatre ans; de Henri III, mort le 2 août 1589, âgé de trente-huit ans. ,
Celui de Louis, duc d'Orléans, second fils de Henri II, mort au berceau.
DeJe;inne de France et de Victoire i!c France, toutes deux filles de Henri II, mortes en bas âge.
Remarques. Ces cercueils étaient posés les uns sur les autres sur trois lignes : au premier rang, à main gauche en entrant, étaient les cercueils de Henri II, de Catherine de Médicis , sa femme , et de Louis d'Orléans, leur second fils : le cercueil de Henri II était posé sur des ban es de fer, et les deux autres sur celui de Henri H,
Au second rang , au milieu du caveau , étaient quatre autres cercueils placés les uns sur les autres, et les deux cœurs ci-dessus mentionnés étaient posés dessus.
Au troisième rang, à main droite, du côté du chœur, se trouvaient quatre cercueils : celui de Charles IX, porté sur des barres de fer, en portait un grand (celui de Henri IH) et deux petits.
Sous les tréteaux ou barres de fer étaient posés les cercueils de plomb. Il y avait beaucoup d'ossements ; ce sont probablenunt des ossements trouvés dans cet endroit lorsiiu'en 1719 on a fouillé pour faire le nouveau caveau dvs Valois, qui était avant construit dans rendroil même où on a déposé les restes dts princes cl princesses, au fur et à mesure qu'en en a découvert.
Le même jour 18 octobre 1793, ouest descendu dans le caveau de Louis XII, mort en 1515, âgé de cinquante-trois ans. Anne de Bretagne, son épouse, morte en 1514, à^écde trente sept ans, était dans le même caveau, à côté de lui: on a trouvé sur leurs cercueils deux couronnes de cuivre doré.
Dans le chœur, sous la croisée septentrionale, on a ouvert le tombeau de
ET ÉCLAIRCISSEMENTS. ggj
Jeanne de France, reine de Navarre, fille de Louis X, dit le Hutin, morle en 13i9, âgce de trente-huit ans. Elle était enterrée aux pieds de son père, sans caveau : une pierre creuse tapissée de plomb intérieuronicnt, etcouverie d'une autre pierre toute plate, renfermait ses ossements; on n'a trouvé dans son cercueil qu'une couronne de cuivre dore.
Louis X, dit le Huiin, n'avait pas non plus de cercueil de plomb, ni de caveau : une pierre creuse, en forme dauge, tapissée en dedans de lames de plomb, renfermait ses os desséchés, avec un reste de sceptre et de couronne de cuivre rongé par la rouille; il était mort en 1316, âgé de près de vingt-sept ans.
Le petit roi Jean, son fils posthume, était à côté de son père, dans une pelite tombe ou auge de pierre, revêtue de plomb, n'ayant vécu que quatre jours.
Près du tombeau de Louis X, était enterré, dans un simple cercueil de pierre,"; Hugues, dit le Grand, comte de Paris, mort en 956, père de Hugues Capet,' chef de la race des Capétiens. On na trouvé que ses os presque en poussière.'
On a été ensuite au milieu du cbœurdécouvrir lafossede Charles le Chauve, mort en 877, âgé de cinquante-quatre ans. On n'a trouvé, bien en avant dans la terre, qu'une espèce d'auge en pierre, dans laquelle était un petit coffre qui contenait le re>ie de ses cendres. Il était mort de poison en deçà du Mont Cenis,' sur les confins de la Savoie, dans une chaumière du village de Brios, à son retour de Rome. Sun corps fut mis en dépôt au prieuré de Mantui, du diocèse de Dijon, d'où il fut transporté sept ans après à Saint-Denis.
Le samedi 19 octobre 1793, la sépulture de Phili|tpe, comte de Boulogne, fils de Philippe-Auguste, mort en 12-23, n'a rien donné de remarquable, sinon la place de la tète du prince, creusée dans son cercueil de pierre.
Nous remarquerons la même chose pour celui de Dagobert.
Le cercueil de pierre en forme d'auge d'Alphonse de Poitiers, frère de saint Louis, mort en 1271, ne contenait que des cendres : ses cheveux éiiiientbiea conservés ; mais ce qui peut être remarquable, c'est que le dessous de la pierre qui ^ouvrait S(,n cercueil était tacheté, coloré et veiné de jaune et de blanc comme du marbre : les exhalaisons fortes du cadavre ont pu produire cet effet.
Le corps de Philippe- Auguste, mort en 1223, ciait entièrement consommé : la pierre taillée en dos d'âne qui couvrait le cercueil de pierre était arrondie du côié delà têie.
Le corps de Louis VIII, père de saint Louis, mort le 8 novembre 1226, âgô de quarante ans, s'»'Si liouvé aus>i presque consommé. Sur la pierre qui couvrait sou cercueil était sculptée une croix en demi-relief : on n'y a trouvé qu'un reste de scepire de bois pourri; son diadème, qui n'était qu'une bande d'étoffe tissue en or, avec une grande calotte d'une étoffe satinée, assez bien conservée. Le corps avait éié enveloppé dans un drap ou suaire tissu d'or : on en trouva encore des morceaux assez liien conservés.
Remarques. Son corps ainsi enseveli avait été recousu dans un cuir fort épais qui était bien ti)nser\é.
Il est le seul que nous ayons trouvé enveloppé dans un cuir. Il est vraisemblable qu'on ne la fait pour lui que pour que son cadavre n'exhalât pas au dehors de mauvaise odeur dans le liansiiorl (ju'oncn fit de Monlpin>ier en Auvcr» gne, où il moniulà son retour de la guerre contre les Albigeois.
On fouilla au milieu du chœur, auba-) dts marches du sanctuaire, sous une tombe de cuivre, pour trouver le corps de Marguerite de Provence, fenune de SJint Louis, morle en li95. On creusa bien avant en terre sans lien trouver: cuîin on découvrit, à gauche de la place où ciaii sa tombe, une auge de pierre
remplie de gravats, parrai lesquels étaient une rotule et deux petits os.
Dans la chapelle de Noire-Daiiie-la- Blanche, on a ouvert le caveau de Marie de France, fi le de Charles IV, dit le Bel, morte en 1341, et de Blanche sa sœur, duchesse d Oiléans, morte en 1392. Le caveau était rempli de décombres, sans corps et sans cercueils.
En coniinuant la fouille dans le chœur, on a trouvé, à côlc du tombeau de Louis VIII, celui où avait eic déposé saint Louis, mort en 1270.11 était plus court et moins large que les autres ; les ossements en avaient été retirés lors de sa canonisation en i297.
Nota. La laison poui iaquelle son cercueil était moins large et moins long que les autres, c'est que, suivant les historiens, ses chairs furent portées en Sicile : ainsi on n'a rapporté à Saint-Denis que les os, pour lesquels il a fallu un cercueil moins grand que pour le corps entier.
On a ensuite décarrelé le haut du chœur pour découvrir les autres cercueils cachés sous terre. On a trouvé celui de Philippe le Bel, mort en I3t4, âgé de quarante-six ans. Ce cercueil était de pierre, recouvert d'une large dalle. Il n'y avait pas dautre cercueil que la pierre creusée en forme d'auge, et plus large à la téie qu'aux pieds, et tapissée eu dedans d'une laniede plomb, et une forte et large lame aussi de plomb scellée sur les barres de fer qui fermaient le tombeau. Le squelette était tout entier : on a trouvé un anneau d'or, un sceptre de cuivie doré, de cinq pieds de long, terminé par une touffe de leuillage sur laquelle était représenté un oiseau aussi de cuivre doré.
Le S(;ir, à la lumière, on a ouvert le tombeau de pierre du roi Dagobert, mort en 638. Il avaii p'us de six i ieds de long : la pierre était creusée pour recevoir la tête qui était séparée du corps. On a trouvé un coffre de bois d'environ deux pieds de long, garni eu dedans de jduinb, qui renfermait les os de ce prince et ceux dcNaiiihilde,sa femme, niortf en 642. Les ossements étaient enveloppés dans une étoffe de soie, séparés les uns des autres par une planche intermédiaire qui partageait le coffre en deux parties. Sur un des côtés de ce coffre était une lame de plomb, avec cette inscription :