‹ Œuvres complètes de ChateaubriandChapitre 101 sur 239 · EXPOSITION · texte numérisé non relu

EXPOSITION

I. Quoljps sont les révolutions arrivées autrefois dans les gouvernements des honinns ? Quel éiait alors l'étal de la société, et quelle a été l'infliience de ces révoluiions sur l'âge où e les éclaièreiiiei les siècles qui les suivirent?

II. Parmi <es révolutions en esi-il quelques-unes qui, par l'esprit, les mœurs et les lumières des temps, puissent se comparer à la révolution actuelle de France?

m. Quelles sont les cnu<^es primitives de cette dernière révolution, et celles qui on ont, opéré le développement soudain ?

IV. Quel est mainlenani le gouvernement de France? Est-il fondé sur de vrais p incipes, cl peut-il subsister ?

V. S il subsiste, quel en sera l'effet sur les nations et autres gouvernements de l'Europe?

VI. S'il est détruit, quells en seront les conséquences pour les peuples contempoiainsc't pour la postérité ^?

Telles sont les que tioiis que je me propose d'examiner. Quoiqu'on ait beaucoup écrii sur la révolution liaiiçaise, cba(|ue faction se comenlant de décrier sa rivale, le sujet est aussi neuf que s'il n'eûi j imais été traité.

Républicains, conslituliounels, monaicbisles, giroudisles, royaliste*;, émigrés, enfin politiques <le toutes les sectes*, de ces qutsiiotis bien ou mal entendues dépend voire bonheur ou votre, malheur à venir. Il n'est point d'homme qui ne foi me des piojeis de gloire, de foi tune, de plaisir ou de repos ; et nul, cependant, dans ce moment de crise, ne p ut -e «lire : « Je ferai telle chose a demain, r> s'il n'a prévu quel sera ce demain. Il «st passé le temps des félicités individiie les : les petites ambitions, les étroits intérêts d'un homme, s'anéantissent devant l'ambition générale des fialions et rinlérél du genre humain ''. En vain nous espérez éch:ippfi aux calamités de vol" e siècle par des mœurs soliiaires et l'obscurité de voire vie; l'ami est maintenant arnché à l'ami, et la retiaite du sage retentit de la chuie des trônes. Nul ne f)eui se promettre un moment de p;iix : nous naviguons sur une côte inconnue, au milieu des lénèb es et de la lempêie. Chacun a donc un intérêt personnel à considérer ces questions avec moi, parce que ï>on existei-ccy est attachée. C'est une carte qu'il faut étudier dans le péril pour reconnaître en pilote sage le point ddùl'oQ part, le lieu où l'on est et celui on l'on va, afin qu'en cas de naufrage on se sauve sur quelque île où la tempête ne puisse nous atteindre. Cette île-ld est une couscionce sans reproche.

Page 1