‹ Œuvres complètes de ChateaubriandChapitre 103 sur 239 · PREMIÈRE QUESTION · texte numérisé non relu

PREMIÈRE QUESTION

Ancienneté des hommes.

« Quelles senties révolutions arrivées autrefois dans le gouvernement des « homiiiesH quel était alors l'elaldela société? et quelle a été l'iuffuencede ces « révolutions sur lâgeoù elles éclatèrent et les siècles qui les suivirent? »

Le seul énomé de celte question suffit pour en démomrer limporlance. Le vaste sujet qu'elle embrasse remplira la majeure partie de cet ouvrage, et, servant de c ef à nos derniers pioblemes, en fera naître une foule de ventés inconnues. Le tlambeau des révolutions passées à la main, nou> entrerons hardiment dans la nuit des révolutions futures. Nous saisirons riiomme d'autrefois malgré ses déguisements, et nous forcerons le Proteeà nous dévoiler rhomme à venir. Ici s'ouvre une perspective immense; ici j'ose me flatter v.c conduire le lecteur par un sentier encore tout inculte de la philosophie, où je lui promets des découNcrtes et de nouvelles vues des iiommes <*. Du tableau des troubles de l'antiquité passant à celui des nations modernes, je remonterai, par une série de malheurs, depuis les premiers âges du mondejusqua notre siècle. L'histoire

• Voilà la critique la plus juste qu'on puisse faire de V Essai : j'avais le sentiment de la faiblesse d • mon plan, et je faisais des efforts pour le cacher aux yeux du public et aux miens. (N. Éd.)

*> Et pourta» t c'tst un roman où les évéueintMiis sont obligés, bon gré, mal gré, de se piier à un système. (N. Ed.)

*^ Me voila rendu a ma propre nature : Rousseau n'est plus pour rien dans celte manière d'écrire. (N. Éd.)

^ Quelle assurance! l'excuse ici est la jeunesse. De nouvelles vues des hommes! mais il auialt fallu couuaencer par savoir ce que j'étais moi-même. (N. Éd.)

des peuples est une échelle de misère dont les révolutions forment les différents degrés.

Si ion considère que, depuis le jour mémorable où Christophe Colomb aborda sur les rives ainéri* aines, pas une d« s hor<ies qui vaguent dans les forêis du Nouveau-Monde n'a lait un pas vers la civilisation ; que cependant ces peuples étaient d(jà b in de Tétai de nature* à l'époque où on les a trouvés, on ne pourra s\ni|iêcher de convenir <jue la forme la plus grossière du gouvernement n'aii dû coûter à l'humnie des siècb'S de barbarie.

Qu'aptrcevons-nous donc au moment où l'histoire s'ouvre? De grandes nations déjà sur leur déclin, des niœ-.rs coirompiies, un hjxe effroyable, des sciences abstrait, s ^, telb>s que rastroiiomie, l'écriture 1 1 la métaphysique «les langues, arts doniradièvement semble demander la du;éed'un moutlc! Sien ajoute à cela le- iraditi(u»s drs peupl- s : les Pasteui s de lanlique Egypte, paissant leurs gazellt'S dans les vilb s abandonnées et sur les monuments en ruine d'une naiion inconnue, jads llorissanie dans ces déserts^; celte même Egypte comptant plus de cinq nulle ans*, depuis la lin de I âge; bucoli(jue et l'érection delà monaicbie sous son i-renneri'oi Menés justjuà Alexandre; la Chine fondant s(,n hi-toire sur un calcu d éclipse> qui remonte jusqu au delurre*, au delà duquel sis annides se perdent dans des siècles innombrabies; llnde enfin, off: ant le phénomène d'une langu»' primitive, s()ur< e de louies < elies de rOrie«t, langue qni nVst plus eniemJuc (|ue des iîramins^, et qui fut jadis (tailéedun grand p* uple, dont le nom ujéme a disparu de la tene; il rst certain que le premier coup d'œil qu'on jetto sur Ihi^toire des hommes snffirait pour nous convrnncreque noire courte chrfmologie en remplit à peine la dernière feuille, si les motiuuMMiis do la nature ne démontraient cette venté au delà de toute cuniriidiCiioii^.

» Une observation importante à faire sur la lenteur avec laquelle les Amtnicains se civiîisen!, c'est c|u<' la nature leur a nlnsé l<'s tioiipeaiix, ces premiers lésislaleiirs des lioninties 11 est mêîïîf Ucs-reniaïquribie <|u'on a trouve ces sauvages polices là précisément où il y avait uue espèce (i'.'iiiiirial doiiiesUfiue *.

2 HÉKuD.,lib. I el li; D{or).,lib. i et ii.

5 Voyage aux Sources du NU, par .1. Brî'CR, t III, liv. H, cliap. II, p. 117, elc. .

Ena(!iii('Uaiit, avec lîriice, q.if les Pa-iieurs rcnriplacerenl les.aiiciens i»eui>!es <le l'Egypte, je rejoUe le reste «l" son svsieme, qi;i fait soriir les rasl'urs tir l'Elhiopif. 11 vous dit que les descendiiiilsde Cusli, priil-fils de Aoe, iieiiplorenl ces conlié'-s alors dés^tles, el quelques pages après il ajoute que les Cusliites trouvèienl luiprés d'eux une naliou puissante, les l'asfenrs. Ouir^'quf les aiiciei;s historiens [taiaissent fiuieeiiteudre que les ;'a>'»'uiseiilr<'reuL en lisyp'e par risllitne (if Suez, Rnic(! a ignoré un passage d'husèbe qui dit : Miliiopei ab Indo flu ine consur.irnies juxta Mnypium consederunC. Et il fixe leur arrivée au règne d'Attiénopiiis, .avan; ta dix UiMiMt'iiic (i.uiaslie. et vers le temps de la l'ondaHou de Si)arte, environ I (lO ans 'avant l'ère vuI^ùk'. A usi les i'asleurs auraient été les hai)itanls priinilil'sdc l'EUnopie. D'ailleurs, selon IJsseruis, r èsosU-is elaiL fiis d'Auiénopliis. Celui-ci avait régné gior.eusemenl, et Sésostîis, loin d'avoir à arracher son rovaume des mains des Pasteurs ucloi eux, entreprit la conqiiêU'du momie, si nius en croyons Diodore île Sicile. Il faut donc placer le rè^ne de^ Pasteurs dans une anliquilé bien plus reculée que ne le fait le voyageur Biuce, el rejeter l'opinion, lrès-iMvraisemijl.il)le, queces (>euples venaient oii.:iu;iiteineiit de l'EtluOiiie. !\iaiiellion, dans sa seizième dynastie, les ai>pelle expresséinenl *o«vu£5 Çîyot, Phéniciens étrangers. Au r-esle, Josèplie rapporte que Teliunosis conlr lignil ceux-ci |»ar un irailé d'abandonner son empire, ce qui en ferait lemonler l'ei^xpi»; vers l'an 2s8i) de la péricule Juli.'inie. lii s ceci ne d»dl s'entendre que des derniers i^asieiirs. Il est ceil.iin (iu;' ces peiqdes ravagèrent plusieurs lois l'Egvp e (Manktho apudJosf-ph.et Afiic; lltROU., lib. il, cap C; DlOo.,lib. i, p. <8, etc.; Eusi B.. Chion., I:li. I, p. \:i.)

'i Su vaut le ca'cul modèle de Manetlion. Si on adm^'ltail le règne lies dieux et des demidieux, il faudrait coiupler plii-idc \in':;l mille ans. ^UioD ,lib. i, p. 41.)

5 DiiiALOR, Hisl. de la Chine, t. Il, p. i

I.a prem er>'e(li|ive aet»- oh orvèe deux mille cent cinqurinte-cinq ans avnnt Jésus Christ.

6 Ùist. ofJnd. fium.lhn Earliesl. Ace; P»Obkrtson, Appendix to his Uisquit.

La laiigur saiiscriti' ou s-uree vient euliu d'être recelée au monde. iNous posseiiuns déjà la tradurlidiJ de plii.sieui-s lîoëaies écrits <l;uis c<l idiome. La puissance et la phiioso|>hie des Anglais aux Indes ont lait à la répuidiquedes lettres ce présent inestimable. (Vovcj les auteurs cites ci-dessus )

7 lU FF»)>, fh'nr.df la Terre.

J'a\ais recucdli uioi-uiènK! nu •j.ranil nombre d'observations botaniques et minéralogiques sur l'aiitiquilé de la leri-e. J'ai compte sur des montagnes d'une hauteur médiocre, qui courent du sud-est au nord-ouest, par le 42'digre de lati iide septentrionale en Amérique, jusqu'à

* Observation assez curieuse. (N. Éd.)

La fleslruciion et le renouvellement d'une partie du genre humain est une autre conjeciure également fondée. Les corps m:irins transportés au sommet des montagnes, ou enfouis dans les entrailes de la terre; les lits de pierres calcaires ; l<s C'iuches parallèles et hoiizoniales des sols *, so réun'ssent avec les traditions d 'S Juifs 2, des Indiens^, dos Chinois*, des Egyptiens*, des Celtes •, des Nègres^ de l'Afrinue et des Sauvages* ujême du Canada, pour prouver la submersion du globe'.

Posons donc pour base de l'histoire ces deux vérités : l'antiquité des hommes, et leur renouvellement après la destruciion presque totale de la race humaine!

Mais en ne comn.ençanl Thistoire qu'à l'époque très-incertaine du déluge vous êtes loin d'avoir vaincu touies h's d!l^lculté^. Sanchonialhon ne vous apprend d'abord que la fondation des villes et des Etats. Cronus fils du roi Ouranus, saisit son père auprès d^ine fontaine, le fait cruellement mutiler, entreprend de longs voyages, dispense à son gré 1ns empires, donnant à sa aile

treize générations de chênes, évidemment successives sur le même sol. On m'a montré en Allem.isne U(ie pierre calcaire seconde, lormée des débris d'une pierre calcaire première ; ce qui nous jelte dans une iuimensiié de siècles. M. iVI., célèbre minéralogiste de Paris, m'avait assuré avoir trouvé auparavant cette même pierre dans les environs de Montmartre. A Graciosa, l'une des Açoresj'ai ramassé des laves si antiques, qu'.-lles étaient revêtues d'une croûte de mousse pétrifiée de plus d'im demi-i)Oiice d'épaisseur. Kndn, à l'île Samt-Hierre, sur la côte désolée qui regarde l'île deTeire-ÏNeuve, di.ul î'ile est séparée par une mer bruvanle et dangereuse, toujours couverte d'é(>ais brouilUirds, j'ai examiné un rocher formé découches alternatives de lichen rouge qui avait acijuis la dureté du granit. Le manuscrit de ces vovages, dont on trouvera quelques extraits dans l'ouvrage que je donne ici au oublie, a péri, avec le reste de ma iDrtune, dans la révolution*.

« Bdffon, rhéor. de la Terre^ Ui$l. des Hommes, 1. 1; Carl., Lettres sur t'Âtnériquê.

» Genèse.

3 Uist. ttfind. from the Earliest, etc.

4 DUHALD., liisl. de la C/ime, t. 11.

5 LuciAN , de Uea Syria.

liUcien rapporte l'Iiisloiie de la colombe de Noé.

6 KouA, Myihol, ; Kkvzl, Ànl. 6>/j/..rap. n ; Scukd., de Dits Germ.

7 KOBKy's Àcc. of the C. ofGood IJnpe ; Sp.vrkm., Voy. umopg ifie Hnlt.,yi,ch.Y.

Ce dernier auteur raconte (jne Irs Hotlenlo's oiH une si grande horreur de la pluie, qu'il est impossihif de leur taire convenir qu'elle suit qnelrnu-lois nécessaire. Le vo\ageur suédois attribue la cause de c*ile singularile à des o[tiniuns rrligicuses ; il est plus naturel de croire que cette antipathie tient à un setilimeni conlus des malheurs occasionnés par le déluge. Il rsl vrai que cette tradition a pu être portée en Afrique, soit i>,ir les mahonuHansqui y pénétrèrent <lans le huitième siècle (vo.vez Geogr. Nubiens. , trad, de l'arabe ; et LÉO-v, Descnplton d" l'Afr.), ou longtemps auparavant par les LarUiagioois, dont quelques vo» ageurs modernes ont retrouvé des monuments jusque sur les bords du Sénégal et du Tigre. Cependant, si les Carthaginois ont suivi les opinions de leurs ancêtres les Phéniciens, ils ne croyaient pas au déluge.

8 Lkv., Mœurs des Sauv.^ avLRelig.

Le docteur Roberlson, d;ins son excellente Histoire de l'Amérique a.U,]\v. lY, p.2.5, etc.), adopte le système des premières émigrations à cecoiilmenl, par le nord -est de l'Asie et le nord ouest de l'Europe. D'après les voyages de Cook, et ceux encore plus récents des autres oavigaleurs, il parait maintenant prouvé que l'Amérique méridionale a pu recevoir ses habitants des îles de la mer du Sud, de même que ces dernières reçurent les leurs des côtes de l'Inde qui en sont les plus voisines. Cette chaîne d'îles enchantées semble être jetée comme un pont sur l'Océan, entre les deux m ndes, pour inviter les hommes à parcourir leurs domaines. Les rap-

f>orts lie langage et de religion entre les anciens Péruviens, les insulaires des Sandwich, d'Oi»liti, etc., et les Malais, donnent quelque solidité à celte conjecture. H est alors plus que probable aue la tradition du déluge se répandit en Amérique avec les peuples de l'Inde, de la Tartarie et e la Norwége.

(Voyez les tables comparées des langues à la fin des Voyages de Conk, et les extraits d'un dernier Voyage àlarecht-rche deM. de La Pérouse, Journal de M. Pellier, n. 64,05.)

9 11 ne faut |>as, au reste, se dissimuler une grande objection historique. Sanchonialhon le Phénicien, contemporain de Sémiramis, ne dit ()as un seul mol du déluge II n'y a peul-êlre pas de monument plus curieux dans toute la littérature que les passages de cet auteur, échappés aux ravages du temps dans les écrits de Porphyre et d'Kusébe. i>on->;eulement on doit s'étonner du

f>rorond silence de ces fragments sur les deux fameuses traditions du déluge et de la chute de 'homme, ainsi que de l'explication que ces mêmes fragments nous donnent de l'origine du culte chez les Grecs ; m.iis d'y trouver le plus ancien historien du monde athée par principes, c'est sans doute une circonstance de la nalure la plus extraordinaire. Ces précieuses reliques de l'anliquile n'étant guère connues que des savants, les lecteurs me sauront peut-être gre de les leur produire ici.

Oui, le manuscrit fow/ à /aj7 primitif de ces voyages, mais non pas le manuscrit des Natchez, écrit a Londres, daus lequel une grande partie du manusc il primitif -a été conservée. (N. Éd.)

Albéna l'Altiqne, et an dieu Taaiiins l'Eiiypl'^*. Hérodote et Diodore vous introfluisent ensuite dans le pnys des niervi illcs. Ces^nides villes de vingt lieut'S de circuit, élevées comme par enchantement 2, des jardins suspendus dans les airs\ des lacs entiers creusés de la main des hommes*. L'Orient se présente soudainement à nous dans toute sa corruption et dans toute sa gloire. Déjà trois puissantes mona'chies se sont assises sur les ruines les unes des autres* ;parl()Ui des conquête'^, démesurées, désastreuses aux vaincus, inutiles ou funestes aux vainqueurs^. En Perse, une uaiion avilie' et des satrapes lexalés*; en Egypte, un peup'e ignorant et superstitieux», des prêtres savants et despotiques*^. Dans c-' monde, où le palais de Sardanapde s'élève auprès de la hutte de l'esclave, où le temph; de la Divinité ne rassemble que des misérables sous ses dômes de porphyre; dans ce chaos de luxe et d'indigence, de souflfranc es et de voluptés, de fanatisme et de lumières, d'oppression et de servitude, laissons dormir inconnus les crimes des tyrans et les malheurs des esclaves. Un rayon émané de l'Egypie, après avoir lutté quelque temps contre

« La source de l'univers, dit Sanchoniathon, était un air sombre et affilé, un cliaos infini et sans forme. Cet air devint amoureux de ses propres principes, et il en sortit une substance mixte appelée uidoç ou le désir.

«Celle substance mixte fut la matrice générale des choses; mais Tair ignorait ce qu'il avait

{iroduil. Avec celle-ci il en};endra Môl (une vase fermenlee), et de cet embryon germèrent loutei es plantes et le système de l'univers, d

L'auteur phénicien raconte ensuite que le soleil, la lune, les étoiles, sont des animaux intelligents qui se Jornièrcnt dans Mot, ou le limon ; et que, la lumière ayant produit les tonnerres, les animaux, éveilles au bruit de la loudre. s'enluirenl dans les forêts, ou se précipitèrent dans les eaux. Ici Sanciionialhon cite les écrits de Taautus, dont il a tiré sa cosmogonie, et il fait Taaulus même inveuuur des leltrcs: ainsi, on ne peut imaginer une plus grande antiquité. L'historien i)asse à la géiiéralion des hommes, et dit :

« iJu vent Colpias et de sa lémme Raau fuient engendrés deux mortels Cmâle et femelle) appelés Prologonus ti/Eon, De ce premier couple naquirent Genus et Genea, qui, d;ins une grande sécheresse, étendirent leurs mains vers le soleil, s'écrianl : heelsamin! (en phénicien, Seigneur du ciel ; en grec, Zsù;). » De là l'ongine du grand nom de In divinité ciiez les Giecs. L'hislorieu se moque de ceux-ci, pour n'avo r pas entendu l'expression phénicienne.

Sanrhonialhoii r.npporle ainsi douze générations : l'roiogonus, Genus, Phos, Libanus, Menirumus, Agreiis, fihrysor, Teclmites, Agnis, Amvnus. Misor, Taautus, donnant aux uns l'invention de l'agriculture , aux autres oeil»" des arts mécaniques, etc., montrant comment les divisions geographques prirent leur nom d ceux de ces premiers hommes, telle que de Libanus, le Liban, el enfin la source delà plupail des tUvinilés des Grecs (jui déilièrenl ces uiorleis par ignorance.

On remarque qu'à la dix'ème génération (\mvnus\ qui correspond à Noé dans la Genèse, Sanchoniailiou passeimmedialfuienlà Misor, sans qu'il parais>emême Sfd'uler du niemorat^le événement quidut avoir lieu alors. « n'Agrus,dii-il, uaquil Ainynus, qui enseigna aux h animes à bâtir des villes ; d'Amyn'is, Misor le juste, etc. »

Concluons celte note par une remarque importante. On place Sanchoniathon (Porphyre) vers le tem[is de Sémiramis. Or, la reine assyrieime régnai! environ deux mille cent quatre-vingt— tiix ans avant notre ère. Selon roj>inioii coinmiuie- I • première colonie égyptienne qui émigra aux cotes de la Grèce n'y parvint quf dans l'année IS.jG de la même chrono ogie; et le sys'ème religieux n'y prit des formes pei nianenles que sous la législation de Cécrops, un peu [dus de trois siècles après. Cependant l'atiLeur phénicien relève les «léjn-ises des Grecs sur les dieux, en oarlanldes premiers commed'iine nation déjà ancienne II y aidiis : il nous apprend qu'Aliéna, fille lie Croinis, régna en Altique à uneépoi|ue qu'il esi dilficile de déterminer, et qui r.-nvi'pserait le syMème entier de noire chronologie. Je laisse à penser au lecteur ce (ju'il faut croire mainlennnt de l'histoire et de l'origine moderne des Grecs, sans parler que * iiiolore tàan^ Eutèbe ,l\éro{\o[*' , A(U)llo<lore, Paiisanias, coidirnienl le recil de railleur pliéiii'UMi par ••■lusieurs passai^f»;. Au re-te, si l'on suppose que Sanclioiiiatlion viv.iit deux ou ti-oi- siècles ■ipres "\I(/ï>e, <oiimie quriqiics savants le prétcndcnl, on pallie toutes les dillicullés. Sa^CU., apud. Kus. Piœpar. Evang.,Ub. I, cap \.)

« Id., ibid.

2 />io-/, hh. lî, pnc. 9i».

ô Id îit</., pa^. 'J8,y'J.

4 l'EnOI).,lib î,C3î< CT.ÎXTIV.

5 irs A»svn<'iis, les Mèd«'.s el les Perses-

ti lUOUOHE. Iil; |i,|>.i:' 9{),fW.-.\(>^vf\\..Ant.,\\b.\,cW.

7 Pi. 'r.^in Apnpkl.fgm.:>>\'y*{..,\\\). ti.cjp. \i\, de litnef.

8 :'»,AT.,I b iri ■ '• !.g , p.i^'. >)1T; \'N., Cyrop., !ib. IV, .Si.,NKC.,lib. v, de ha. cnn. \X.

9 r.ic, lib. I, de Dial. i>eor. : Kk»od , lil). i, Lxv ; Dioi)., lih. i, pa^. 7i, etc. ; '.ItJVKiV.,

/;«/iv. XV.

'o t)ioi>.,1^b. f, pnïj.8^; Prirr., y/« îsid.et (Hir.

* Sa':s parler que uN'st pas fi-aiirais. Il y :i dans loiil etda quelque lecture, mais de la lecLiue mal digérée et empreinte d'un mauvais espril. (N. Éd.}

382 RÉVOLUTIONS .\ÎSCIENNES.

les lé.ièbres dn la Grèce, cou\ rii enfin de splendeur ces régions prédestinées. Les hordes oranies quln-ichus, Cécrops, Cadinu^. avaient d'abord réunies dépoiiillèienl peu à peu leurs mœurs saiiva<>L'S, et, se formant a diiréjentes épo(jnf'S en républiques, nous appeilcni mainlenaut à la piemière révo^ luliun *.

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