‹ Œuvres complètes de ChateaubriandChapitre 149 sur 239 · CHAPITRE XL · texte numérisé non relu

CHAPITRE XL

Influence de la révolution grecque sur Rome.

iAtlique vit aussi tonjoer celui cm i.niium '. yue si i ou consiuere les conséquences de ces deux évèneincnis , cette année passera pour la plus fameuse de 1 hisi< ire.

La réaction du renversement de la monarchie à Athènes fut vivement sentie à Rome. Brutus avait été envoyé par Tarquin vers l'oracle lîe Delphes à l'époque de la chute d Hippias ^ Je ne puis croire que le « œur du patriote ne battit pas av^ c plus d'en rgie lorsqu'en sortant de son pays esclave, il mu le pied sur celte terre d'indépendance. Le spectacle d'un peuple en fcimenlaliou et prêl à briser ««s l'ers dut porter la flamme dans le sang du magnanime étranger. Peut être au récit de la mort d Harmodius, racontée par quelque prêtre «lu temp'e, le front rougissant de Brutus dévoi!a-l-il toute la gloire future de Rome. Il retourna au bord du Tibre i non vainement inspiré ue cet esprit qui

' OviD.,JW<î^am., lib. XV, V.558. ^ ., r- . .

s Au sLècie le plus veilueux de Rome, le fils du grand Cmcinnatus fut accuse de fiequcnler le quartier des couriisanes. On connaît le luxe du deruiei' Tjrquin. (Voyez Tite-Live.;

5 0\in., loc cit.

*Suio ,v('ib. ï'yrr/i<»n., p.5î9.

A la longueur des périodes près, ce système rappelle celui de Buffon. (Voyez Theor. de la Terre.)

5 In Vit. Tiomul., Thet., etc.

6 l,a jin-uve du vice <le ces lois c'est quVlies furent renversée!; cent annef's après , et que le sénat, dans la suite, fil brûler les livres de Numa retrouvés dans son louibeau.

a .I*ai considérablement rabattu de mon admiration pour les lois de Lycurgue : tout ce qui blesse les lois naturelles a quelque chose de faux. Quant a Numa, mon philosophisme ne me perniellaii pas alors de le traiter mieux. (N. Ed.)

7 Pr iw., lit), xxxiv, cap. IV.

8 TiUi-I,ive, qui r.ipporle ce vova!i;p, nVn marque pas la durée; mais il dit que Brutus frouva à son retour les Romaius se préoàràul à aller assié'ier Ank«'. Or, Tarqtuii fut chasse de Kome dans ies premiers mois de celle entreprise. Hippias ayant quitte l'AUique l'année même de la in'Mi lie i.ucrèce, il résulte que Bi ulus avait lait le voyage de Delphes entre l'assassinai d'Hip- P^Mpieei la rclraile d'Hippias, c'eslTà-dirc eulre la soixanle-.«.ixiéme el la soixanle-seplièinc olympiatie*.

• Je n'ai vu celte observation nulle part : elle valait la peine d'être faite; ses développements seraient féconds. (N. Ed.)

agite une faible Pythie, mais plein de ce dieu qui donne la liberté aux empires, ei ne se révèle qu'aux grands lionimes ^.

Rome dans la suite eut recours à la Grèce , et les Aihéniens devinrent les législateurs du premier peuple de la terre *. Ceci lient à rinlluence éloignée de la révolution dont je parlerai ailleurs.

Mais la politique verbeuse de l'Atiique, qui entrait en Ilalie par le canal de ia Grande-Grèce, trouva une barrière insurmontable dans Iht ureuse ignorance des peuples de I intérieur. Le citoyen , accoutumé aux exercic -s du champ de Mars, à l'obéissance des lois et à la crainte des dieux ^ n'allaii point dans des écoles de démagogie apprendre à vociférer sur les droits de l'homme et à bouîeverser son pays. Les magistrats veillaient à ce que ces lumières inuijKs ne corrompissent pas la jeunesse. Rome enfin opposa à la Grèce république à républifine, liberté à liberté, et se déleudit des vertus étrangères avec ses propres vertus *».

Que si l'on s'étonne de ceci : je n'-MÎpas dît vertu, m.iîs vntm, choses totalement différentes, et que nous confondons sans c; sse. La première est immuable, de tous les temps, de toutes les choses; les secondes sont locales, conventionn<lles; vices ici, venus ailleurs. Distinction peu juste, répliquera-t-on, puisqu'alors vous faites de la vertu un sentiment inné, et que cependant les enfants semblent n'en avoir aucune. Et pourquoi demamier du coeur ses fonctions les plus sublimes, lorsque le merveilleux ouvrage est euire les mains de l'ouvrier?

Qu'on ne dise pas qu'il soit futile de s'attacher à montrer le peu d'influence qne rétablissement des gouvernemenis populaires, parmi les Grecs, dut avoir à Rome, objectant que celle-ci étant républicaine, des républiques ne pouvaient agir sur elle. La France n'a-t-elle pas détruit Genève et la Hollande, ébranlé Gènes, Venise et la Suisse? N'a-t-elle pas été sur le point de bouleverser l'Améiique même? Sans vous, grand homsue <=, qui avez daigné me recevoir, et dont j'ai visité la demeure avec le respect qu'on porte dans un temple, que serait devenu tout votre beau pays ?

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