CHAPITRE XLV
Suite.
Que la réaction du renversement de la monarchie en Grèce fut grande, prompie et durable sur la Sicile, c'est ce que nous avons déjà enirevu ailleurs *. Syracuse, par le contre-coup de la chute d'Hippias, se vil attaijuée des Carthaginois. Elle obtint la victoire en même temps qu'elle se forgea des chnînes. Le» Syracusains, par reconnaissance, élevèrent Gélon, leur général, à la royauté *. Ainsi, au gré de ces chances, mères des vertus et des vices, de la réputation et de robs( uriié, du bonheur et de l'infortune, la même révolution qui donna la liberté à la Grèce produisit l'esclavage en Sicile *.
» Elle porta tour à tour le nom de Trinacrie, Sieanie et Sicile, et avant tout celui de pays des Lettrigont. (Voyez HOM- et ViRC.) » DiONYS IlALiCARN.,^n(}^, Rom., lib. II, p. 128.
3 Stésicliore, Parmcuide, etc.
4 Pindare appelait, à la cour d'Hiéron , ses rivaux Simonide et Bacclivlide , des corbeaux croassants , et ceux-ci le rendaient en aussi bonne plaisanterie au lyrique. D'une autre part , 1« poëte Simonide débitait gravement des maximes politiques au tyran cacoclome et de mauvaise humeur, qui, sans doute, se rappelait que le tlatteur d'Hipparque avait aussi élevé les assassin» de ce même prince anx nues. Pindare, de son côlé, harassait les muses pour célébrer les cbe- ▼aux d'Hiéron , etc Quand donc est-ee que les gens de lettres sauront se tenir dans la dii^'uité qui convient à leur caractère ? quand ne ch.interoBt-ils que la vertu ? quand cesseront-ils d'enconser les tyrans , de quelque nom que ceMi-ci se revêtissent ? (VUL ^Iiliak., lib. iv, cap. xvi; CiC. ijb I, d<f TVar />eor., 60 ; Pin D., A«m. 3, etc.)
5 A l'article Carthage.
6 Pllt., in Timot.
* Je ne fais plus de notes sur ces rapprochements, parce que j'en ai assoz prouvé ailleurs la futilité. J'en dis autant de mes aberrations philosophiques : je reviens, dans le paragraphe ci-dessus, aux chances de l'aveugle fortune; quelques lignes après, je rentrerai dans les conviciious intellectuelles. Rieo ne montre mieux ma
Un sujet plus aimable nous appelle. Il est doux de ramener ses yeux , fatigués du spectacle des vices, sur les scènes tranquilles de rinnocencc. En traversant la mer Adriatique, nous allons chercher au bord de l'isier* les vertus que nous n'avons pas su (rouver sur les rivages de l'Italie. On peut s'arrêter quelques instants avec une sorte d'intérêt dans une société coriompue, mais le cœur ne s'épanouit qu'au nwlieu des hommes justes.