‹ Œuvres complètes de ChateaubriandChapitre 163 sur 239 · CHAPITRE LIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE LIV

Suite.

La Phœnicie avait éprouvé de grandes révolutions. De même que la Hollande elle eut à soutenir des guerres mémorables, et les différents sièges de sa capitale reportent à la mémoire ceux de Harlem ^ et d'Anvers ^' au temps

dans le golfe Arabique. De là les marchandises étaient portées par terre à Rhinocolure, sur la Védilcrranée, et frétées de nouveau pour Tyr. (RQBkrtsOK'S Disquis. on Ihe Ane. Ind., »ect. I, pag. 9.)

» Hehod., lib. III, cap. cxxiv.

» Plut., tn Salon.; Xenoph., Exped. Cyr., lib. VII, p. 412.

5 CiCKR., Tuscut., lib. IV, cap, xiv.

4 ATHKN., lib. I, cap. XXI, LU; id., lib. III. « ARISTOPH., tn Vesp.

6 Id.yiu Av.

7 POLYB., lib. IV, p. 306 ; Demosth., in Leptin., p. 545. « TuucYD., lib. IV, cap. cviii.

9 Nous trouvons des prmces de Tyr et de Sidon dans l'histoire. Les Ecritures sont noire guid« à ce sujet. Mais les anciens entendaient les mots princes et rois si diflTéremmenl des peuple) modernes, qu'il ne faut pas se hâter d'en conclure la forme d'un gouvernement.

10 ISAÏK, XXill, 8.

»' Stob., Ed. Phys., lib. I, cap. Xiii.

" Sancugniat., apud Euseb., Prœpar. Evang ,lib. i, cap. X.

• Tyr et Harlem ! Le lecteur ne remarquerait peut-être pas que je daigne à peint citer h'S tvres saints en parlant de Tyr, mais que je fais un grand cas de Sancho- Dialhon. Quel esprit fort! Il y a pourtant des recherches dans ces divers chapitres. et c'est ce qui en rend la lecture supportable. , (N. Éd.)

»5 Bbntivogl., Istor. délia Gucr. di Fiand. Beiilivttglio a raconté au long, avec toute son afféterie ordinaire, les travaux de ces dfui

de Philippe IT. Vers le milieu du sixième siècle avant notre ère, Tyr, après une résistance de treize années, fut prise et délruiie de fond en comble par un roi d'Assyrie *. Les habiionls, échappas à la ruine de leur pnlrie, bâiirent une Bouvclle Tyr sur une île, non loin du continent où la première avait fleuri. Cette cité passa tour à tour sous le jong des Mèdcs et des Perses ^, et resta débile et obscure jusqu'au temps de Darius, qui la rétablit dans se> anciens privilèges. Ce fut durant celle époque de calamité que Carihage s'élait élevée sur ses débris.

A l'époque de la giîerre T*îédique la Phœnîcic fut contrainte par ses maîtres à entrer dans la ligue générale contre la Gièce. Sans opinion à elle, elle prêta ses vaisseaux au grand roi ', comme elle les aurait joints aux républiques si celles-ci eussent été d'abord les plus fortes. V;iincue à la bat.iille de Salamine*, le commerce ferma bientôt cette plaie, et l'influence immédiate de la révolution grecque se borna pour les Tyr iens à ce malheur passager, quoiqu'elle s'étendît sur eux par la suite, et que Tyr tombât comme le reste de l'Orient devant Alexandre. Les froids négociants continuèrent à importer et exporter de pays en pays le superflu des nations, sans s'embarrasser des vains systèmes qui tourmentaient ces peuples. Tout leur génie était ôads leurs balles d'étoff'es, et on les voyait, comme les Baiaves, colporter les livres des beaux esprits du temps sans en avoir jamais ouvert un seul. Peut-être aussi l'habitant de Typ irafiquaii-il de stîs principes politiques; car dans les temps de révolutions les opinions sont les seules marchandises dont on trouve la déiaiie *.

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