CHAPITRE LV
La Perse.
Nous montons enfin sur 1c grand théâtre. Après avoir considéré en détail les Etais par rapport à l'établissement des républiques en Grèce, et réciproquement, cet établissement p sr rapport à ces div:rs Etals . nous allons maintenant contempler lous ces peuples se mouvant en masse sous linfluence générale de celte même révolution, et ne faisant plus qu'un seul corps. Nous allons les voir se lever ensemble pour renverser des principes et un gouvernement qu'ils ne feront que consolider ; ei les efforts de ces alliés viendront , mal dirigés, lièdcs et pailiels, se perdre conlrii une communauté peu nombreuse, mais unie ; peu riche, mais libre.
Je p:tsse sous silence les Ethiopiens , Ics^Juifs , les Chnldécns , les Indiens, quoiqu'à l'éj-oque de la révolution grecque ils eussen! déjà fait des progrès considérables dans les sciences. La somme de leur philosophie et de leurs lumières se réduisait généralemeni à la foi dans un Être suprême, à la connaissance des asti es et des secrets de la nature. Ils éiaieni, comme le reste du monde orienlnl , gouvernés par des rois et des sectes de prêtres qui, de même que leurs frères d'Egypte, se conduisaient d'après le système du u^ystère, afin de dompter les peuples, par rignorauce, au joug de la tyrannie civile ei religieuse. En Eihioi)ie , les membi es de celle caste sact ée portaient le nom de Gymnosopliistcs * j en Judée, celui de Lévites ^ ; dans la Chaldée, celui de Pré-
sièges. Le promier fui levé miraculeusement, les Hollandais ayant envalil le camp des Espagnols en bateau, à la marée rie l'équinoxe (l'automne. I.o second passa pour le chci-d'œuvre du grand barnèse; il ressembla en quelque sorte à celui de Tyr par Alexandre. Anvers lut prise par la jetée d'une digne.
• JosKPH., Anliq.y lib. XVIIT, cap. Xî.
= Elle suivit les révoUitions des rovanmes d'Oi ient auxquels cUr était désormais sujette.
3 Ce lurent les Pliœniciens et les F^yptiens qui construisirent le pont de bateaux sur lequel Xerxès passa son armée. (Vid. Hkrodot.)
4 Les galères plsœniciennes lomiaienl l'aile franche de l'osradre persane à la bataille de Salamine, Elles avaient en léle les Alliénicns , et étaient commandées par nn frère tk Xerxès. Elles combaltirenl avec beaucoup de valeur. (Vid. Hbuod., lib. vin, cap. lxxxiv.)
^ Si je n'avais fait cette remarque il y a une ireniaine d'années, ne la prendraiton pas pour une allusion aux cho.>es du jour? (N. Éd.)
5 Dion., lib. XI.
« La Bible.
tres^; en Arabie, celui ôeZabiens^; aux Indes, celui de Brahmanes^. Chaque pays comptait aussi ses gr 'uds hommes : les Éthiopiens reconnaissaient At- /a5*;les Arabes, Z/oA-man*; les Juifs, Moïse^; les Chaldéens, Zoroaslre'' ■ riiidc, Buddas ^ *. Les uns avaient écrit de la nature, les autres de l'histoire' plusieurs de la morale '. De tous ces ouvrages, les fab'es de Lokman et Ihisloire de iMoïse sont les seuls qui nous soient parvenus. Les livres qu'on attribue à Zoroaslre ^^ ne sont pas origmaux.
La plupart de ces différentes contrées étant ou soumises à la cour de Suze ou ignorées des Grecs, il serait inutile de nous y arrêter : revenons aux vastes Etais de Cyrus.
L'empire des Perses et des Mèdes, au moment delà chute d'Hippias, s'étendait depuis le fleuve Indus ,. à l'est, jusqu'à la Méditerranée à l'occident; et depuis les frontières de l'Ethiopie et de Carthage, au midi, jusqu'à celles des Scyihes au nord ; comprenant un espace de 40 degrés en latitude et de plus de 16 en longitude".
Formé par degrés des débris de plusieurs Etats, peu d'années s'étaient écoulées depuis que cet énorme colosse ^)esait sur la terre. L'empire des Assvriens, qui en composait d'abord la plus grande partie. Cul conquis par les Mèdes vers le sixième siècle avant notre ère ^^. Le célèbre Cyrus, ayani réuni sur sa tête les couronnes de Perse et de Médie, renversa le trône de Lydie, qui florissait sousCrésus dans l'Asie mineure, vers le règne de Pisistraie à Athènes *^ Cambyse, successeur de Cyrus, ajouta l'Egypte à ses possessions **; et Darius, Uls d'Hystaspe, sous lequel commence la guerre mémorable des Perses et des Grecs, réunit à ses immenses domaines quelques régions de la Thrace et des Indes ^*.