CHAPITRE XXXIX
Décadence du clirislianisme occasionnée par trois causes : les vices de la cour de Rome, la renaissance des lellres, et la réformation.
C'est de l'époque des croisades qu'il faut dater la décadence de la religion chrétienne. Lis papes, expulsés d Italie, s'éiaient retirés pendant quel(jue temps à Avignon ; et la création des antipapes, en f lisant naître des schismes, affaiblissait i'auiorité de I Eglise. D une autre part, les pontifes, subjugués par Je luxe et Tivresse de la puissance, s'étaient plongés dans tous les vices. L'athéisme public de .quelques-uns, l'effronterie et le scandale de leur vie privée, ne «levaient pas beaucoup servir au ujaintien du culte chez les peuples. Le clergé, aussi dépravé que son chef, se livrait à tous les excès ; et les couvents servaient de r< paire à la crapule et à la débauche ^.
Dans ces circonsfanccs, un grand événement vint porter un coup mortel au christianisme. L'empire d'Orient étant tombé sous lejoug desTurcs, le reste des savanig grecs se réfugia auprès des Médicis en Italie. Par un concours singulier de choses, l'imprimerie avait été découverte en Occident quelque temps avant l'arrivée de ces philosophes, comme si elle eût été préparée pour la récepiion des illustres fugitifs. J'ai parlé ailleurs de la renaissance des lettres et de sesefftts. Elle fut bi(ntôi suivie de la réformation ; de sorte quelechnstianisme eut à soutenir coup sur coup des attaques dont il ne s'e^l jamais relevé ^.