XVI NOTICE SUR CLEMENT MAROT
Tépltre badine, sont les genres qui vont le mieux à son esprit.
On a plus vanté qu'imité, depuis Boileau, son élégant badinage, faculté d'instinct qui se jouait à Taise et à plaisir surtout dans les pièces grivoises et obscènes. ,Ses habitudes licencieuse^, son imagination libertine poussaient volontiers Marot, et le goût du temps répugnait peu à ces compositions. Par un heureux contraste, dans quelques-unes de ses épitres et de ses élégies, là grâce se mêle à une extrême délicatesse de sentiment. Le poëte quelquefois arrive au pathétique, mais sans grands effets et sans grands transports. Quelques pièces légères ont des tours heureux. Si Marot n'a pas les ailes de l'élévation quand il veut imiter les poëtes latins et David, on oublie volontiers ses défauts et ses défaillances en présence de chefs-d'œuvre tels que les épigrammes du Lieutenant Maillard^ du Gros Prieur, jde VAhié et son Valet, du Passereau de Maupas, A Selva et à Heroet, le rondeau du Bon vieux temps, l'épître Au roy pour avoir été dérobé, celle qu'il lui adressa pour se faire mettre en liberté, et quelques autres.
Toutes ces poésies légères, faites de finesse et de grâce naïve, avaient mis de bonne heure leur auteur au premier rang des poëtes de son tçmps.
B. Saint- Marc.
I/AUTHEUR A SON LIVRK
Ost r je veulx (approche toy, mon livre) Un tas d'escripts qui par d'autres sont faicts. Or va, c'est faict : cours léger, et délivre ;■ Deschargé t'ay d'un lourd et pesant faix. S'ilz Tont escripts (d'avanture) imparfaictz, Te veulx tu faire en leur faultes reprendre ? b'ilz les font bien, ou mieulx que je ne fais, Pourquoy veulx tu sur leur gloire entreprendre? Sans eulx (mon livre) en mes vers pourras prendre Vie après moy, pour jamais, ou long temps ; Mes œuvres donc content te doivent rendre : Peuples et Roys s'en tiennent bien contcns.