CANTIQUE A LA. DEESSE SANTÉ POUR LE ROY MALADE
Doulce Santé, de langueur ennemie De jeulx, de rys, de tous plaisirs amye, Gentil resveil de la Force endormie, Doulce Santé,
Soit à ton los mon cantique chanté.
Car par toy est l'aise doulx enfanté ; Par toy la vie en corps aggravante Est restaurée.
Tu es des vieux et jeunes adorée :
Richesse n'est tant que toy désirée :
Çfô rien fprs tqy la personne empjrée Ne se souvient.
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Et aussi tost que ta présence vient, Pasleur.s^enfuyt, couleur yive revient :
Mesmes la mort fuyr du lieu convient Où tu arrives.
Les vieilles gens tu rends fortes et vives. Les jeunes gens tu fais recréatives, A chasse, à vol, à toumoys ententives.
Et esbatz maints.
O doulx repos, nourrice des humains, Bien doibt cbascun t'invoquer joinctes mains, Yen que sans toy les ennuys inhumains Nous précipitent;
Yeu que sans toy en la terre n'habitent Les dieux rians, qui à plaisir invitent, Ains tous iaschez s'en vont et se despitent, Si tu n'y viens.
Yien donc icy, ô source de tous biens, Vien veoir Françoys le bien aymé des siens ; Yien, fusses tu aux champs Elisiens Ou sus les nues.
Tu recevras cent mille bien venues Des princes haultz et des tourbes menues. Qui sont du bras de Françoys soustenues, Roy couronné.
Las I au besoing tu Tas abandonné.
Et s'est mon cueur maintesfoys estonné Gomment d'un corps de grâce tant orné Tu t'es bougée.
Où peulx tu estre ailleurs si bien logée ? Revien, secours de nature affligée ; Si te sera toute France obligée Moult grandement.
Puis d'un tel roy (après l'amendement) Tu recevras les grâces méritoires, Et auras part à l'honneur mesmement De ses futurs triumphes et victoires.