PAR CONTRADICTIONS
En espérant espoir me désespère, Tant que la mort m'est vie trèsprospere, Me tourmentant de ce qui me contente, Me contentant de ce qui me tourmente, Pour la douleur du soûlas que j'espère.
Amour hayneuse en aigreur me tempère ; Puis tempérance, aspre comme vipère.
Me refroidist soubz chaleur véhémente En espérant.
L'enfant aussi qui surmonte le père
Bende ses yeulx pour veoir mon impropere ;
De moy s^enfuyt et jamais ne s'absente ; Mais sans bouger va en obscure sente Cacher mon dueil affîn que mieulx appere, En espérant.