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Quand printemps famli et Testé comparoit, Adoncques Therbe en forme et force croist. Aussi, quand hors du printemps j*euz esté, Et que mes jours vindrent en leur esté, Me creut le sens, mais non pas le soucy ; Si employaj Tesprit, le corps aussi, Aux choses plus à tel aage sortabies, A charpanter loges de boys portables, A les rouler de Tun en Tautre lieu, A y semer la jonchée au milieu.
A radouber treilles, buyssons et bayes, A proprement entrelasser les clayes Pour Us parquets des ouailles fermer, Ou à tyssir (pour frommages former) Paniers d'osier et fiscelles de jonc.
Dont je souloys (car je Taymois adonc'] Faire présent à Heleine la blonde.
J^apprins les noms des quatre partz du monde, J*apprins les noms des ventz qui de là sortent Leurs qualitez, et quel temps ilz apportent, Dont les oiseaulz, sages devins des champs, M*adYertissoyent par leur volz et leurs chantz.
J'apprins aussi, allant aux pasturages, A éviter les. dangereux herbages.
Et à cognoistre et guérir plusieurs maulx Qui quelquefoys gastoient les animaulx De nos pastiz : mais par sus toutes choses, D^autant que plus plaisent les blanches roses Que Faubespin, plus j'aymois à sonner • De la musette, et la fy resonner En tous les tons et chantz de bucolicques, En chantz piteux, en chantz mélancoliques, Si qu'à mes plaine tz un jour les Oreades Faunes, Silvans, Satyres et Dryades, En m'escoutant jecterent larmes d*yeux ; Si feirent bien les plus souverains Dieux; Si feit Margot, bergère qui tant vault. Mais d'un tel pleur esbahyr ne se fault. Car je faisois chanter à ma musette La mort (helasl), la mort de Loysette, -Qui maintenant au ciel prend ses esbatz
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'A veoir encor ses trouppeaux icy bas.
Une autre foys, pour Famour de Tamye, A tous venans pendy la challemye, Et ce jour là à grand' peine on sçavoit Lequel des deux gaigné le prix avoit, Ou de Merlin ou de moy : dont à Theure Thony s'en vint sur le pré grand' aileure I^ous accorder, et orna deux houlettes D'une longueur, de force violettes :
Puis nous en feit présent pour son plaisir : Mais à Merlin je baillé à choisir.
Et penses tu (ô Pan, dieu débonnaire) Que Texercice et labeur ordinaire Que pour sonner du flajolet je pris Fust seulement pour emporter le prix?
Non, mais afin que si bien j'en apprinse, Que toy, qui es des pastoureaux le prince, Prinsses plaisir à mon chant escouter, Gomme à ouyr la marine flotter Contre la rive, ou des roches haultaines Ouyr tomber contre val les fontaines.
Certainement, c'estoit le plus grand seing Que j'eusse a}ors, et en prens à tesmoing Le blond Phebus qui me voyt et regarde, Si l'espesseur de ce boys ne l'en garde, Et qui m'a veu traverser maint rocher Et maint torrent pour de toy approcher.
Or m'ont les Dieux célestes et terrestres Tant faict heureux, mesmement les sylvestres, Qu'en gré tu prins mes petis sons rustiques, Et exaulçiis mes hymnes et cantiques, Me permettant les chanter en ton temple, Là où encor l'imaf^e je contemple De ta haulteur, qui en l'une main porte De dur cormier houlette riche et forte, Et l'autre tient chalemelle f urnye De sept tuyaux, £ûctz selon l'armonye Des cieulx, où sont les sept Dieux clairs et haulx. Et denotans les sept artz liberaulx.
Qui sont escriptz dedans ta teste saincte, Toute de pin bien couronnée et ceincte.