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Ainsi, et donc en Testé de mes jours, Plus me plaisoit aux champestres séjours Avoir faict chose (ô Pan) qui t'agreast, Ou qui roreiJle un peu te recreast, Qu'avoir autant de moutons que Ty tire ; Et plus (cent foys) me plaisoit d'ouyr dire : « Pan faict bon œil à Robin le berger, » Que veoir chés nous trois cens beufz héberger ; Car soucy lors n'avoys en mon courage D'aucun bestail ne d'aucun pasturage.
Mais maintenant que je suis en Tautonne, Ne sçay quel soing inusité m'estonne De ter façon, que de chanter la veine Devient en moy, non point lasse ne vaine, Ains triste et lente, et certes, bien souvent. Couché sur Fherbe, à la frescheur du vent, Voy ma musette à un arbre pendue Se plaindre à moy qu'oysive l'ay rendue; Dont tout à coup mon désir se resveille. Qui de chanter voulant faire merveille.
Trouve ce soing devant ses yeulx planté, Lequel le rend morne et espo venté :
Car tant est soing basanné, layd, et pasle, Qu'à son regard la Muse pastoralle, Voyre la Muse heroyque et hardie, En un moment se trouve refroidie.
Et devant luy vont fuyant toutes deux Gomme brebis devant un loup hydeux.
J'oy d'autre part le pyvert jargonner, SiilQer Tescouffle et le buttor tonner, Voy l'estoumeau, le héron et Faronde Estrangement voiler tout à la ronde, M'advertissans de la froide venue Du triste yver, qui la terre desnue.
D'autre costé j'oy la bise arriver.
Qui en soufflant me prononce l'y ver ; Dont mes trouppeaux, cela craignans et pis, Tous en un tas se tiennent accroupis, Et diroit on, à les ouyr bélier, Qu'avecques moy te veulent appeller A leur secours, et qu'ilz ont congnoissance