SUR CLÉMENT MAROT IX
que quelques biographes ont prise à tort pour Diane de Poitiers. En 1524, il en reçut quelques, témoignages de sympathie, et si Ton interprète un peu complaisamment l'élégie II, Diane aurait fait les avances :
Un an y a que par toy commencée, Fut Tamytié
Il avait près de trente ans.
Mais la même année 1524, Marot suivit François I®"* en Italie. Blessé au bras à la bataille de Pavie, il fut retenu prisonnier. Relâché peu après, il revint en France et voulut redoubler d'empressement auprès de Diane, qui l'avait déjà oublié et le trahissait. Une autre inclination lui avait enlevé sa terrestre déesse.
Il n'eut pas la dignité fière qui convenait dans cette fâcheuse conjoncture et résolut de se venger de la perfide par des chansons. La chanson XIX lui reproche, sous le nom d'Ysabeau, de s'être laissé séduire par l'or et les diamants :
Las ! par vertu j'ay son amytié quise, Mais par richesse un autre Ta conquise.
Mal lui en prit, si on l'en croit lui-même, qui attribue à Diane courroucée la rigueur avec laquelle il fut traité pour ses opinions religieuses. Mais son emprisonnement fut plutôt le châtiment rigoureux des inconséquences de sa conduite, de sou étourderie, de ses indiscrétions; et ne faut-il pas aussi tenir compte de l'ombrage que faisait à quelques courtisans la faveur dont il jouissait?
On sait que Marguerite de Valois aimait à