LUT PRESENTANT LB PREMIER LIVRE TRANSLATA
DB LA METAMORPHOSB
S'il y a rien. Prince de hàult pouvoir, Qui par deçà face mal son devoir Db recevoir ta haultesse honorée, Ce ne sera que ma plume essorée, Qui entreprend de te donner salut.
Et pour ce faire onc assez ne valut, Ains trop est lourde, et de style trop mince, Pour s'adresser à tant excellent prince. Ce neantmoins, sçachant que tu as pris Par maintefoys plaisir en mes escriptz.
itSO • EPISTABS
J'ayme trop mîeulx t'escrire lourdement Que de me taire à ton advenemeut; Car j'ay espoir que la volunté tienne Gongnoistra bien en cest escript la mienne, Qui est, et fut et sera de sçavoir Faire aucun cas où tu puisses avoir Quelque plaisir. Premier donc je salue Trèshumblement ta haultesse et value ; Puis à celuy qui est Prince des Anges Rends de bon cueur immortelles louanges De rheureux poinct de ta noble venue, Qui est le temps de la paix advenue, Par qui tu voys les deux enfans de France Hors des lyens de captive souffrance.
Grâces aussi luy fault rendre des pertes : Vray est que trop sont lourdes, et apertes A un chascun ; mesme ta Majesté Participante aux malheurs a e&té, En y perdant soubz la fleur de jeunesse Deux frères pleins d'honneur, sens et prouesse. •Qui est celuy (si bien le congnoissoit) Qu'en y pensant plein de douleur ne soyt? Si convient il en douleur et ennuy Nostre vouloir conformer à celuy Du Toutpuissant : autrement on résiste A sa bonté. Ce propos dur et triste En cest endroict rompray pour le présent, Et te supply prendre en gré le présent Que je te fais de ce translaté livre.
Lequel {pour vray) hardiment je te livre. Pour ce que point le sens n'en est yssu De mon cerveau, ains a esté tyssu Subtilement par la muse d'Ovide :
Que pleust à Dieu l'avoir tout mis au vuyde Pour t'en faire offre 1 Or, si ce peu t'agrée, Heureux seray que ton cueur s'y recrée Ge temps pendant qu'en France tu séjournes, Et attendant qu'en ta duché retournes, Duché puissante et duché souveraine.
Duché de biens et de paix toute pleine. Duché de qui par tout le nom s'estend.
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Là où ton peuple à ceste heure ^attend, Aussi fasché de ta loingtaine absence Que toy joyeux de la noble présence De nostre Roy, de ses enfans aymez, £t des trèshaults princes tant renommez, Entre lesquelz de tes frères la reste Tu voy» fleurir en honneur manifeste, Cheriz du Roy et du peuple honorez.
Or à ces deux que mort a dévorez Dieu doint repos ; et aux troys qui demeurent. Que de cent ans (bien comptez) ilz ne meurent.
XVÏ
A MONSBIONEUR