SUR CLEMENT MAROT XIII
et tous les sorhonnicqueurs pressèrent le roi pour qu'il défendit à Marot d'achever l'ouvrage. Le roi céda. Obligé encore une fois de quitter la France, Marot alla retrouver son ami Calvin à Genève, qui passait déjà pour la patrie de toutes les franchises et de toutes les libertés. Il y continua la traduction des Psaumes. Mais Genève fut pour le pauvre Marot une ville de persécution : les chefs de la secte nouvelle', qui l'avaient applaudi et flatté de loin, comme un adepte ardent qui servait à propager leurs doctrines, ne voyaient plus en lui maintenant qu'un débauché et un imposteur. Ou a prétendu, disons-le sans y croire, qu'il fut condamné, à être pendu pour crime d'adultère, et qu'il en fut quitte pour la peine du fouet, l'amitié de Calvin lui ayant valu cette grâce. Marot était bien capable d'avoir séduit la femme de son hôte ; mais les registres du Consistoire de Genève attestent qu'«il fut seulement réprimandé pour avoir joué une partie de trictrac «.Maltraité, injurié, chassé ignominieusement, il se rendit à Tiirin. Le Piémont était alors sous la puissance des Français, et il y reçut encore quelques marques de la faveur de François P"^. C'est là qu'il mourut dans un état voisin de la misère, au mois de septembre 1544, à l'âge d'environ quarante-neuf ans. Ceux qui gouvernaient le Piémont au nom de François \^^ ne lui avaient donné qu'une retrjiite et ne s'étaient pas montrés des hôtes généreux. Cette année môme de sa mort, 1544, parut la seconde édition de -ses œuvres, l'édition