‹ Œuvres complètes de Clément Marot (volume 3)Chapitre 44 sur 234 · DE LA METAMORPHOSE · texte numérisé non relu

DE LA METAMORPHOSE

S'il y a rien. Prince de hault pouvoir, Qui par deçà face mal son devoir De recevoir ta haultesse honorée, Ce ne sera que ma plume essorée.

Qui entreprend de le donner salut.

Et pour ce faire onc assez ne valut, Ains trop est lourde, et de style trop mince, Pour s'adresser à tant excellent prince. Ce neantmoins, sçachant que tu as pris Par maintefoys plaisir en mes escriptz,

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J'avme trop mieulx t'escrire lourdement Que de me taire à ton advenement; Car j'ay espoir que la yolunté tienne Congnoistra bien en cest escript la mienne, Qui est, et fut et sera de scavoir Faire aucun cas où tu puisses avoir Quelque plaisir. Premier donc je salue Trèsliumblement ta liaultesse et value ; Puis à celuy qui est Prince des Anges Rends de bon cueur immortelles louanges De rheureux poinct de ta noble venue, Qui est le temps de la paix advenue, Par qui tu voys les deux enfans de France Hors des lyens de captive souffrance.

Grâces aussi luy fault rendre des pertes : Vray est que trop sont lourdes, et apertes A un chascun ; mesme ta Majesté Participante aux malheurs a esté.

En y perdant soubz la fleur de jeunesse Deux frères pleins d'honneur, sens et prouesse. Qui est celuy (si bien le congnoissoit] Qu'en y pensant plein de douleur ne soyt? Si convient il en douleur et ennuy Nostre vouloir conformer à celuy Du Toutpuissant : autrement on résiste A sa bonté. Ce propos dur et triste En cest endroict ronipray pour le présent, Et te supply prendre en gré le présent Que je te fais de ce translaté livre, Lequel (pour vray) hardiment je te livre. Pour ce que point le sens n'en est yssu De mon cerveau, ains a esté tyssu Subtilement par la muse d'Ovide :

Que pleust à Dieu l'avoir tout mis au vuyde Pour t'en faire offre ! Or, si ce peu t'agrée, Heureux seray que ton cueur s'y recrée Ce temps pendant qa'en France tu séjournes, Et attendant qu'en ta duché retournes, Duché puissante et duché souveraine.

Duché de biens et de paix toute pleine, Duché de qui par tout le nom s'estend.

Là où ton peuple à ceste heure t'attend, Aussi fasclié de ta loingtaine absence Que toy joyeux de la noble présence De nostre Roy, de ses enl'ans aymez, Et des trèshaults princes tant renommez, Entre lesquelz de tes frères la reste Tu voys fleurir en honneur manifeste, Cheriz du Roy et du peuple honorez.

Or à ces deux que mort a dévorez Dieu doint repos: et aux troys qui demeurent. Que de cent ans (bien comptez) ilz ne meurent

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