DE LA NAISSANCE DE FEU MONSEIGNEUR LE DAULPHIN FRANÇOYS
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Quand Neptunus, puissant dieu de la mer, Cessa d'armer carraques et galées, Les Gallicans bien le deurent aymer, Et reclamer ses grans undes salées, Car il voulut en ses basses vallées Rendre la mer de la Gaulle haultaine Calme et paisible ainsi qu'une fontaine, Et pour oster mathelotz de souffrance, Faire nager en ceste eau claire et saine Le beau Daulphin tant désiré en France.
Nymphes des boys, pour son nom sublimer
Et estimer, sur la mer sont allées ;
Si furent lors, comme on peult présumer.
Sans escumer les vagues ravallées.
Car les fortz ventz eurent gorges hallées,
Et ne souffloient sinon à doulce alaine, Dont mariniers vogoient en la mer plaine Sans craindre en rien des oraiges Toultrance, Bien prevoyans la paix que leur ameine Le beau Daulphin tant désiré en France.
Monstres marins veit on lors assommer,
Et consommer tempestes devallées,
Si que les nefz sans crainte d'abismer
Nageoient en mer à voilles avallées.
Les grans poissons faisoient saultz et huilées,
Et les petis, d'une voix fort sereine,
Doulcettement avecques la Serayne
Chantoient au jour de sa noble naissance :
« Bien soit venu en la mer souveraine
Le beau Daulphin tant désiré en France. »
Prince marin, fuyant œuvre vilaine,
Je te supply, garde que la balaine
Au celerin plus ne face nuysance,
Affin qu'on ayme en ceste mer mondaine •
Le beau Daulphin tant désiré en France.
DU TRIUMPHE d'aRDRES ET GUIGNES PAR LES ROIS DE FRANGE ET d'aNGLETERRE
Au camp des roys les plus beaulx de ce monde
Sont arrivez trois riches estandars :
Amour tient l'un, de couleur blanche et munde,
Triumphe l'autre avecques ses souldars,
Vivement painct de couleur celestine ;
Beauté après en sa main noble et digne
Porte le tiers, tainct de vermeille sorte;
Ainsi chascun richement se comporte.
Et en tel ordre et pompe primeraine
Sont venuz veoir la royalle cohorte
Amour, Triumphe et Beauté souveraine.
En ces beaux lieux plustost que vol d'aronde Vient celle Amour des celestines pars, Et en apporte une vive et claire unde, Dont elle estainct les fureurs du dieu Mars; Avecques France, Angleterre enlumine, Disant : « Il fault qu'en ce camp je domine; » Pnis à son vueil faict bon guet à la porte, Pour empescher que Discorde n'apporte La pomme d'or, dont vint guerre inhumaine; Aussi affm que seulement en sorte Amour, Triumphe et Beauté souveraine.
Pas ne convient que ma plume se fonde A rédiger du triumphe les arts, Car de si grans en haultesse profonde N'en feirent onc les belliqueurs Césars. Que diray plus ? richesse tant insigne A tous humains bien demonstre et désigne Des deux parliz la puissance tresforte; Bref, il n'est cueur qui ne se reconforte En ce pays, plus qu'en mer la Seraine, De veoir régner (après rancune morte) Amour, Triumphe et Beauté souveraine.
De la beauté des hommes me déporte ; Et quant à celle aux dames, je rapporte Qu'en ce monceau laide seroit Helaine.
Parquoy concludz que ceste terre porte Amour, Triumphe et Beauté souveraine.
DE l'arrivée de monseigneur d'alengon