AU SEIGNEUR THEOCRENUS»* USANT A SES DISCIPLES
Plus proufitaWe est de t'escouter lire, Que d'Apollo ouyr toucher la lyre , Ou ne se prend plaisir que pour Toreille : Mais en ta langue omee, et nonpareille Chascun y peult plaisir et fruict eslire.
Ainsi d'autant qu'un Dieu doibt feire et dire Mieulx quW mortel chose ou n'ait que redire : D'autant il feiJt estimer ta merveille Plus proufitable.
Bref, si dormir plus que itiWer peult nuyre , Tu dois en los par sus Mercure bruyre, ' Car il endort l'œil de celluy qui veille : Et ton parler les endormys esveille , Pour quelque jour. à repo» les conduire Plus proufitable. -
' On «Tait alors la sotte manie de se donner des noms tirés du grec et du latin. Théocrenus vient sans doute de $toi , Dieu , et de *fi^vri y source , gui sort de Dieu.
^ Mercure, au son de sa flûte, endormit le gëieint Argus, que Junoa avait commis a la garde delà malheureuse lo.
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A MONSEIGNEUR ÈE BELLEVILLE.
En attendant, que plus grand œuvre face Pour présenter devant la claîre face De Diana , seigneur tant estimé , Prens cest escript mal poly , et lime' : Et si lourd suis , mes offenses efface.
Si respondray je à ton envoy, ' qu'Orace N'amenderoit : voyre mais , quand sera ce ? Tuie sçauras par ce rondeau rythmé En attendant.
Ce sera lors , que ma muse trop basse Se haulsera pour louer Toultrepasse En bruict , et los , qui par tout est semé. Loyal amant tresdigne d'estre aymé Yueille moy mettre , et tenir en sa grâce En attendant.
' Monsieur de Belleville lui avait envoyé une epitre parlant de madame de Chateaubriant.
A JANE GAILLARDS y LTONNOISE.'
Jj*A VOIR le prix en scieuce et doctrine Bien mérita de Pisan la Christine ^ Durant ses jonrs : mais ta plmne dorée D^elle seroit à présent adorée , S'elle Youloit par voulunté divine.
Car tout ainsi que le feu Por afSne , Le temps a faict nostre langue plus fine
' On ne connaît aucun ouvrage imprimé de cette savante dame. Il ne nous reste que sa réponse , au rondeau de Marot. Cette pièce élégante nous fait regretter que ses poésies ne soient point parvenues jusqu'à nous.
mUPOHtI DC LADICTC OAIIXABDE.
Us m'acquiter, je me treave rarprise D*un foible esprit , car à toy d'ay sçAvoir Correspondant : ta le peaix hien i çaroir , Veu qu'en cet art , plos qu'antre Ton te prise.
Si fusse autant éloquente , et aprise , G>mme tu dis , je ferois mon debvoir ' De m'acquiter.
Si veulx pner la grâce en toy comprise , Et les vertus , qui tant te font valoir ; De prendre en %ré Taffcctueux vouloir , Dont ignorance a rompu l'entreprise De m'aoquiter.
' Christine de Pise, ou selon d^autres de Paris, vivait dans le XV« siècle, sous le règne de Charles VI. Cette femme savante dédia à ce monarque , un ouvrage qu'elle nomma le Chemin du grand étude. Elle avait aussi composé le Trésor de la cité des dames-
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De qai tu as Teloquence asseuree D'avoir le prix.
Doncques ma main rends toy hmnble et bénigne, £n donnant lieu à la main femenine :
N'escris plus rien en rythme mesurée.
Fors que tu es une main bien heuree , D'avoir touche celle qui est tant digne D'avoir le prix.
AUX DAMOTSELLES PARESSEUSES d'ESCRIRE A LEURS AMYS.
15 ON jour, et puis , quelles nouvelles ? N'en sçauroit- on de vous avoir ?
S'en bref ne m'en £aîcte&, sçavoir ^ J'en feray de toutes nouvelles. •
Puis que vous estes si rebelles, Bon vespre , bonne nulct , bon soir , Bon jour.
Mais si vous cueillez des groyselles, Envoyez m'en : car pour tout veoir , Je suis gros : mais c'est de vous veoir Quelque matin mes damoyselles :
I Bon jour.