SUR LA TRADUCTION DES PSAIMES DE DAVID , SALUT
Ja n'est besoing, roy qui n'as ton pareil, Me soucier, ne demander conseil, Â qui je doy dédier cest ouvrage , Car oultre encor qu'en toy gist mon courage , Tant est cest œuvre et royal et chrestien , Que de soy mesme il se dit estre tien , Qui as par droict de treschrestien le nom, Et qui es roy, non de moindre renom, Que cestuy là qui meu du sainct Esprit , A le dicter et le chanter se prit.
Certainement la grande conférence De ta haulteur , avec sa préférence Me monstre au doigt , qu'à toy le dédier, C'est à son poinct la chose approprier : Car il fot roy de prudence vestu ,
l88 • ÉPITRE
Et tu es roy tout orné de vertu :
Dîeu le donna aux peuples Hébraïques, Dieu te debvoît, ce pense je, aux Gallîques. Il estoit roy, des siens fort bonnorë, Tu es des tiens peu s'en fault adoré.
Fort bien porta ses fortunes adverses , Fors constamment les tiennes tu renverses. Scavoir voulut toutes sciences bonnes , Et qui est celle à quoy tu ne t'adonnes ? En Dieu remeit et soy et son affaire Tu as tresbien le semblable sceu faire : Il eust en fin la paix par luy requise. Tant quise Tas, qu'en fin tu Tas acquise: Que diray plus ? vous estes les deux roys Qui au milieu des martiaux desroys, Avez acquis nom d'immortalité :
Et qui durant paix et tranquilité L'avez acquis par sciences infiises « DaignaHM tous deux tant honuorer les Muses , Que d'employer la mesme forte dextre Sceptre portant^ et aux armes adextre , A faire escriptz , qui si grande force ont , Qu'en rien subjectz à la mort ilz ne sont.
O doncques roy, prens Poeuvre de David, Œuvre plus tost de Dieu qui k ravit, D'autant que Dieu son Apollo estmt, Qui luy en train et sa harpe mettoit.