‹ Œuvres complètes de Clément Marot (volume 5)Chapitre 17 sur 81 · DAMES DE FRANCE · texte numérisé non relu

DAMES DE FRANCE

TOUCHANT LESDIGTS PSALMBS.

Quand viendra k siècle doré ,

Qu'on verra Dien seul adoné ,

Loué, chanté, comme il rordonne,

Sans que ailleurs sa gloire Ton doaûe ?

Quand n'auront plus ne cours ne lieu

Les chansons dé ce peth Dieu,

 qui les painctres fônt dés aèsks P

O vous dames et damoy^lles,

Que Dieu feit pour estre son temple^

Et Ëiictes soubz mautvais exetiiplë ,

Retentir et chambres et salles ,

De chansons mondaines où salles :

Je veulx îcy vous présenter

Dequoy , sans offense , chanter :

Et sçachant que point ne vous plaisent

Chansons qui de Tamour se taismt :

Celles qu'îcy présenter j'ose

Ne parlent , certes , d'autre clu^e.

AI^X DAMES BE FRANCE. igS

Ce n^est qu^amour : AnHow luy mésiraë , Par sa sapience supresnè^ Les composa , et Thomme vaii» , N'en a esté que Teseri^m;

Amour, duquel parlant je voys, A faict en vous langage et voix, Pour chanter ces haultes louenges, Non point celles des dieux estranges, Qui n'ont ne pouvoir ny aveu De faire en vous un seuL cheveu.

L'Amour doint je vèulx que chaùtesi;

Ne rendra voz cueurs tourmentez

Ainsi que l'autre, mais, sans doublé,

Il vous remplira l'ame toute •

De ce plaisir solacieux ^

Que sentent les ariges aux cieulx :

Car son esprit vous fera grâce ,

De venir prendre en vos cueurs place ,

Et les convertir et muer ,

Faisant voz lèvres remuer ,

Et voz doigtz sur les espinettes,

Pour dire sainctes cbMi^nnette3^

0 bien heureux qui veoir pourra Fleurir le temps que l'on orra , Le laboureur à sa charrue , Le charretier parmy la rue,

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