III
a56 PSAUMES
Remets en IKeu, et toy, et toa affaire» En lujr te £« » et il accomplira Ce que tu veulx accomplir et pai&ii^e:
Ta preudhoromie en veue il produira 0)mme le jour, si que ta vie bonne.
Comme un midy par tout resplendira.
Laisse Dieu faire , atten le, et ne donne Soucy aucun , regret ne desplaisir.
Du prospérant , qui à fraude s^addonne. Si dueil en as, yueilles t^en dessaisir, Et de te joindre à eulx n^aye courage, Pour faire mal , et suyvre leur désir :
Car il cherra sur les malings orage :
Mais ceulx qui Dieu attendront constamment,
Posséderont la terre en héritage.
Le faulx fauldra si tost et tellement ,
Que quand sa place iras chercher et querre,
N'y trouveras la trace seulement.
Mais les benings hériteront la terre , Et y auront , sans moleste d'autruy , Tout le plaisir que Thomme sçauroit querre. Il est certain que tout mal et ennuy , L'homme pervers au bien vivant machine , Et par foreur grince les dentz sur luy.
Mais cependant la majesté divine
Rit du meâclmot : car de ses jeulx oavers Veoit bien venir le jour de sa ruyne.
Tirer leur glaive: on verra les petvers, Et bander Tare, pour Thumble et povre batre Et pour les bons ruer mortz à Penvers.
Mais leur couteau sera pour les combajxe, Et percera leur cueur t^ant soit il cault^ Verront leur arc , aussi rompre et abbatre : Certes le peu de Tbomme juste vault Mille foys mieulx que la ricbe aboQdance D^un mal vivant, tant soit eslevé hault.
Car du mescbant, le bras et la puissance Seront rompuz : mais }e Dieu supemel Sera des bons tousjours la soustenance.
n veoit>, et sçait , par un soing paternel , Les jours de ceuk qui ont vie innocente : Et dHceulx est rkeritage étemel.
Point ne seront frustrez de leur attente , Au maulvais temps : et si seront saoulez , Aux plus longs jours de &mine dolente.
Mais les malings périront désolez :
£t n'ajmans Dieu s^en iront en fumée , Ou deviendront comme gresse, escoulez.
Leur main sera d'emprunter affiimee, Sans pouvoir rendre : et les justes auront
Dequoy monstrer charité enflammée.
Car les benîtz de Dieu posséderont Finablement terre pleine de gresse :
Et les mauldictz en povret^ cherront.
Dieu tous les pas du vertueux addresse , Et au chemin qu'il veult suyvre et tenir , Donne faveur , et Punist et le dresse.
Si de tomber ne se peult contenir , D'estre froissé ne luy fault avoir craincte: Car Dieu viendra la main luy soustenir.
J'ay esté jeune et vieillesse ay attaincte, Et n'ay point veu le juste abandonner, Ne ses enfans mandier par contraincte.
Ains chascun jour, ne faire que donner , Prester , nourrir : et si voit on sa race Accroistre en heur, et en bien foysonner«
Fuy donc le mal , suy le bien à la trace , Et de durer à perpétuité, Le Seigneur Dieu te donnera la grâce.
Car il ne perd , tant il ayme équité , Nul de ses bons : ilz ont garde éternelle : Mais il destruict les filz d'iniquité.
Les bien vivans en joye supernelle Posséderont la terre qui produict ,
DE DAVID. aSg
£t à jamais habiteront en elle.
Du bien vivant la bouche rien n'instruict , Que sapience , et sa langue n^expose Rien qui ne soit tresjuste et plein de fruict.
Car en son cueur la loy de Dieu repose , Parquoy son pied ne sera point glissant, Quelque chemin que tirer il propose.
n est bien vray que Pinique puissant Le juste espie : et pour à mort le mettre , Par tout le quiert comme un loup ravissant.
Mais en sa main Dieu ne vouldra permettre, Qu'il soit submis de le veoir condemner Quant à justice , il se viendra submettre. Dieu donc atten, vueille en luy cheminer : Hault te mettra sus la terre féconde , , Et les malings verras exterminer.
J'ay veu l'inique enflé et crainct au monde Qui s'estendant grand et hault verdissoit Comme un laurier qui en rameaux abonde : Puis repassant par où il florissoit, N'y estoit plus , et le cherchay à force : Mais ne le sceu trouver en lieu qui soit.
Garde de nuyre, à veoir le droict t' efforce? Car rhomme tel en fin pour son loyer
26o PSAUMES
Aura repos , loing d^ennuy et divorce.
Mais tous fauldront les promptz à fourvoyer : £t des nujsaos tout le dernier salaire Sera , que Dieu les viendra fbtddroyer.
Que diray plus ? Dieu est le salutaire
Des bien vivans : c'est celluy qui sera
Tousjours leur force au temps dur et contraire.
Les secourant) il les délivrera :
Les délivrant, garde il en vouldra Étire,
Pource ^u'en luy chascun d^eulx espoir a.
xxvn.
ARGUMENT
David ayant la peste , ou quelqu'autre ulcère en la caisse , se plainct fort a Dieu, de la véhémence de son mal , du deffault de ses amys, de la cruauté de ses ennemys, et, implore Tayde de Dieu. Psalme propre pour tous porres ulcérez.
Domine , ne in forore too arguas me.
Las, en ta'furéir aiguë
Ne m^argue, De mon faict, Dieu toutpuissant:
Ton ardeur un* peu retire :
N'en ton rire Ne me puniz languissant.
Car tes flesches descochees
DE DAVID. a6l
Sont fichées .
Bien fort en saôy, sain» mentir , Et as voulu dont j^ endure ,
Ta maÎQ.dttre Dessus moy appesantir.
Je n'ay sur moy chair ne veine
Qui soit saine ^ Par Pire ^nquoy je t'ay mis :
Mes os n^ont de repo» ferme.
Jour ne terme, Par les maulx que j^ay commis.
Car les peines de mes faultes
Sont si haultes Qu^elles surmontent mon chef:
Ce m'est un faix importable ,
Qui m^accable , Tant croist sur moy ce meschef.
Mes cicatrices puantes
Son fluantes De sang de corruption :
Las , par ma folle sottie
MVst sortie Toute ceste infection :
Tant me &tct mon mal la guerre, Que vers terre
Suis courbé totalement :
Avec triste et noire mine
Je chemine .
Tout en pleurs journellement.
Gir mes cuisses , et mes aynes
Sont ja pleines Du mal dont suis, tourmente :
Tellement qu^en ma chair toute
Ny â goutte D^apparence de santé.
Je qui souloye estre habile ,
Suis débile, Cassé de corps , piedz, et mains.
Si que de la douleur forte
Qu'au cueur porte, Je jecte cris inhumains.
Or tout ce que je désire,
Trescher Sire , Tu le veois , clair et ouvert:
Le souspir de ma pensée
Transpercée, Ne t'est caché ne couvert.
Le cueur me bat à oultrance , Ma puissance
DE DAYID. 263
M^a délaisse tout perclus:
Et de mes jeulx la lumière
Coustumiere, Voyre mes yeulx, je n'ay plus.
Les plus grans amys que j^aye.
De ma playe, Sont vis à vis , sans grand soing, Et horsmis toutes reproches ,
Mes plus proches La regardent de bien loing.
Ceulx qui à ma mort s^attendent
Leurs laqz tendent:
D^autres youlans me grever Mille maulx de moy recensent :
Et ne pensent Que fraudes pour m'achever.
Et je, comme n^oyant goutte.
Les escoute: Leur cueur ont beau descouvrir :
Je suis là, comme une souche,
Sans ma boudbe Non plus qu^un muet, ouvrir.
Je suis devenu, en somme, Gomme un homme
Digitizëd by
Du tout sourd , et qui n^oit. point, Et qui n'a qiland on le picque^
De réplique Dedans sa boucheun seul poinct.
Mais avecqoçs espérance,
Uasseurance De ton bon secoxurs j^attendz.
Et ainsi mon Dieu, mon père,
Que j'espère, Tu me respoùdras à temps.
Je le dy, et si t' w prie y
Qu'on ne rie De mon malheureux esmoy :
Car des, qu'un peu mon pied glisse.
Leur malice S'esjouyt ^ mal de moy.
Vien dope, es^ je suis en voyc.
Qu'on me voye Clocher, trop honteusement :
Pource 4]1ie la grand' destresse
Qui m'oppresse, Me poursuyt ineessammœt
Las à part moy, avec bcmte Jeracompte,
Mon trop inique forfaict:
Je resve, je me tourmente,
Je lamente, Pour le péché que j'ay faict.
Et tandis mes adversaires,
Et contraires.
Sont vifz et fortifiez:
Ceulx qui m'ont sans cause aucune
En rancune, Sont creuz et multipliez.
Tous encontre moy se bendent ,
Et me rendent Pour le bien Tiniquitë.
Et de leur haine la source,
Ce fat pource Que je suyvoye équité.
Seigneur Dieu , ne m'abandonne^
Moy , personne Dechassee d'un chascun :
Loing de moy la grâce tienne
Ne se tienne.
D'ailleurs n'ay espoir -amcun.
Vîen et approche toy doncques, Vien si oncques
De tes en&ns te chalut :
De me secourit te haste,
Je me gaste y Seigneur Dieu de mon salut.
xxvin.
ARGUMENT
11 prie estrc délivre de ceulx qui avoient conjarë avec ABsalou , a ÛD qu'il puisse à bon escient publier les louenges de Dieu , en la saincte congrégation.
Dens f Dens mens , ad te...
Hevenge moy, pren la querelle De moy 9 Seigneur, par ta mercy , Contre la gent faulse et cruelle :
De rhomipe remply de cautelle, Et en sa malice endurcy Délivre moy aussi.
Las mon Dieu tu es ma puissance , Pourquoy t'enfiiys me reboutant?
Pourquoy permetz qu^en desplaisance Je chemine , sonbz la nuysance De mon adversaire qui tant Me va persécutant ?
A ce coup ta lumière luyse , Et ta foy véritable tien.
Qiascune d^elles me condaîse En ton sainct mont, et m.Untroduise Jusques au tabernacle tien , Avec humble maintien.
Là dedans prendray hardiesse D^aller , de Dieu jusqu'à Tautel , Au Dieu de ma joye et liesse , Et sur la harpe chanteresse , Confesseray qu il n'est Dieu tel Que toy Dieu immortel.
Mon cueur pourquoy f esbahis ores?
Pourquoy te debatz devant moy?
Atten le Dieu que tu adores :
Car grâces luy rendray encores , Dont il m'aura mis hors d'esmoy, Comme mon Dieu et roy.