A LA DUCHESSE
^ue le lendemain fina ses jours à Vallenciennes. Apres peult on yeohr des anciens capitaines la rusée conduicie : de leurs gens d^armes la discipline militaire observée : Vardeur des adventuriers , et Tordre des Suysses ' , avec le triumphe gênerai de Tarmee gallicane dont la veue seulement a meurdry Thonneur de Haynault , comme le basilisque premier voyant Thomme morteL Autre chose (ma souveraine dame) ne voyons nous, qui ne soit lamentable , comme povres femmes désolées errantes ( leurs enfans au col ) au travers du pays despouillé de verdure par le froid yvernal , qui jales commence à poindre: puis s^en vont chauffer en leurs villes , villages , et chasteaulx mis à feu , combustion et ruyne totale , par vengeance réciproque : voyre vengeance si confuse , et universelle , que nos ennemys propres font passer pitié devant noz yenlx. £t en telle misérable façon ceste impitoyable serpente Guerre a obscurcy Tair pur , et net , par pouldre de terre sèche , par salpestre, et pouldre artificielle , et par fumée causée du boys mortel ardant en feu (sans eau de grâce) inextinguible. Mais nostre espoir par deçà est , que les prières d^entre vous nobles princesses monteront si avant es chambres célestes , qu^au moyens d'icelles , la tressacree fille de Jesuchrîst , nommée Paix, descendra, trop plus luysante que le soleil, pour illuminer les régions Galliques. £t lors sera vostre noble sang hors du danger d^estre espandu sur les mortelles plaines. D'autre part aux cueurs des jeunes dames et damoyselles entrera certaine espérance du retour désiré de leurs marys , et vivront povres laboureurs seurement en leurs habitacles,
' Louis XI est le premier de nos rois qui se soit avise deprendrs des Suisses à son service, et depuis ce tems-là THelvëde a fourni de courageux soldats à nos armées et à celles de nos. voisins. Les Suisses , qu'on a voulu faire passer pour de lâches mercenaires » nous ont donné plusieurs fois des preuves de leur fidélité.
d'alençon. 429
comme prelatz en chambres bien nattées '. Ainsi bien beuree princesse, espérons nous la non assez soudaine venue de Paix : qui toulesfoys peult finablement revenir en despit de Guerre cruelle : comme tesmoingne MinËint ^ en sa comédie de ai aUe destinée disant
Paix engendre prospérité,:
De prospérité , vient richesse :
De richesse , orgueil , voluptë :
D*orgaeil, contention sans cesse :
Contention , la guerre adresse :
La guerre , engendre povreté :
La povretë, humilité :
D'hnmilitë , revient la paix :
Ainsi retournent humains faictz.
Voyla comment (au pis aller, dont Dieu nous gard) peult revenir celle précieuse dame souvent appellee par la nation
> Autrefois les tapisseries étaient rares ; on n'en voyait que chez les grands seigneurs. On les remplaçait par des nattes. Marot fait peut-être ici allusion à ces vers de Villon :
Sur mol dnyet assis aag gras cbaaoyne , Les nng brasier en chambre bien nattée , A son costé gisant dame Sydoine , Blanche , tendre , polye et attaintee , Boyre ypocras à Jour et à nnictee.
Rire , jouer , mignonner et baiser , £t nud à nud pour mieulx des corps s'aysîer , Les vey tons deux par nng trou de mortaise ; Lors je congnen que pour dneil appaiser , Il nVst trésor que de vivre à son aise.
> Jacques Mififant, selon Lacroix Du Maine, ne' à Dieppe, a compose une comëdie française , intitulée : la Déesse Astrée , de la-quelle il y a quelques vers aux œuvres de Clément Marot son content'porain. Duverdier Vanprivas parle du même auteur, comme ayant traduit un ouvrage de Xënophon , et ne dit rien de sa come'die. Il cite ailleurs un David Minfaifit ou Miffant, de Dieppe, qui a traduit en français les offices de Cicëron , imprimes à Paris , en i5o3.
43o A LA DUCHESSE D'ALÉNÇON.
Françoyse , dedans les temples divins , chantans : Seigneur , donne nous paix, laquelle nous vueîll^ de brief envoyer icellay Seigneur et rédempteur Jésus : qui vous doint heureuse vie transitoire , et enfin éternelle.
vvv\ynnnnnnn'^nnnivtni^v%/vvv%nnivtnniwfvtnnnnnnnnnn^nivv%i%v\nniv\nnn/vvwnt^^
PREFACE
DU