III
GetïITURE y créatare , génération , race , fils , enfant ; genitura. Gent y peuple , nation ; gens. Il est aujourd'haî du style burlesque.
Au reste c*est bien une geni Laborieuse et fort active.
Cm. Fom-AiirB.
GenT) gentil, joli , mignon , bien fait y aimable , agréable. Geiïtillesse y noblesse.
Gesine, couches d*une femme.
La perfide descend tout droit
A I*endroit Oîi la laye étoit en gésine.
La. FOIITAIME. '
Gésir , être étendu , reposer , être couché ; jacere.
L'homme indigent
Tant soit il gent Ne peult avec elles * gésir; Le diable emporte telle gent , Hz font des cocuz pour l'argent £t nous autres pour le plaisir.
JlAN MAKOt.
Gestes ^ belles actions y exploits, hauts faits ; gesta.
Giron , sein. On s*en sert encore , mais je crois bien rarement , dans cette phrase , je suis dans le gitan de Véglise caàiolique.
Gladiatoire , qui porte Pépée, meurtrière ; de gladius,
GrLOUT , pour glouton, goulu , gourmand, avide.
Gluant , glissant.
GoDAtE, espèce de bierre, boisson composée avec du vin et du houblon. C'est de ce mot qu'est formé le verbe godailler , boire avec excès, qui nous est resté.
GoNFANON, ( on disait aussi confalon, gonfàlon) enseigne, bannière , drapeau , étendard ; de l'italien gor^alone.
Le gonfanon est mi.f au vent Pour deffense aux assaulx.
Satyres chrestiennes.
Gorgette , gorge , gosier.
GOJ^GIAS, pompeux, paré, magnifique.
GoRGiAS , colerette , gaze dont les femmes se couvrent la gorge ou partie de la robe qui cache le sein.
Gramment, grandement, beaucoup.
Graphe , grave , écrit. L. Dufresnoy croit que Marot corrompt graver pour la rime ; mais la racine ypôcfto nous fait supposer Pexistence d*un verbe grapher,
Gregeoys, grec.
Grevance , peine , cbagrin.
Pieuse à Dieu que puissiez sentir Une foys la dure grevance , Que m'ayex faict long temps souffrir, Par vostre plaisant' accointance.
Cs. d'Osleams.
Grever, fatiguer, appesantir, tourmenter, maltraiter, affliger; gravare.
Grief , onéreux , fôcbeux , triste , malheureux , grave. Ce mot ne formait qu*une seule syllabe.
Grimgotter , se moquer , railler , fredonner , mettre en musique.
Nostre vicaire un jour de feste Chantoit un agnus gringotté , Tant qu'il pouvoit à pleine teste Pensant d'Annette «stre escouté.
M. DE St.-Gilus.
Grippée , prise , vol.
Gripper , prendre , saisir , aggrippcr.
Grosboys , lance , forte pique.
GroSSEMENT , grossièrement.
Grue , par métaphore , sot , imbécille. On prend encore ce mot dans ce sens. L. Dufresnoy rapporte ici , comme fort spirituelle , la réponse que fit le duc d'Orléans au curé de Saint-Sulpice. Ce prince demandait au curé : Combien avez vous de grues à votre bâtiment ? — Trois , Monseigneur, répondit le bonhomme, qui n*y entendait pas malice. •^ £h bien! lui répliqua le duc , je ne veux pas être la quatrième. Voilà , en vérité, un bon mot qui mérite de passer à la postérité.
GuBRDOv, récompense, don, bienfait, salaire.
GuERDONNER, récompenser, favoriser, honorer.
Guerdonneur , qui récompense , bienfaiteur.
Guigner , regarder de côté , de travers ; guigne , troisième personne du présent de Findicatif.
GuiLLON , malheur , accident , nouvelle fâcheuse.
GuYSE , façon, manière. On dit encore à sa guise.
Habiliter » rendre habile k , propre à.
Habitacle , habitation. On a essaye' àe nous rendre ce mot
Hacquebutte , arquebuse , mousquet pesant.
Je vey par mes propres yeolx un prebstre, lequel estant derrière un camean meit par terre avec une hactjuebutle onie des nostres ; et c'estoit le bon qu^aa temps qa^il visoit ponr les frapper , les beneissoit avec la hacquebtUte , et après les despeschoit avec le boulet. Traduction des lettres (t Antonio de Acugna*
Cependant Brantôme se sert du mot harçuebuse. G*est lorsqu^il parle de la jolie figure que faisait Charles IX, le jour de la Saint-Barthélémy.
Quand il fut jour, dit il , le roy meit la teste à la fenestre de sa chamln«, et ▼oyoitancnn.« dans le faubourg Saint Germain qui se remuoient et se saulvoient. Il prit une grande Aorquehuse de chasse qu'il avoit , et en tira tout plein de coups à eulz , mais en rain, car Vharquebuse ne xXrmt si \o\n% : incessamment crîoit , tuez, tuez.
Oh ! le brave roi ! il n*en est plus de tel , le moule en esl heureusement rompu.
Hacquebuttier y pour arquebusier.
Hait , joie , alle'gresse , plaisir , contentement ; nous en avons tire souhait.
Halle , desséché.
Hallecret , corset de fer , moins pesant que la cuirasse, formé de deux pièces dont Tune couvrait le dos et Pautre la poitrine.
Hannuter , habitans du Hainaut.
Happer, prendre, saisir. Ce terme, qui ne s*emploie plus aujoard*hui que dans le style burlesque ou du moins familier, était autrefois du style sérieux. Dans la Quenouille spirituelle de Jean Lacu , Jésos- Chrbt dit à une jeune fille occupée à filer :
Prenant voetre fuseau poinctu « Vous debvez avoir souvenance , Apres que mort m^eust abbatu :
Que Longîs happa une lance De laquelle par grande oultrance , Mon noble costé tresperça :
Tel faict bien qui onc n'y pensa.
HarnOYS, armure composée de la cuirasse , du casque , des brassards et des cuissards ; il était de fer battu et poli, c*est pourquoi on
rappelait souvent blanc hamois ; les hommes d'armes qui le portaient c'taient dits armés à blanc. Dans les Neuf signes descenduz en Angleterre, nous lisons les noms des armes offensives et défensives dont on se servait alors :
Le signe neuf il plat «près Brigandines et blancs hamois :
Youlges , piques , et homni«s d*annes , Et negea Jacopint et Carmes :
Merceries , pigaes , egnillietes , £t après il plut des fillettes , De cela , je n>n dou)»te rien :
Je croy moy que tout ira bien.
Haeo, cri usité en Normandie pour demander justice. On le fait venir de Aa Raoul , exclamations des anciens Normands lorsqu'ils rédamaient la protection da leur duc.
A ces mots on cria haro sur le baudet.
La Foxtajxb.
Hailper, pincer de la harpe.
H ART y corde, licol; sous, peine delà hart^ sous peine d'être pendu.
Si non il consentoit d*être en place publique Guindé la hart au col , étranglé court et net.
Jéà. FOHTAIHB.
Haubin , espèce d'habillement.
Haultain , ne signifiait pas comme aujourd'hui fier , orgueiUeux ; il voulait dire de grande naissance , noble , sublime , élevé.
HatjlTESSE el Haultbur, orgueil, majesté, dignité et même puissance.
Herbeux , herbu , qui produit de l'herbe.
Herbis, herbes, herbages, prairies, pâturages.
Le mouton blanc a jme la noir^ brebis Et si la suyt parmy les verds hethis.
Les Contntpistres s^Otidb.
Herissonner ^hérisser.
Heronniere , maigre , décharnée , comme la cuisse d*un héron.
Heur, bonheur , félioité , bonne fortune. Il est à regretter que ce mot ait vieilli.
Heure , heureux; bien heure , fortuné ; mal heure', nkalheureux.
HiLLOT , esclave, vadet; vient X ilote , nom que donnaient les Lacédémoiens à leurs esclaves.
HoiNGNER , gronder , murmurer , se plaindre.
II dit que la femme noiseuse N'est oncques de hoingner oiseuse.
HOM et HoiWMEAU, homme, bonhomme; ho/no.
HOUPPÉ, pour huppé, qui a une huppe sur la tète.
HuCHEB. , appeler , nommer.
HuET , sot , dont on se moque , objet des huées.
Hdllees j pour huées , cris de joie.
Hum [LE) humble , bas , rampant ; humilis.
HuTERlE, huée , dispute.
HuY y pour aujourd'hui.
HuYS , porte ; à^ostium. Nous en avons (ait huissier. La Fontaine, qui aimait à mêler à son style la naïveté des vieux mots , employait souvent celui-ci.
Locas troava Vhuis ouvert , Gatin fut prise sans vert.
Je vous prends sans veti.
HypocbitiQUE, pour hypocrite.
ICELLUY, celui ; Icelle, celle.
Illec , en ce licu-ci. Marot met quelquefois illecques lorsque la rime ou la mesure le demande.
Illuminer , éclairer , jeter de la lumière , briller ; illuminare.
Immacule , pur , sans tache ; immaculatus.
ImmundicitÉ , ordure , saleté ; immunditia. L. Dufresnoy pense que ce mol a été forgé par Marot.
Impartir , accorder , faire obtenir , donner.
Impetrer, obtenir; impetrare, T'impetray ^ j'obtins; impetrera, obtiendra.
Impollue , nette , pure , sans tache.
Impropere , honte , déshonneur , afHiclion.
împROPERE , malheureuse , honteuse , déshonorante.
Inciser , faire une incision , couper; incidere,
Incoulpable, qui n'est pas coupable, innocent; incufpabilis .
Incredible , incroyable ; incredibilis.
IncrepER y reprendre , réprimander , gronder , gourmander , injurier ; increpare.
Indécent , qui ne convient pas y fôcheuz ; indecens.
Induire , engager , amener à , de'terminer; inducere.
Infime y dernier , placé le plus bas ; infimus. On s*en sert encore dans quelques acceptions.
Infortuner , affliger , renverser , rendre malheureux.
Inscient , qui ne sait pas , qui ignore, ignorant ; inscius.
Insupportant , pour insupportable.
iNTEiXECTiyE , intelligence , coropr tension , esprit ; iniellectus.
Intendit , intention ; de intendere.
InterinÉ y pour entériné y enregistré, rati£é légalement. Terme de jurisprudence.
Introduict, instruit. X
Ire y colère , fureur ; ira. Ce mot nous donne occasion de rappeler les jolis vers de Dubartas y sur le chant de Pallouette.
£Ue guindée de Zephir ,
Sublime en l^air vire et reyire ,
Et y décline un joly cry ;
Qui rit , querit et tire Vin
Des esprits , mienlx que je n'escry.
Ire , irrité , courroucé , furieux.
Itale , d^ltalie y Italien.
Ja , pour déjà ; jam.
Jars , oie mâle.
Jenin, sot, idiot, niais.
Jonchée, fleurs que l*on sème à terre.
Jouvencelle, jeune fille; àt/uvenis et ancilla. Ce mot fait aujoud*hui une des richesses de la romance.
Jouxte, auprès, suivant, conformément, juxta.
JoYEUSETÉ, joie, gatté. Il y a un vieuxjecueil de poésies françaises , intitulé la Fieur de toute Joyeuseté.
Juger , montrer , faire voir.
Jus, à bas, dessous. Il se joint toujours à un verbe. Ruer jus, renverser , jeter à terre.
55o GLOSSAIRE.
JusCHER , f e placer , se poser. Il a souvent un sens que Ton devinera aisément.
Ua bon mary des meillènn que Ton face
Yean'de loing plus tostqa'ii ne debyoit ,
Sa femme Tcit dormant de bonne grâce
Qni son teint frais snr la plume couvoit.
Il y prend goust, d'un masque se pourvoit ;
Il juscke, il joue, elle le trouve doulx.
Quand le bon Jehan eust tiré ses grans coups.
Se démasqua : Ion le coogneut la belle.
Et qu^est cecy ? Mon mary , ce dit elle ,
Je pcnsois bien que fnst autre que tous.
ST.-RoMAaD.
LaboueeR , travailler ; laborure,
Lairront , pour laisseront. Cette expression est fort commane parmi le peuple , chez qui la vieille langue française s*est en partie conservée.
Lame , tombeau.
Mou père est mort , Dieu en ayt Ta me. Quant est du corps il gist soubz lame.
VlLlOIf.
LanguARD , ce que redoutent le plus les amans , argus » sentinelle , mari jaloux , envieux.
Languette , langue. Pourquoi n'avons nous gardé presqu* aucun diminutif?
LaS) triste , affligé y désolé, accablé de chagrin.
Las t pour hélas. Ce petit mot , qui dit tant de choses , est inséparable du genre sentimental ou mélancolique.
Lassus, là-dessus y ci- dessus, d* en-haut.
LatenS , secret , caché ; latens.
Lauree y de laurier ; laureus,
Lay , complainte , sorte de poésie dont on se servait dans les sujets graves et tristes. Voici un lai qui ne parait pas fort ancien. ^ '
£n Tappui du monde Que faut-il qu'on fonde D'espoir ?
GLOSSAIRE. 55l
Cette mer profonde £n débris fêconde
Fait voir Calme au matin ; Tonde Et Torage y gronde Le «oîr .
Lâtdure , souillure, tache , difformité' ; àt Icedere. LÉ y large t
Leans , céans , là , ici , dans ce lieu. Legier, légèrement.
Léonin, de lion; leo.
LetâNIE , grande abondance , kyrielle.
Leurre , au propre , oiseau factice au moyen duquel on rappelait le faucon ; me'taphoriquement , appât , tromperie. Libère, libre; liber.
Licite, permis, convenable; de licet.
Liesse , joie , gaîtë , plaisir , contentement ; Icetitia.
Je ne crains dangier ne les siens : **
Car j'ay garny la forteresse
On- mon cueur a retraict les biens
De reconfort et de Ijesse.
Ch. d^Okleans.
Aux noces d'un tyran tout le peuple en liesse. "La Fomtairb.
Lignage , lignée , race , famille.
Le douls regard de ma ria ge Plaist à Dieu pourveu qu'il soit faict An bon espoir d'avoir 2(g7uz^e, Aultrement est faulz en effect.
O. St.-Gslak. Le Chasteau de Labour.
LiLlAL , des lis , qui appartient aux fleur« de lis.
Limité , examiné avec attention. •
Limons , pour timons , se dit encore dans le peuple.
LiNCiEULX , linceuils , draps.
LiSABLE , lisible , qui peut être lu.
Loge et Logette , demeuf e , habitation , cabane.
LOQUENCE , parole , «langage , discours ; de Ittqui,
LoREE, le long, sur le bord.
LouCERVE , loup cervier.
Loup , ulcère , chancre , maladie vénérienne.
Ny yoiu galloux , vernllei jusqu'à Tous , Portes yox loi^s paistre en bon henr.
Rabelais.
Los et LOZ , louange , éloge , renommée ; laus.
Tu surpasses l'esprit d'Homère et de Virgile Qui leurs vers à ton los ne peuvent égaler , tiien que naaistres passez en l'art de bien parler. RKGHiEa. Sai.I,
Lot AL, fidèle , favorable » constant en amour. LOYAUMENT ; fidèlement.
LOYAIJTÉ , fidélité , constance en amour. TjOTEA , prix , présent , récompense.
Un rustre Tabattoit ; c'étoit là son loyer.
La Fohtaike.
LuTHON , lutin , diable , esprit.
Ly , pour lui.
Lyge, chienne, au figuré, une bète méchante et hargneuse.
Macule , souillure , vice ; macula.
Ventre sans ride et sans macule.
Blason du Ventre.
Magnifier , agrandir , élever , exalter.
Mais ( n'en peult ) , n*en est point cause. Mais que , pourvu que.
Mal , Mâle , mauvais , méchant ; malus. Malebouche, médisant, calomniateur.
Malencontue , accident , événement fâcheux , malheur , mauvaise rencontre.
Maltalent, chagrin, colère, malice, méchanceté. Mamelette , mamelle , sein ; mamma.
Manifester , mettre au jour , rendre publique. Mansion , demeure , habitation ; mattsio, Marbrine, de marbre.
Marché, posté, mis en attitude d*attaque ou de défense. Marmiteux, triste, dolent, piteux.
Marmonner, marmotter, parler entre les dents, composer.
Marine , mer ; mare.
MarrANE , nom injurieux que les Français donnaient aux Espagnols qui , ayant ëté long-tems mêlés aux Maures , avaient adopte leurs mœurs et leur langage.
Marrisson , tristesse , chagrin , affliction.
Marry , triste , affligé , fâché , du bas latin marritio. Quelques ennemis des infortunes conjugales prétendent que mar/ (maritus) vient du vieux verbe marrir être chagrin ; mœrere.
Martel , chagrin , inquiétude , contrariété. On se sert encore du vieux proverbe , avoir martel en tête.
Martial et Martien , de guerre , militaire ; martialis.
Martyrer , martyriser , tourmenter ; martyre t souffrant , martyrisé.
Maubec, médisance, calomnie, méchante langue.
MaulgrÉ , pour malgré.
Maulvis , mauviette , oiseau.
Maujoinct ( mal joint ) , partie de la femme que certaines gens ont long-tems appelée honteuse.
Car je vous affie que plu» me plaisent les gayes bergerettes eschevelees , esquelles le col sent le serpolet , que les dames des grans courts avecques leurs riolies atours et odorans parfums de maujoinct.
Rabelms.
MauvAiSETIÊ , méchanceté , malice , perversité.
Melancolier, attrister, chagriner, rendre sombre, mélancolique.
Melancolieux , chagrin , affligé , mélancolique.
Mélodie , par métaphore , chose agréable , qui fait plaisir.
Mendre , pour moindre. Marot a corrompu ce mot pour la rime.
Menstrueuse , femme qui a sts règles ; menstmensis.
Menuiser, amoindrir, amaigrir.
MerchÉ, marqué, écrit.
Mercier, pour remercier; mercie , remercie ; mercié^ remercié.
MerCQ, pour marque, signe.
Mercy , l'aumône d*amour , la plus grande faveur qu'une femme puisse accorder. On lira sans doute avec plaisir , à ce sujet , un joli rondeau de Jean Marot.
Mort ou mercy en languissant j^attens :
Mais congnoissant quVn vain je pers mon temps ,
I>esespoir venlt , me conseille et enhorte ,
De quitter tout : mais l'amour est si forte ,
Q«e mes esprits n^en peayeat estre oonteas.' Helas , m^amour , tu sais ou je pretens , Si te supplie à la clameur entens De mon las coeur , lequel crie à ta porte ,
Nort ou mercy»
S^il a bieo faict , et loyal tu le sens , *
Traicte le bien , qnMl ne trouble son sens , Par ta rigueur qui souvent le transporte. Mais sUl est fanlz , fab que la mort remporte Car Tnn des deux il yenlt pour tous presens Blort ou mercy.
Merveille , étoanement.
Mesaise , tristesse , infortune , situation affligeante.
Meschance y méchanceté.
Meschef , malheur ^ mésaventure , accident.
MesCOMPTER (se) , se tromper dans ses calculs.
Mesel et Meseau , attaqué de la ladrerie , espèce de Upre irès-répandue autrefois en France ; miselius. Ce mot était une injure. Dans la comédie du Mauvais Riche , Trotemenu parle ainsi au Lazare qu*il veut chasser de la porte de son maître.
Sus tost paillart vuyde d'icy , On tu seras tout deyourex De mes chiens , et si atoumez , Que jamais ne me feras peine , Hare touret en maie estraine Sur cest ord vil mesel puant Comme il faict ores le meschant , Faictes le tost d'icy partir.
Mesfaict et MeffAICT > dommage , injure , faute , - mauvaise action; malefactum.
Quand la femelle est si tresnatnrelle
Qn^er tire k elle anonn par amytié
Du doulx meffaict tous les dieux ont pitié.
JfiAji Makot.
Mesfaire , commettre une mauvaise action , faire du mal , causer du dommage.
Mesgarde , méprise , inadvertance. Nous disons encore par mégarde.
Mesgkie, compagnie, assemhlée , réunion.
Or advint que grand' mesgnie De compaignons se rencontrèrent.
Les Repues franches.
Mesprendre ) faire du mal , commettre une faute , s*écarter de son devoir.
Mesprison , action coupable , blâmable ou méprisable.
Messere y missel , livre d* église.
Meur y pçur mûr ; maturus.
Meurdre , pour meurtre.
Meurdrier, pour meurtrier j Meurdrir , meurtrir, commettre un meurtre , tuer.
Mestier , besoin , nécessité y utilité.
Mètre , mesure , se prend pour les vers en général ; metrum.
MiGNARDER, flatter, faire des caresses enfantines.
MiGNARDiE , flatterie , gentillesse , caresse.
MiLLiTANS , belliqueux, militaires. On dit encore en style de séminaire , V église militante ; ce qui sans doute a un sens.
Mire , chirurgien , médecin , du grec /aû^ov , onguent.
Soyez mon myre Pour m'oster l'ire £t le tourment Qu'incessamment Ay à vous dire :
Mon cueur soupire.
MiROUER , pour miroir.
MiSTE, jolie^ propre, bien mise.
MiTiGUER , calmer , apaiser ; mitigare.
Moleste , peine , affliction , malheur , il est aussi.adjectif.
Molester , blesser.
MOMMERIE , mascarade , déguisement '
MoNARCHE , souveraine , dominatrice.
Mondain , du monde , humain.
Mondanité , chose mondaine , plaisir du monde , enfin ce qu*on appelle très-élégamment les pompes et les œuvres de Satan.
Mont JOIE , trophée , amas , trésor. Il est aisé de voir le sens de ce root dans ces vers que Jean de Meun adresse aux religieux mendians , ' qui entassaient les dépouilles de la société daus leurs couvens.
Si fortune tous a endouex sur U roe, Se ly avoirs de Dieu entours vous flote et roe , Ce n'est pas pour liiucier , ne pour faire montjoe , Autant vauldroit qu^il fast repost dedans la boe.
Le CodiciU.
MONSTIER et MOUSTIER, monastère , église; de monasterium.
Dans le moutierle moine a sa nonnain.
YoLTAiEB. La Pucelle.
Monstre , prodige , miracle , chose merveilleose ; monstrum.
Mont a mont , en remontant.
MORBIEU , jurement où le d est changé en 5 ; on en a fait morbleu.
Mordant , criard , piquant , satyrique.
MoRRE , jeu qui consistait à lever autant de doigts qu*en indiquait celui qui dirigeait le jeu. Celui qui ne le faisait pas avec promptitude recevait , dit Rabelab ^ de belles chiquenaudes.
MORISQUE y danse mauresque.
MORNISTE y railleries , satire , plaisanterie.
Mors » pour mordu ; morse , mordue.
Mortifère , mortel , qui donne la mort ; mortiferus^
Motet , parole , chant.
MOTIYE y cause , origine , source.
MouFFLE y espèce de gros gands.
MoULT y beaucoup ; multum ; moult grandement , excessivement.
Moyen , milieu. ,
Muer, changer; mutare; mue, change ; mué y changé.
Munde y pur y net , sans tache ; mundus.
Muser, s*amuser, s* arrêter, s* occuper de riens; musant y s*amusant.
M us AR DIE y futilité , frivolité , bagatelle y paresse. Nous avons conservé Padjectif musard. 11 est à regretter qu*on ne rajeunisse pas à^ mots qui manquent absolument à la langue , et qui ne peuvent être remplacés que par de longues périphrases.
MuSEQUiN y femme galante y qui aime le plaisir. Jean Marot y dans son Voyage de Venise , nous apprend la signification de ce mot.
Musequin* frians ^ Pelis yeulx rîans , Regards attrayans , Voyaii3 ces puissans Grans archiens de garde ^ Disoient : quelz geans , Vray Dieu qu^ilz sont grans , Forts comme elephans , Hardiz , triumphans , Dieu les saulve et garde , Ce sont gens ardens , Grans et jeunes d'ans , Pour aux jeux plaisans- Estre bien duysans Sur quelque bragarde , Hardiz combatans ,
Tous propos cessans , Point de teh en fans Ne portent noz lianes , Ne terre lombarde.
MusSER , cacher ; de mus, rat ; parce que les rats se cachent dans les trous.
Mt , pour à moi ; mihi, Mye , pas , nullement.
Qai emprunte ne choisit mje.
YlIXOM.
Nacquet j valet , laquais.
NaistRE y naissance , formation.
Naveau , pour navet.
Navire , est employé au féminin , malgré le genre de navis,
Navrer , blesser.
NazaRDER , donner des nazardes.
Je suis la , cependant , comme un que l'on natarde. Rbomiee.
Ne , pour ni.
Néant , rien.
Vous prenet peine pour néant.
NeANTIR, réduire à néant , anéantir.
Nennt , non , non pas ; du vieux latin nenu.
Nie , pour nid.
Nice, simple , naïf , novice , sans instruction , sans expérience.
Car oultrecuydance
Me courrouça : quand comme foui et njce Il refusa d*entrer k mon service.
Cm. n*OauAiis.
NoiRETÉ y noirceur » obscurité.
NoiSE y querelle , dispute.
NoTSiF y nuisible ; de nocere.
NONCER , annoncer ; nuntiare.
NoNCHALOiR , nonchalance , indifférence , insouciance , paresse.
Notice , connaissance ; notitia.
Nouer , nager.
Et tost «près démenant mon fuseau Je dy je croy qu'il est ore» en l'eau , Et qu'à présent il noue et la mer passe , Affin que tost avec moy se soulace.